‹ Foi et patrie: Discours pronouncés pendant le siege de ParisChapitre 33 sur 56 · PRÉFACE. , XLI · texte numérisé non relu

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monuments une grandeur mélancolique et religieuse. Pourquoi ce spectacle nous frappait-il comme une nouveauté ? C'est que la lumière du gaz avait été éteinte et que celle des pâles flambeaux qui éclairaient Paris n'éclipsait plus la lumière du ciel. C'était bien l'image de ce qui se passait dans nos âmes : les lumières factices, fortune, élégance, plaisirs avaient disparu ; et du môme coup s'étaient allumés les astres de notre ciel moral, Dieu, le devoir, Toubli de nous-mêmes !

Nous avons dit nos souffrances et nos bénédictions. Quelle a été, en présence de nos malheurs, l'attitude de l'Europe? Le monde entier s'est ému de la lutte gigantesque engagée entre la France et la Prusse. Mais il faut distinguer entre les gouvernements et les peuples. Les peuples nous ont été sympathiques, les gouvernements se sont montrés d'une grande réserve. Nous ne devons pas oublier les dons

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généretix des nations qui nous entourent en faveur de nos blessés et de nos prisonniers. L'Amérique, l'Angleterre surtout ont concouru au ravitaillement de Paris, après l'armislice, avec une libéralité grandiose. La Suisse a été admirable de dévouement envers l'armée de Bourbaki dont la désastreuse retraite rappelait à tant d'égards la retraite de Russie. Toute notre reconnaissance est acquise à M.Washbum, ministre des Etats-Unis, à M. Eem, ambassadeur de Suisse, à M. de Zuylen, ambassadeur de Hollande, qui sont restés courageusement au milieu de nous pendant le siège. Les peuples, nous aimons à le répéter, se sont émus en notre faveur, mais les grands cabinets Européens auraient pu, nous le croyons, prendre une attitude moins effacée, et intervenir, d'une manière plus efficace, à partir de la journée de Sedan, dans l'intérêt des grands principes du droit qui se confondent tôt ou tard avec ceux des nations elles-mêmes. L'Europe a laissé s'exercer, sans

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