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MUSEO SAN MARCO

(ANCIEN COUVENT DE SAINT-MARC) Piazza San Marco.

Le couvent de Saint-Marc, devenu un musée d'art chrétien depuis 1869, était occupé autrefois par les religieux de Tordre de Saint-Dominique. Reconstruit en grande partie de 1436 à 1443 aux frais de Cosme de Médicis l'ancien, sur les plans de Michelozzo Michelozzi, il montre dans les deux cloîtres, dans la sacristie, dans la bibliothèque et dans quelques escaliers, le style simple et ferme de ce grand architecte. Les noms de saint Antonin, évêque de Florence, de Fra Angelico da Fiesole, de Fia Girolamo Savonarola, de Fra Bartolommeo délia Porta, et de bien d'autres illustres religieux ou artistes, se lient à l'histoire de ce couvent ^

Fra Angelico, dès son retour à Florence lors de l'affectation du couvent de Saint-Marc à l'ordre des Dominicains, entreprit de décorer cette nouvelle demeure; pendant dix années, il travailla sans relâche (1436-1446), dans les portiques du cloître, dans les salles des réfectoires, dans les petites cellules habitées par ses amis, dans les corridors mêmes, et il donna partout libre cours à sa poétique et religieuse inspiration. « Il retraça sur ces blanches murailles les plus touchantes pages des poèmes évangéliques, et jamais peut-être son tendre génie ne se montra plus ému du drame qu'il racontait. » (Paul Mantz, la Peinture italienne,)

Jusqu'à ce moment, Fra Angelico ne s'était pas encore essayé à la peinture murale, et les tableaux de lui qu'on avait Vus étaient de dimensions restreintes; « en traçant sur les murs de son couvent des figures d'une proportion tantôt presque égale, tantôt supérieure à celle du corps humain, il prouva avec éclat que cette tâche nouvelle n'avait ni déconcerté sa pensée, ni intimidé son pinceau. » (Delaborde, I, p. 112.)

Cloître.

Dans des demi-lunes, des fresques des xvi^ et xvir siècles encadrent des tympans peints par Fra Angelico da Fiesole.

1. Voir p. Vincenzo Marchese, Memorie dei più insigni artifici Domenicani. Firenze, 1878. — P. Marchese, Storia del convento di S, Marco. — Henri Delaborde, Études sur les beaux-arts.

* 7. — Au-dessus de la porte de la sacristie : Saint Pierre martyr , le crâne saignant, un doigt sur la bouche, recommandant le silence, une des règles imposées aux Dominicains. — Figures par Vanni.

* 8. — En face de la porte d'entrée : Saint Dominique ^ agenouillé à gauche de la croix qu'il tient embrassée. — Peinture des lunettes par Poccetti, Dandini, Matteo Rosselli.

* 13. — Au-dessus de la salle du chapitre : Saint Dominique, portant le costume de son ordre, tenant d'une main un livre ouvert et de l'autre une discipline.

* 15. — Au-dessus de la porte du réfectoire : Pietà. Figures par Vanni.

* 22. Au-dessus de la porte qui mène à l'hôpital pour les voyageurs : le Christ en pèlerin^ vêtu d'une tunique blanche à manches violettes, un bourdon à la main, de profil tourné vers la gauche; reçu par deux Dominicains qui lui pressent les mains. — Des Anges, par Vanni.

* 27. — A droite de l'entrée : Saint Thomas d'Aquin, vu de face, un livre à la main; à gauche, un donateur. — Lunettes par Poccetti et Vanni.

Salle du grand Réfectoire.

* Sogliani. — Repas des Dominicains, dit : « la Providence ».

Saint Dominique, au couvent de Saint-Sabine, à Rome, manquant de nourriture, fait asseoir ses frères autour de lui dans le réfectoire et adresse des prières au ciel ; des anges aux ailes multicolores, vêtus de robes blanches et de manteaux jaunes, viennent aussitôt leur apporter des provisions; à chaque extrémité du tableau, les deux frères, envoyés au dehors, rentrent les mains vides.

Fresque, Fig. gr. nat.

* Fra Bartolommeo. — Le Christ en croix,

A gauche, la Vierge; à droite, saint Dominique; derrière la Vierge, une rehgieuse; derrière le Saint, un moine, tous deux à genoux.

Fresque.

