CHAPITRE II
gr&SpîOMMEXT tout Cela allait-il linir ?
I^(^ Je me disais que c'était une aubaine extraordinaire, mais je ne voulais pas trop y réfléchir : j'avais peur.
J'avais beau être tombé , avant c es événements, à une condition si humble que tout changement d'existence ne pouvait être qu'avantageux, je me sentais effrayé par l'aventure, par l'inconnu. J'ai toujours été un jeune homme tranquille, et si je suis devenu un bohème, ce n'est certes pas par goût : c'est plutôt parce que ma famille s'était trouvée ruinée et que j'étais assez paresseux ; mes penchants véritables me faisaient désirer une existence régulière et calme où, très loin devant soi, on aperçoit une route monotone, mais sûre.
J'avais été élevé dans la peur des tournants et de l'imprévu.
J'étais, depuis quelques heures, installé dans le train. Nous approchions de la frontière d'Alle-
magne. Je m'étais le\'é à diverses reprises pour regarder le pa}'s que je ne connaissais pas. Ce n'était pas précisément par curiosité, mais plutôt par