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accourus avec des lanternes ne virent rien. Le diable bleu avait disparu. — Peu après, le Tchoäng étant rentré, se moqua des visions du Hioùng. Je parie, lui dit-il, que vous n'oseriez pas passer la nuil ici — Pourquoi pas? dit le Hioûng, qui fil aussitôt quérir la literie nécessaire, et son sabre, une arme excellente, qui ayant appartenu jadis au maréchal tartare Nién-keng-yao, avait bu le sang de nombreux ennemis, dans une campagne au Koukou-nor.
Bonne nuit, lui le Tchoäng, en se relirant. 一 Le vent d'automne soufflait, la lune ne donnait qu’une pâle lumière, une lampe brûlait derrière le rideau vert qui abritait sa couche, dans la rue les veilleurs annoncaient la troisiéme veille. S'attendant à quelque visite nocturne, le Hioûng ne dormait pas. 一 Tout à coup, une coupe vide tomba sur la table, puis une seconde. Voilà qu'il rend la vaisselle, se dit le Hioûng. — Un instant après, une jambe bleue entra par la fenêtre de l’est, suivie d’un bras, d’un œil, d'une oreille, d'une demi-bouche et d’un demi-nez.
En même temps une autre jambe bleue, suivie d’un bras, d'un œæil, d'une oreil-
le, d’une demi-bouche et d'un demi-
nez, entrait par la fenelre de l’ouest.
Les deux moiliés se réunirent au milieu de l'appartement. Le diable bleu regarda avec colère vers le lit du Hioùng.
Un coup de vent glacial souleva le rideau, 一 Brandissant son sabre, le Hioûng se jela sur le diable, et lui porta un grand coup sur le bras. Le diable sauta par la fenêtre. Le Hioûng se précipita à sa poursuite. Il allait
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l'atteindre, quand le diable dispara derrière un cerisier. Le Hioûng rentr:
et se coucha. — Le lendemain, quand le Tchoäng vint prendre des nouvelles de son hôte, il fut fort effrayé de voir une trace de sang dans le jardin. Le Hioûng sain et sauf lui raconta son aventure. Le Tchoäng fit aussitôt abattre et couper en morceaux le cerisier.
Tous les éclats du bois de cet arbre, sentaient encore le vin.
Voyez Introduction XIX. Arbre méi. Thème favori, rappelant les légendes des nagas indiens.
Le Lettré Tcheôu-k'ik'ounn de Hâng-tcheou (Tchée-kiang), dirigeait l'école officielle de Loüng-ts'uan-hien (Kiäng-si). — Chaque nuit, sans cause connue, le tambour suspendu à la porte de l’école, résonnait de lui-même.
Trouvant ce phénomène étrange, le maître aposta un veilleur. Celui-ci vit un grand gaillard, qui lui parut haut d'une toise, battre le tambour. — Or le portier de l’école, un certain U-loung, n'avait pas froid aux yeux. Il monta la garde, avec son arc et ses flèches.
Quand le grand gaillard reparut, il lui tira un trait, qui ne rata pas. Le blessé prit la fuite et disparul. — Peu de temps après, un ouragan ayant déraciné un grand saule qui se dressait devant l'école, le maître ordonna de le débiter. 一 O surprise! on constata que te tronc de l'arbre était percé d’une fléche. On comprit alors qui avait jadis battu le tambour de l’école. La fatalilé
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