Salle du petit Réfectoire.

* Ghirlandajo (Domenico). — La Cène.

Les apôtres sont assis, vus de face, à une table en fer à cheval; le Christ au miUeu, penché vers saint Jean qui s'est endormi ; au premier plan, un apôtre, de profil tourné vers la gauche; sur la table sont éparpillées des cerises; au fond, des arbres vers lesquels volent des oiseaux.

Fresque. Fig. gr. nat.

324 ' MUSEO San MARCO (MUSÉE SAINT-MARC).

Salle du Chapitre.

* Fra An^elico da Fiesole. — Le Calvaire.

Au milieu, le Christ en croix, la tête inclinée à gauche vers le bon larron; à droite, le mauvais larron. Au pied de la croix, à gauche, la Vierge soutenue par saint Jean et une sainte femme ; devant elle, vue de dos, la Madeleine agenouillée, puis saint Jean-Baptiste appuyé sur sa croix, saint Marc l'évangile à la main, saint Laurent, saint Damien et saint Cosme (dont les traits rappelleraient ceux de Vanni, fils d'Antonio di Banco, sculpteur et ami du peintre) ; à droite, saint Dominique agenouillé, saint Jérôme un chapeau de cardinal à ses pieds, saint Ambroise et saint Augustin en costumes épiscopaux, saint François d'Assise, saint Bernard agenouillé, saint Benoît portant une discipline, saint Romuald tenant un livre, saint Jean Gualbert, saint Pierre martyr, le crâne saignant, et saint Thomas d'Aquin, un livre à la main.

Sur la bande inférieure, une série de médaillons avec des moines et des évêques vus à mi-corps. Autour de la fresque, des patriarches, des évêques et des frères Prêcheurs.

Fresque. — Fig. gr. nat. — Cette fresque a beaucoup souffert de restaurations parfois maladroites; ainsi le fond d'azur primitif a été remplacé par un fond roux d'un ton criard. « C'est comme une lamentation douloureuse de toute l'Église, de ses grands docteurs et de ses fondateurs d'ordres, assemblés au pied de la croix. Tant qu'il y aura un art, ces figures ne cesseront d'être admirées pour l'intensité inimitable de l'expression. Nulle part, les contrastes de l'abandon, de la douleur, de la convulsion, de la réflexion calme et profonde ne s'offrent et n'agissent avec un ensemble si harmonieux. » (B., 548.)

Premier étage, vis-à-vis la porte d^entrée :

* Fra Angelico. — Annonciation,

Sous un portique, à droite, la Vierge est assise, en robe rose et manteau bleu, de profil tournée vers la gauche, où un ange s'incline, les bras croisés sur la poitrine, drapé dans une robe violette, les ailes multicolores déployées. Au fond, un jardin fermé par une palissade. A gauche, saint Dominique au pied de la croix, sur laquelle est attaché le Christ dont les plaies ruissellent de sang.

En suivant le corridor, plusieurs

Cellules.

Avec des peintures murales, par Fra Angelico ou par son frère Fra Benedetto.

'M. — Le Christ et la Madeleine. — Dans un jardin, à gauche, la

pécheresse, en robe rose, est agenouillée aux pieds du Sauveur, qui se dirige vers la droite et se tourne vers elle.

* 2. L'Ensevelissement, — A droite, le Christ est étendu, la tête sur les genoux de la Yierge; une des saintes femmes et saint Jean lui tiennent les mains; la Madeleine, à gauche, lui essuie les pieds; saint Dominique, debout, portant un hs.

* 3» — L'Annonciation. — Sous un portique, à droite, la Yierge, agenouillée, lève la tête vers l'ange, aux ailes multicolores; à gauche, saint Pierre martyr, les mains jointes.

* 4. — Le CkiHSt en croix, — Entre saint Dominique et saint Jérôme, à droite; la Yierge et saint Jean, à gauche.

* 5. — La Nativité. — Devant l'étable, sur une botte de paille, l'Enfant Jésus, de profil tourné vers la Yierge; sainte Catherine agenouillée à gauche; à droite, saint Joseph. Au premier plan, saint Pierre martyr; sur le toit de l'étable, quatre anges chantant.

* 6. — La Transfiguration. — Le Christ, drapé dans un manteau blanc, apparaît à trois disciples agenouillés; à gauche, la Yierge et un Saint; à droite, saint Pierre martyr et un Saint.

