‹ FlorenceChapitre 88 sur 195 · Pierre-Paul PlUbens · texte numérisé non relu

Pierre-Paul PlUbens

Les quatre philosophes ^ ou Juste Li^Jse et ses élèves.

SALLE DE MARS

couverte d'un tapis et sur laquelle sont posés des livres, des plumes et un encrier. A droite, de profil tourné vers la gauche, vêtu d'un costume noir, le philosophe Grotius (?), un chien à ses côtés, feuillette un livre; au milieu, Juste Lipse, vêtu d'une pelisse bordée de fourrure, tourne vers la gauche son visage émacié et pose son index sur un livre ouvert ; à gauche, le frère du peintre, Philippe Rubens, en vêtement noir et large fraise blanche, de trois quarts tourné vers la droite, tient une plume; à gauche, le peintre, nu-tête, chevelure, barbe et moustache blondes^ est appuyé contre une colonne, de trois quarts tourné vers la droite, drapé dans un manteau noir, la main droite sur la hanche. Au fond, dans une niche, devant le buste de Sénèque, un vase] de tuhpes, fleurs qu'affectionnait Lipse. Draperie rouge relevée, laissant voir au loin la campagne.

H., 1,07; L., 1,43. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Grégory, Morel (W.) etParadisi (G. P.). — Paris (1799-1815). — Le musée de Nancy possède une copie ancienne de ce tableau. — «Comme le tableau fut certainement peint eu Italie de 1601 à 1605, et que Grotius à cette époque était dans les Pays-Bas, il est évident que ce n'est pas lui .qui est représenté par le quatrième personnage. Ce dernier, que nous croyons être Johannes Woverius, se trouve séparément représenté sur un panneau de la galerie d'Aremberg, à Bruxelles. » (Rooses,1V, 192.) — « Le tableau date de 1602. Comme les premières œuvres de Rubens, il a, dans la composition, une ceitaine gaucherie qui dénote l'absence de génie inventif. » {Id., 205.)

* 86. — Rubens. — Les Suites de la guerre.

Au milieu, Mars, de profil tourné vers la droite, revêtu d'une armure, coiffé d'un casque à plumes, s'arrache des bras de Vénus pour suivre Alecto, la déesse de la Discorde, qui, les cheveux épars, une torche dans la main, l'entraîne ; dans les airs volent deux figures allégoriques, la Peste et la Famine. Dans sa marche, le Dieu foule aux pieds un homme personnifiant l'Étude, un autre, un compas à la main, représentant l'Architecture, et deux femmes : la Musique qui porte un luth brisé, et la Charité un enfant dans les bras ; à gauche, deux Amours accompagnant Vénus ; sur le sol, un caducée, des flèches et un livre. Devant le temple de Janus, dont la porte est ouverte, l'Europe, sous les traits d'une femme en robe bleue, coiff'ée d'une tour, lève les bras au ciel et se lamente ; à ses côtés, un génie porte un globe terrestre surmonté d'une croix ; au fond, à droite, une bataille.

H., 2,06; L., 3,42. T. — Fig. plus gr. nat. — Gravé par Grégory, Duclos (W.) et L. Paradisi (G. P.). — Paris (1799-181.5). — « Ce superbe tableau, entièrement peint do la main du maître, fut fait vers 1638. Il avait été commandé probablement pour le duc de Toscane, par Sustermans, le peintre anversois établi à Florence. » (Rooses, IV, 49.) — Voir dans cet ouvrage la lettre de quittance écrite à Sustermans par Rubens, le 12 mars 1638, lettre déjà donnée par Baldinucci, Bottari et Rosemberg. La National Gailery de Londres possède une esquisse de ce tableau provenant du palais Baibi, à Gênes. Une autre esquisse se trouve à Paris, dans la collection Eudoxe Marcille.

GALERIE PITTI

* 87 et 88. — Andréa del Sarto. — Histoire de Joseph. — Le

peintre a réuni dans deux compositions les épisodes principaux de la vie de Joseph.

Dans le premier: à gauche, devant une maison, Joseph enfant raconte ses songes à Jacob et à Rachel entourés de leurs enfants ; au milieu, Joseph quitte ses parents pour rejoindre ses frères; à droite, Jacob se désole en recevant la tuniqué ensanglantée de son fils bien-aimé. Au second plan, on voit Joseph rejoignant ses frères, ceux-ci le descendant dans une citerne, puis le vendant à des marchands ; et sur une colline, un agneau qu'on égorge et un jeune homme emportant la tunique ensanglantée de Joseph.

Signé, au milieu : ANDREA del SARTO faciebat.

