l'once, le renard et le vautour
L'ami Renard invita Tami Vautour à faire un voyage avec lui. Le Renard invita le Gamba ^ à lui tenir compagnie, et le Vautour invita le Caracara ^. Ils partirent.
Arrivés au milieu des montagnes, la nuit les surprit, et ils allèrent demander Thospitalité à Tamie Once. L'Once n'était pas chez elle: elle était dehors, à la poursuite d'un troupeau de moutons. Elle arriva fort tard chez elle, apportant un gros mouton qu'elle avait tué. Les hôtes prirent peur. Le Renard dit : — « Compère Vautour, les affaires se gâtent. » Le Caracara dit : — « Elle est bonne, celle-là : nous n'avons rien à craindre. Mais vous, ami Renard, vous devez trembler, car vous n'avez pas où vous cacher. » Le Renard éclata de rire en disant : « Est-ce que je serai moins fort que le compère Chien? » Le Caracara : — « Moi, per^nne ne peut se mesurer avec moi : je ne cours pas très bien sur terre, parce que je ne coupe pas bien le sol, mais je -coupe le vent. C'est vous, ami Renard, qui avez à passer aujourd'hui un mauvais quart d'heure. Si l'Once a pris l'ami mouton, qui est plus grand, imaginez-vous ce qu'il adviendra de vous. »
L'heure du souper étant venue, l'Once invita tous ses hôtes. Seul le Renard put manger, à cause de la forme (Ju plat.
L'Once fit encore de la bouillie et la répandit sur une pierre. Le Renard la lécha de nouveau. Puis le Vautour dit : — « Conmière Once, moi je n'aime pas cette mode : qui lèche mange, qui mange à coups de bec, reste le bec dans l'eau! » On alla se coucher. Le Vautour dit au Ca-
^ Sarigue (Voir la note de la page 222 et ceUe de la page 231. s Oiseau. Falco ou Polyhorus brasiliensis*
222 FOLK-LORB BRESILIEN
racara : — « N'ayez pas peur, nous ne resterons pas à nous serrer le ventre. » En effet, lorsque TOnce fut endormie, le Vautour prit les petits de TOnce et les dévora k coups de bec. Le Garacara en fit autant. Ils se sauvèrent après cela, en laissant le Renard et le Gamba, qui dormaient.
Lorsque TOnce s'éveilla, elle chercha ses petits, n'en trouva que le» osy et se jeta sur le Renard, qui se sauva, courut à la recherche de ses comparons de voyage, et les retrouva chez le Singe.
Le Renard leur dit : — « Le moment est venu de tirer vengeance du tour que vous m'avez joué. » Mais, comme c'était l'heure de dîner, il attendit. A la fin du dîner, il aperçut un chien, prit peur et dit adieu à tout le monde.
Le Vautour et le Garacara s'en allèrent chez le Goq, et le Renard s'y trouvait déjà attendant le souper. L'heure du repas arriva, et ils se mirent tous à table. Le Goq répandit du maïs à travers toute la maison, en disant :
Venez, les gens à bec, Carje prends ma revanche; Pour les gens à museau.
Pas une bouchée.
Le Renard un peu défiant dit :
Faites ce qu'il vous plaira; Dormez, c'est tout ce qu'on veut.
Us allèrent tous se coucher. Le Renard alors alla inviter d'autres amis pour en finir avec tous ses ennemis à plumage. En effet, ils furent tous mis à mort. 11 ne resta que le Gamba *, parce qu'il sent trop mauvais.
< Gambà ou Sarigue. Dans le sud du Brésil ou donne au Sarigue le nom de Gambà; dans le nord, on l'appelle mucùra (voir la note de la page 231).