‹ Foliquet, coiffeur de damesChapitre 27 sur 32 · SCENE XVIII. FOLIQUET, ANNETTE · texte numérisé non relu

SCENE XVIII. FOLIQUET, ANNETTE

ANNETTE , sortant avec précaution par la porte de l'atelier, et parlant à lacantonnadeà voix tasse.

Non, non ! allez au bal ensemble , si vous voulez ; mais moi. . . Comment ? (Elle penche la tête dans l'atelier, comme pour écouler.)

FOUQDET , écoutant à la porte de sa femme.

Sa respiration est si douce et si calme, que je l'entends à peine. Sommeil de l'innocence !

ANNETTE , refermant la porte de l'atelier.

Non, vousdis-je. . . (À elle-même.). Ce maudit costume de camargo ne m'a déjà causé que trop d'embarras et de frayeur... Je vais dans ma chambre l'ôter bien vite. (Apercevant Foliquet et poussant un cri.) Ah 1

FOLiQDET, se Tetoumant.

Hein?

ANNETTE, à part.

La baronne !

ANNETTE, à part.

Un le disait sorti.

Quoi ! Madame , vous étiez encore ici ? (Annette lui montre l'atelier.) Vous êtes donc parvenue à éloigner votre mari , à lui donner le change?

Oui.

Vraiment ! il ne croit plus que sa femme est cachée sous ce costume ?

ANNETTE

Non.

FOLIQUET, riant.

Vous avez arrangé tout ça ?

ANNETTE

Oui.

Bravo ! (A part.) Le mari est complément dedans... Ces grandes dames... ça vous a des retours. . . une adresse. .. Celle-ci , surtout. . . (L'examinant.) Et di\ec ça... des avantages... des qualités. . . des qualités... extérieures... fort remarquables.

ANNETTE , à part.

Comme il me regarde ! Est-ce que, décidément, mon cher mari serait capable?...

FOLIQUET, 0 part.

On dirait qu'elle m'examine. . . avec un certain plaisir. . . c'est qu'elle me dévisage! (Il passe la main dans ses cheveux et se pose. ) Hum ! (A lui-même , comme pour s'excuser à ses yeux.) D'ailleurs, ma femme a la migraine. ANNETTE, à part.

Décidément , ce ton , ces manières... Voyons un peu. Clfaut.) M. Foliquet?..

Madame !

ANNETTE

Veuillez me donner une chaise, mon cher.

FOLIQUET, à part.

Son cher... Oh !..

ANNETTE

Eh bien ! . .

Comment donc , Madame!... (Il court chercher une chaise. A part.) Son cher.. ! (Haut.) Voici, Madame. (Il pose la chaise , et l'arrête aumomentoù elle va s'asseoir.) Ah ! pardon! (Il époussette la chaise.) Voilà.

ANNETTE

C'est bien. Et maintenant , mon ami.. .

FOLIQUET, à part.

Son ami . . . Oh ! oh !

ANNETTE

J'ai à vous parler; nous sommes seuls î

FOLIQUET , à part.

Oh I oh ! de plus fort en plus fort. [Haut.) Seullsslmes.. .

ANNETTE

Venez vous asseoir là. ..

FOLigCET.

Là?

ANNETTE

Oui, près de moi ; avez-vous peur ?

FOLIljLET.

Peur : Ali : Madame ! Ce n'est pas la peur que je craindrais prés de vous [A part.} Peur! ali! bien!

ANNETTE

Venez donc . . .

FOUQCET , prend une chaise.

Tout de suite. . . ( .1 part. ) Tiens , liens ! Il parait que la baronne... Et pourquoi pas?... On a vu des rois é et pourquoi pas?

ENSEMBLE

Ain (If Dorbr.

Quel dous espoir ,

Oui, Taisons voir Qu'on sait briller en léte-à-téie ,

Point de frayeur ,

Galant coiffeur, Prouvons-lui que l'ou a du coeur.

ANNETTE

Ici , ce soir ,

Je vais pouvoir De mon mari fair' la conquête ,

Du séducteur,

Point de frayeur , Funissous un époux trompeur.

FOtiQiJET , seul.

Ma femme hélas : a la migraine, Mais le ciel a vu mon malheur ; Toujours, aux maris dans la peine, Dieu clément, ton doisl prnkclcur , Montre un ange consolateur.

Page 1