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d'un certain temps, Wéi-tcheng revint à lui, et se confondit en excuses. — Soyez tranquille, dit l'empereur; recommençons la partie. — Ils allaient commencer à poser, quaod on entendit des cris au dehors. Puis Ts'inn-choupao et Sû-maokoung étant entrés, déposèrent devant l’empereur une tête de dragon fraîchement coupée. — Qu'est ceci? demanda T'âi-tsoung. — C'est, dirent les officiers, la tête d’un dragôn, qui-vient de tomber des nuages, devant la galerie des mille pas. — Qu'est-ce que cela signifie ? demanda l’empereur à Wêéi-tcheng. 一 Sire, dit celui-ci en se prosternant, c'est moi qui viens de la couper, durant mon abseuce. — Mais, dit T'âi-tsoung, durant cette absence, je ne vous ai pas quitté des yeux. Vous n'avez bougé ni le pied ni Ja main. Vous n'aviez aucune arme. 一 Vous n'avez vu que mon corps, dit Wéi-tcheng. Mon âme est partie. Une troupe de gardes célestes lui a présenté un dragon enchainé. Après notification de sa sentence, et de lordre du Ciel m'enjoignant de l’exécuter, d’un coup de glaive à double tranchant, je lui abattis Ja tête, qui tomba des nuages sur la terre, — L'empereur éprouva un sentiment de salisfaction, en constatant combien son ministre était capable.
D'un autre côté, il éprouva un sentiment de regret, parce qu'il avait promis au dragon la vie sauve. Enfin il donna ordre de suspendre la tête au pilori du marché, donna une récompense à Wéitcheng, et renvoya tout le monde. 一 Quand le soir fut venu, il se sentit tout mélancolique. La nuit, il dormit mal.
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‘Vers minuit, le dragon décapité lui ap-
parut, tenant sa tête sanglante. Rendsmoi la vie! criait-il. Tu m'avais promis de me la conserver. Viens, que nous éclaircissions cette affaire, par devant le juge des enfers. Ce disant, il étreignait T'ai-tsoung, muet de frayeur et baigné d’une sueur froide. 一 L’empereur s’éveilla soudain en criant: Il ya des koëi ici! il y a des koëi ici!.. Puis il tomba dans le délire. — Les femmes et les eunuques étaient dans la conster | nation. — Au petit jour, comme d'| coutume, tous les grands officiers arrivérent. Ils attendirent longtemps.
Enfin on leur annonça que, l'empereur étant malade, l'audience était remise à un autre jour. En même temps l'impé-.
ratrice faisait appeler les médecins du palais. Les grands officiers inquiets attendirent leur. sortie pour les questionner. Le pouls de l'empereur est for agité, dirent ces praticiens. Il délire depuis qu’il a vu un koëi. C’est grave.
On verra dans sept jours s'il s'en tire. — Ces paroles de mauvais augure, causérent aux grands officiers une grande frayeur. Un instant après, T'ai-tsousg fit appeler Sû-maokoung, Ts'inn-choupao et Utch'eu-kingtei. Chers fidèles, leur dit-il avec effort, j'ai fait la guerre durant 19 années, sans que jamais personne m'ait fait peur. Mais cette fois j'ai eu affaire à un koëi. — Soyez tranquille, dit Ts'inn-choupao; Ja nui prochaine, Utch’eu-kingtei et moi, nous vous garderons. Ce koëi sera bien osé, s'il s'y frotte. — Merci, dit l'empereur. 一 Quand le soir fut venu, les deux braves prirent la garde du palais,
en grand costume de bataille, tenant, l’un une massue, l’autre une hache. Ils ne virent rien de toute la nuit, et l’em- -pereur repasa parfaitement. Le lendemain T'äi-tsoung remercia les deux braves, el les pria de continuer à lui rendre ce service chaque nuit. Maïs, au bout de quelques jours, il leur dit: Je ne saurais consentir à ce que vous vous fatiguiez de la sorte. Je pense que votre image suffra pour me protéger. —11 donna aussitôt l'ordre de peindre les deux fidèles, tels qu'ils étaient, avec casque et cuirasse, l’un avee sa massue, l'autre avec sa hache. Les deux images furent fixées sur les deux battants de la grande porte du palais. Le calme continua de régner, comme si les deux braves eussent monté la garde en personne. 一 Mais voilà qu'une nuit le koëi découvrit, paraît-il, la porte de derrière du palais. Ce fut un beau vacarme. Les briques s'agitérent, les tuiles volérent, et le reste. Sû-maokoung proposa à l'empereur de confier la garde de cette porte à Wêéi-tcheng.
Depuis lors, elle fut aussi paisible que la porte de devant. — Cependant, malgré ses nuits tranquilles, l’état de l’empereur empirait. Enfin l’impératrice convoqua les hauts dignitaires, pour recevoir ses derniers avis. 1l leur recommanda son fils. Puis on le lava, on l'habilla, et on attendit la fin. — Ace moment, Wéi-tcheng présenta à l’empereur une lettre. Prenez ceci, lui ditil. J'ai aux enfers un ami. Il s'appelle Ts'oëi-kué. 11 fut jadis au service de votre père. Maintenantilest officier inferpal. Nous sommes restés en très bons termes. Remeltez-lui cette lettre. Je pense
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