Dans le deuxième : à gauche. Pharaon, dévêtu, est assis sur une pierre ; au second plan, il est endormi dans un lit autour duquel sont des épis pleins et des épis vides, des vaches grasses et des Yàches maigres. A droite, devant son palais. Pharaon, entouré de sa cour, écoute Joseph lui expliquant ses songes ; au premier plan, sur les marches de l'escalier, deux enfants jouant avec un chien; au miheu, Joseph recevant des mains du Souverain un collier d'or signe de sa nouvelle dignité. Au second plan, Joseph, entrahié en prison par deux gardes, gravit les degrés d'un escalier. Fond de paysage.

H., 0,97; L./0,34. — Fig. 0,40. — Gravés par G. Rossi (G. P.)- — Ces deux tableaux faisaient partie d'une série d'Episodes de la vie de Joseph, composée par Andréa del Sarto, Granacci et Pontormo, pour compléter la décoration de la chambre nuptiale de Francesco Borgherini et de Margherita Accaiuoli, dans leur palais d'été, sur le Borgo S. Apostolo. Ces peintures et tout le mobilier de cette chambre étaient tellement admirés que, lors du siège de Florence, Jean-Baptiste délia Palla, agent de François Fr, « fit tous ses efforts pour les enlever de l'endroit où elles étaient placées. Mais comme elles y étaient fixées de telle sorte que tout l'ouvrage aurait été gâté, on les y laissa ». (Vas., V, 26.) — Vasari raconte ailleurs que ce furent les paroles énergiques et violentes de Margherita congédiant J.-B. délia Palla, « ce brocanteur de quatre sous «, quoi qu'il fût muni d'un ordre de la Seigneurie, qui empêchèrent le marché de se conclure et les tableaux de sortir. (Vas., VI, 263.) — Paris (1799-1815).

* 89. — Paris Bordone. — Le Repos en Egypte,

Au milieu, au pied d'un arbre, la Vierge, en robe rouge, manteau bleu et voile blanc, assise, donne le sein à l'Enfant Jésus qui lui tend une fleur. Au second plan, à gauche, une femme, de trois quarts tournée vers la droite, en jupe rouge, robe noire et corsage bleu, tire des provisions d'un panier ; à droite, des anges cachés dans le feuillage offrent des fruits à saint Joseph, vêtu d'une tunique brune ; à ses pieds, une gourde et, sur une nappe, une assiette. Fond de paysage, la mer à l'horizon.

H., 1,05; L., 1,50. B. — Fig. pet. nat. — Gravé par A. Calzi (G. P.).

GALEPtlE PITTI

Cliché Alinari frères. Typogravure Boussod, Valadon et C'.

92, — TiziANO Vecm^llio (Titien).

Portrait d'homme.

SALLE DE^ MARS

* 90. — Il Cigoli. — Ecce Homo.

Sur un balcon, au milieu, le Christ est vu de face, la tête couronnée d'épines et inclinée vers la gauche, un roseau dans ses mains liées ; à droite, un bourreau, vêtu d'une chemise déchirée et coiffé d'un chapeau rouge, jette un manteau grenat sur les épaules du Sauveur ; à gauche, Pilate, coiffé d'un turban, enveloppé dans un manteau jaune, montre le prisonnier à la foule. Au fond, dans l'ombre, des soldats romains portant des étendards. Au premier plan, sur la balustrade, un paquet de cordes.

H., 1,75; L., 1,35. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Nicolet (W.) et Ferreri (G. P.)- — La collection des dessins aux Uffizi possède une étude de ce tableau. (N^ 428.)

— «Nous savons que le Cigoli peignit ce tableau pour Ms»" de Massimi, qui, désirant avoir cette composition sacrée de la main d'un des plus grands hommes de son temps, en fit commande, à l'insu les uns des autres, à Passignano, à Cigoli et à Caravaggio ; mais les trois œuvres terminées, celle du Cigoli parut d'une perfection si éminente que le prélat renvoya les deux autres et se réserva seulement celle-là pour son plaisir. » (Baldinucci.)

— Il passa ensuite dans la collection de Jean-Baptiste Severi, célèbre musicien, qui le vendit à un prince de la famille des Médicis. — Paris (1799-1815).

*91. — Carlo Dolci. — Saint Pierre en pleurs.

L'apôtre, en tunique bleue et manteau jaune, les mains jointes, est assis devant une grotte, la tête levée au ciel; à sa gauche, le coq juché sur une pierre. Fond de paysage. Daté 1564 : il di 31 otiobre.

H., 1,93; L., 1,21. T. — Fig. gr. nat. — Gravé par V. Benucci (G. P.). — Peint pour Carlo Corbinelli. (Baldinucci.)

* 92. — Tiziano Vecellio. — Titien. — Portrait d'homme.

/Yu de face, barbe, moustache et chevelure blondes, pourpoint et manteau noirs, collier d'or. La main gauche est appuyée sur la hanche; de la droite, il tient ses gants.