* 7. — Le Christ au prétoire. — Il est assis sur un banc, les yeux bandés; des bourreaux, dont on ne voit que les mains, lui imposent la couronne d'épines et le soulïlètent; à gauche, un homme dont la tête seule est visible, retirant son chapeau, lui crache au visage; au premier plan, la Yierge et saint Dominique.

* 8. — La Résurrection. — Dans une gloire, le Christ, une palme et un étendard dans les mains; à droite, la Yierge et les saintes femmes regardant le tombeau vide sur lequel est assis un ange, de profil tourné vers la droite, leur montrant le ciel; à gauche, un dominicain, les bras croisés sur la poitrine, Fra Angelico lui-même.

* 9. — Le Couronneynent de la Vierge. — Dans une nuée, le Christ pose une couronne sur la téte de la Yierge assise à son côté, de trois quarts tournée vers lui. Sur la terre sont agenouillés, les yeux au ciel, à gauche, saint Dominique, saint Benoît et saint Thomas; à droite, saint François, saint Pierre dominicain et saint Paul.

* 10. — La Présentation au Temple. — Au milieu, le grand-prêtre tient dans ses bras l'Enfant Jésus tourné à gauche vers la Yierge, qu'accompagne saint Joseph portant des colombes à la main; au premier plan, agenouillés, saint Pierre martyr et une rehgieuse.

* 11. — La Vierge et V Enfant Jésus entre un évêque, à gauche, et saint Dominique, à droite.

En suivant ce corridor, on arrive aux deux cellules qu'habita Savonarole et où ont été réunis les souvenirs de l'illustre dominicain.

Dans la première cellule :

Au-dessus de son tombeau : Fra Bartolommeo. — La Vierge et VEnfant.

A gauche :

* Le Christ à Emmaûs,

Les deux apôtres sont les portraits de deux prieurs du commencement du xvi'' siècle, Schomberg et Pongnini.

Autrefois à l'hospice de Mugnone, cette peinture fut transportée en 1861 dans le réfectoire de Saint-Marc, et installée en 1872 à la place actuelle.

Dans l'autre cellule :

* Fra Bartolommeo (Attribué à). — Portrait de Savonarole,

De profil tourné à gauche, le visage enveloppé du capuchon noir des dominicains.

* Inconnu florentin. — Supplice de Savonarole sur la place de

la Seigneurie, le 2i mai 1498.

Ce tableau n'est qu'une copie dont l'original est au palais Corsini.

En revenant sur ses pas dans le corridor, on trouve, à gauche, dans les diverses cellules, des peintures murales, par Fra Angelico da Fiesole.

* 24. — Le Baptême du Christ. — Adroite, saint Jean, monté sur un rocher, verse l'eau du baptême sur la tète du Sauveur, debout au milieu du fleuve, les mains jointes; au premier plan, la Vierge agenouillée et saint Dominique.

* 25. — Le Christ en croix entre la Vierge, la Madeleine et saint Dominique.

Sur la muraille du corridor :

* La Vierge et des Saints.

Dans une niche est assise, sur un trône couvert d'une draperie rose, la Vierge, drapée dans un manteau bleu, tournée de trois quarts à droite, portant sur ses genoux l'Enfant Jésus, bénissant de la main droite et portant le globe terrestre dans la gauche; à droite, saint Paul, un livre à la main; saint Laurent appuyé sur son gril, saint Pierre de Vérone et un Saint dont on n'aperçoit que la tête; à gauche, saint Marc, un évangile et une plume à la main, saint Dominique présentant un livre ouvert, saint Cosme et saint Damien.

* 26. — Pietà. — Le Christ debout dans son tombeau, vu à mi-corps, est adoré par la Vierge, et saint Dominique agenouillé au premier plan. Au fond, le Calvaire; à droite, le Christ bafoué; à gauche, le baiser de Judas.

* 28. — Portement de croix. — Le Christ, vêtu d'une tunique rose, s'avance vers la droite, la croix sur les épaules, suivi de la Yierge en long manteau bleu; à droite, tourné de profil vers la gauche, agenouillé, saint Dominique.

A droite de la porte d'entrée devant laquelle on est revenu :

* 31. — Fra Bartolommeo. — Tête de saint Antonin, dessin à la mine de plomb.

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