‹ Folk-lore brésilienChapitre 63 sur 77 · LE MARTIN-PÊCHEUR ET LE SARIGUE · texte numérisé non relu

LE MARTIN-PÊCHEUR ET LE SARIGUE

Le Martin-Pécheur 2 s'était marié à la fille du Sarigue^. Il sortit pour aller à la pèche avec sa femme, et porta son maraca*. Arrivé à la rivière, il agita l'instrument, et aussitôt un tucunaré^ parut à la surface des eaux. L'oiseau le prit et l'emporta à terre. Le Sarigue, plein de jalousie, voulut pécher de la même façon. Il demanda à son gendre de lui prêter son waraca, l'agita, le poisson parut et... l'avala !

Heureusement, sa fille, la femme du Martin-Pécheur,

< Inutile de faire remarquer que c'est là l'tiistoire si connue du Renard et de la Cigogne; le Toucan a pris la place de la Cigogne tout simplement, en employant le même stratagème pour se venger.

* En indien : Uairiràmba.

3 Dans le texte mukûra ou mycûra, nom sous lequel le Sarigue est connu dans la vallée de TAmazone. Le mot Sarigue lui-môme (Sari' guê, saro/ie) est brésilien, et s'emploie parfois (Emile Allain, inloc cit.).

^ Instrument de musique des Indiens. Il se trouve décrit à la page 242 de ce livre.

^ Poisson de TAmazone,

était présente. Elle courut chercher son mari, qui retira le Sarigue de la gueule du tucunaré dans un état pitoyable. Le Martin-Pécheur ne put pas s'empêcher de rire de cette mésaventure de son beau-père. Celui-ci se fâcha tout rouge, et le Martin-Pècheur planta là le Sarigue et sa fille.

La fille du Sarigue, devenue veuve, se maria au carrapato ^.

Peu après, le nouveau couple alla cueillir des toucas ^. Le mari grimpa, prit un fruit et le jeta à sa femme. Puis, se plaçant sur une feuille de Tarbre, il descendit sans encombre. Le vieux Sarigue, toujours jaloux, voulut en faire autant. Il grimpa, mais, quand il se plaça sur une feuille pour descendre, il glissa et tomba par terre, tout meurtri.

1 lusecte.

'^ Le châtaignier vulgaire 4e TAmazone {BerthoUeiia Excelsa donne ces noix huileuses et comestibles qu'on appelle toucas, noix du Brésil, noix de Para, etc.

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