‹ FlorianChapitre 2 sur 16 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On s*étonnera peut-être de voir figurer Florian dans une collection qui na jusquà présent admis que les plus grands noms de V histoire littéraire. Sans vouloir grossir à l'excès le mérite de notre aimable auteur, ni le présenter de pair avec Virgile ou Victor Hugo, nous croyons cependant quil doit y avoir une place pour Florian, là oii on en a fait une à La Fontaine. Si les deux fabulistes ne sont pas égaux.^ ils se suivent de si près, que le second est assuré de toujours passer à la faveur et à l'ombre du premier.

On lit dans la Biographie nouvelle des Contemporain s t/^. /a ?/, .4 ?'/?fli^//, Jouy, JSorvins^ etc., à l'article Florian :

« Ses œuvres complètes ont été réimprimées souvent dans tous les formats, et chacun de ses ouvrages séparément a eu un nombre presque incalculable d'éditions. Peu d'auteurs sont aussi répandus. »

Ceci était écrit en I8'i'2. Depuis, les temps ont un peu changé.

U serait téméraire de revendiquer aujourd hui pour

VIII AVAXT-PROPOS.

Florian rintégritéde la gloire dont il jouissait encore il g a queUiuc soixante 'dix ans ; mais il g aurait injustice à Voublier. Son théâtre, si heureusement renouvelé j si délicieusement inspiré, où se rencontrent avec tant de charme la manière de Sedaine et celle de Marivaux ; ses romans , quil suffit de nommer ^ Estelle, Galatée, Numa, bien quils aient peut-être usurpé la haute place ou les a portés V engouement persistant du public ; ses Fables, petits chefs-d'œuvre dont plus dun nost pas indigne de La Fontaine: voilà ses principaux litres à notre souvenir. Ils sont plus que sufpsants ; et bien d'autres écrivains sont mieux connus^ qui n'en ont point tant.

Il 71 est pas jusqu'à sa vie qui ne soit intéressante j sa jeunesse si joliment contée dans les Mémoires d'un jeune Espagnol, et les années qui suivirent^ passées au milieu des plus brillantes sociétés de Paris, ou dans les châteaux d' Anet et de Sceaux ; puis sa fin^ assombrie, battue par l'orage de la Révolution grondante ; les cachots de la Bourbe ; enfin la mort navrante du poète isolé et désolé au fond de sa petite commune de Sceau x-f Unité,

Voilà plus qu'il n'en faut pour justifier une étude, sans doute très rapide, des OEuvres de Florian, et pour assurer le droit de vivre à un talent d'autant moins robuste qu'il est plus gracieux et plus aimable,

Léo Claretie.

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