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porteurs enleva Ghènn. Après un trajet , de plusieurs stades, il arriva à un palais. Dans la grande salle siégeait un personnage à barbe blanche, vêtu d’un costume royal. Un huissier en robe vivlelte et bonnet noir, lenant un registre, appela l'intendant Wâng-siou. 一 | Veuillez appeler d'abord le général X, dit Chènn, car c'est de son affaire qu'il s'agit. 一 L'huissier appela le général X. Aussilôt un homme de haute stature, en uniforme el cuirasse, sortit d’un appartement latéral. Chènn le reconnut pour son ancien collèsue. Le juge l'in- Lerrogea longuement, puis appela derechef Wâng-siou. Chènn Savanca, salua des mains, et se Lint debout. 一 Le juge.
jui dil: Le général X vient d'avouer que c'est lui qui a fait mettre à mort 500 hommes de la bande de Lidu-ts'i.
Vous prétendez que vous êles absolument ionocent, parce que vous lui aviez écrit de ne pas le faire Mais les statuts des Ming vous donnaient sur lui plus de pouvoir que cela. Or vous n'avez pas fait davantage. Vous avez donc été au moins faible! — Chènnen convint. — Alors le général reprit la parole. Il m'a fallu tuer ces 500 hommes, dit-il, C'é- {ail nécessaire. Is avaient déjà manqué une fois à leur parole. Si je les avais lächés, ils y auraient manqué une seconile fais. Comme général, ie les ai punis de mort, en vertu de mon mandat, pour le bien du pays, et non par baine personnelle, — À ce moment, un tourbillon noir comme de l'encre, s'éleva devant le tribunal, accompagné de sifflements, et d'une insupportable odeur de sang. Puis, dans le tourbillon,
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500 crânes roulérent comme des billes, suivis de 500 squelettes. Les crânes ouvraient leurs mâchoires, et cherchaient à happer de leurs dents le général X... Chènn était terrifié. 一 Frappant sur sa table, le juge cria: Misérables! n’avez-vous pas été décapités, pour vous être révollés de nouveau après une première soumission? — C'est vrai, répondirent les koëi. — Alors le général vous à fait décapiter justement, dit le juge. — Non pas, répondirent les koëi; il l’a fait pour plaire à l'empereur, pas pour le bien du pays et du peuple. — Pas pour votre bien, peut-être, ricana le juge; mais certainement pour le bien du pays. D'ailleurs voilà deux siècles que la chose est faite. Elle est périmée pour ma juridiction. J'en référerai au tribunal suprême du Pur Auguste. En attendant je décide:
1° que, un soupçon planant SUrSa conduile passée, l'ex-général X ne sera provisoirement pas promu chénn; 2 que, comme vous ne voulez pas renoncer à votre ressenliment, vous ne serez pas encore réincarnés en hommes; 3° que, en punition de sa faiblesse, l'exintendant Wang-siou renaitra fille, dans sa prochaine existence. — Les 500 koëi, tenant chacun sa tête, se prosternèrent en disant : Qu'il soit fait comme vous diles! — Le juge ordonna au satellile de reconduire Chènn..il repassa par la cour ombragée de bambous, el par la salle au miroir. Son ancien serviteur le félicilta de son acquitte-
ment. — Venez ici, dit le satellite; voyez ce que vous avez élé durant celte existence. 一 Chènn regarda dans le
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miroir, et s'y vit en coslume. d'assesseur de la dynastie Ts'ing. — Regardez maintenant ce que vous allez devenir, | dit le satellite. — A ces mots, Chènn fut tellement saisi, qu'il s'éveilla, suant , à grosses gouttes. Il était étendu dans Son Cabinet de travail, Toute sa famille pleurait aulour de lui. On lui dit qu’il était resté sans connaissance, durant un jour et une nuit, la région du cœur seule restant légèrement chaude. 一 Chènn avait vu, appendues autour du tribunal du juge infernal, quantité de sentences horizontales et verticales. I ne put se rappeler que les suivantes:
Le t'ibunai infernal ne fait pas acception des personnes. Tout est compté.
sur l’abaque céleste. Quand l’eau baisse, les cailloux paraissent; ainsi toute | faute est révélée, en son temps.
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