H., 1,11; L., 0,93. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Bonatti (G. P.). — On prétend que le modèle de ce portrait aurait été Howard, duc de Norfolk. « Admirable portrait, tant pour la tonalité grave que pour la façon dont sont rendues les formes, pour la vérité et la force du coloris, pour la modération et le mystère d'une lumière si justement dégradée et teintée qu'elle nous rappelle la manière de Léonard... La vivacité et l'expression du regard, la fermeté du dessin, comme celle de la pose et de tous les détails en font une chose particulièrement admirable, avec l'empreinte de ce style élevé ot grand que le peintre^ avait dans son meilleur temps. » (Cr. et Cav., Tiziano, II, 415.) « L'un des plus grands chefs-d'œuvre que je connaisse. C'est un homme de trente-cinq ans, tout en noir, blême, au regard fixe ; le visage est un peu amaigri, les yeux sont d'un bleu pâle, une mince moustache rejoint la barbe rare. Il est de grande race et d'un haut rang, mais il a joui de la vie moins qu'un manœuvre; les délations, les anxiétés, le sentiment du danger l'ont creusé et miné par une œuvre incessante et sourde. Tête énergique, fatiguée et songeuse qui connaît les résolutions soudaines aux noirs tournants de la vie. » (Taine, Voyage en Italie, II, 227.)

* 93. — Rubens. — Saint François en prière.

H.; 1,47 ; L., 1,05. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat.

* 94. — Raffaello Sanzio. — Raphaël. — Sainte Famille, dite

Madonna delV Impannata.

Dans une chambre, la Vierge, debout, enveloppée dans un manteau bleu, la tête de trois quarts tournée vers la gauche, remet l'Enfant Jésus à sainte Elisabeth, assise sur un banc, de profil tournée vers la droite, en robe bleue, un long voile blanc attaché autour de la taille. Au second plan, sainte Marie-Madeleine^ debout, en robe rose et manteau jaune, sa chevelure blonde retenue par des bandelettes, appuyée sur l'épaule de sainte Èlisabeth, touche de la main droite le corps de Jésus. Au premier plan, à droite, assis sur une peau de léopard, saint Jean-Baptiste, de profil tourné vers la gauche, la tête de face, portant dans sa main droite une croix de roseau, et montrant avec la gauche le groupe divin.

Au fond de la chambre, une fenêtre avec un grand rideau [fines Ira impannata) qui a donné son nom à cette Sainte Famille.

H., 1,55; L., 1,23. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Marchi (G. P ). — Peint à Rome vers 1514, en même temps que le portrait de Bindo Altoviti, aujourd'hui à la Pinacothèque de Munich, qui voulait en faire hommage à la ville de Florence. Au temps de Vasari, ce tableau était placé dans le palais du duc Cosme, sur l'autel de la chapelle neuve décorée par Vasari. 11 existe dans la collection de la reine d'Angleterre un dessin lavé et rehaussé de blanc où l'enfant Jésus et la Madeleine ne sont qu'indiqués et où saint Jean-Baptiste ne figure pas encore. — Paris (1799-1815).

* 95. — Allori (Cristofano). — Sacrifice d'Abraham.

Abraham, en tunique verte et manteau grenat à doublure jaune, est tourné de trois quarts vers la gauche et regarde l'ange qui lui arrête la main. Au premier plan, sur le bûcher, Isaac, les bras attachés derrière le dos. A droite, un bélier; à gauche, les vêtements d'Isaac. Fond de paysage; au loin, des serviteurs et un âne.

H., 1,74; L., 1,29. T. — Fig. gr. nat. — Gravé par G. Rossi (G. P.).

* 96. — Allori (Cristofano). — Judith.

Debout, tournée de trois quarts vers la gauche. Tunique jaune que retient une ceinture blanche, manteau bleu doublé de rouge, dans sa chevelure brune un collier de perles, elle brandit de sa main droite une épée et porte dans la gauche la tête d'Holopherne; à droite, derrière elle, une servante, la tête enveloppée dans une draperie blanche, présente un sac. Au fond, draperie verte tendue.

H., 1,10; L., 1,12. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Tardieu (W.), Gandolfi (M. F.) et Paradisi (G. P.). — La collection des dessins aux Uffizi possède une étude pour la Judith (No 912) et une pour la tête d'Holopherne (N» 910). — Peint pour le cardinal Alexandre Orsini. — Paris (1799-1815). — Ce tableau, du temps de Lanzi, qui considérait Cristofano comme le plus grand peintre de son temps, était regardé comme un chef-d'œuvre. On fit dès lors d'innombrables copies « de cette Judith si belle et si noblement vêtue, portrait de sa maîtresse, dont la mère est peinte sous les traits d'Abra; la

SALLE DE MARS

tête d'Holopherne est celle du peintre, qui laissa repousser sa barbe pendant quelque temps. » (Lanzi. )— Paris (1799-1815).

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