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serez entendu avec les habitants du monde inférieur, nous vous obéirons. 一 Où les trouver? demanda le souspréfet. — Au fond du puits, répondit:
le peuple. — Qui descendra? — Persun。 ne ne s'offrit. — Or le sous-préfet Liôukang était brave. C'esl mon devoir, ditil, d'exposer ma vie pour le bien de mon peuple. J'irai moi-même. — Le peuple eut beau protester. Le souspréfet fit apporter de longues cordes, s’y altacha, et ordonna qu'on le descendit dans le puits. Son secrétaire Li-sien ayant demaudé à -l'xccompagner, satlacha aussi à une corde, On les descendit Lous deux dans le puits. 一 Jusqu'à cinq toises de profondeur, l'obscurité devint de plus en plus complète. Plus bas, une nouvelle lumiére les éclaira peu à peu, et ils entrérent dans un monde inférieur, avec des villes et des édifices, lout pareils à ceux du.monde supérieur. Seulement Îles corps des habitants ne projetaient pas d'ombres, et pouvaient à volonté s’élever dans l'air. — Bientôt un officier de rang iuférieur aborda Liôu-kang et lui dit: Vous eles mandarin dans le monde supérieur. Que venez-vous fuire ici? — Je viens, dit Liôu-kang, pour demander qu'on remelle à mon peuple l'impôt infernal. — C'est un bon mandarin celui-là, chuchota l'entourage du petit officier. — Pour cela, dit celui-ci à Liôu-kang, il faut vous adresser au juge Pao, qui siège actuellement à son tribunal. — Cela dit, il conduisit Liôukang dans un grand prétoire, et le fit monter à une salle haute, où siégeait un vieillard majestueux, vêtu comme
un roi. Les appariteurs criérent: le sous-préfet de F6ng-tou arrive. Le juge s'avança à sa rencontre, le salua, le fit asseoir à la place d'honneur, puis lui dit: Les mondes supérieur et inférieur sont séparés. Pour quelle affaire êtesvous venu ici? — Liôu-kang se leva, salua, puis dit : Depuis bien des années, dans le district de Fông-tou, les récoltes ont été mauvaises; le peuple est épuisé, et le gouvernement gêné Jui aussi, ne veut pas lui remettre les taxes; comment mon peuple pourrait-il encore payer l'impôt infernal? J'ai exposé ma vie, pour venir ici intercéder pour mon peuple. 一 Le juge Pio dit en riant:
Cet impôt infernal, c’est encore une
. invention de ces stupides bonzes et tào-
cheu. Que d'argent ces gens-là soutirent au peuple, sous prétexte de faire du bien aux morts. Et les morts ne peuvent pas averlir les vivants que tout
. cela ne leur profite pas! Vous êtes un
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mandarin intelligent, qui savez prendre à cœur le bien de votre peuple. Votre . requêle est parfaitement juste. 一 À ce moment un trait de lumière rouge descendit du ciel. Le juge Pao se leva et dit: Le Vainqueur des démons (Koänti) arrive. Veuillez vous retirer pour un instant. 一 Liôu-kang et son secrétaire se retirérent dans un cabinet attenant à la salle. Soudain Koän-ti descendit ‘d'en haut majestueusement. Il était vêtu d’une robe verte, et portait une longue barbe. 11 salua le juge Päo, et lui parla longtemps de choses auxquelles Liôu-kang ne comprit rien. Puis, tout à coup : Je sens ici l’odeur d hommes vivants, dit-il. — Le juge expliqua
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ce qui en était. — Voilà un bon mandarin, dit Koän-ti; je veux le voir. 一 Liôu-kang et son secrétaire furent introduits et saluëérent. 一 Koän-ti les fit asseoir, leur parla trés amicalement, et leur dit que, si les affaires du monde supérieur élaient compliquées, celles du monde inférieur l’étaient bien davantage. 一 Or le secrétaire Li-sien était un homme bardi et iucivil. Soudain il'demanda à Koän-ti: Et Huantei, qu'est-il devenu? — Koän-ti ne répondit pas, mais son visage exprima la colère, et ses cheveux se hérissérent.
Il se leva et prit congé. — Après que le juge l’eut reconduit: Malheureux!
dit-il au secrétaire, tu périras certainement frappé par la foudre; il n'est pas en mon pouvoir de te sauver. Est-il possible que tu.aies osé demander pareille chose, et parler à un ministre de son prince en désignant celui-ci par son nom personnel? — Liôu-kang demanda grâce pour son secrétaire. — Tout ce que je puis faire pour lui, dit le juge, c'est de le faire mourir de mort naturelle avant que la foudre ne Île frappe, et d'empêcher que son corps ae soit réduit en cendres... Et tirant de sa boîte un sceau en jade d'un pied carré de superficie, il ordonna à Li-sien de se découvrir, et le lui appliqua sur le dos... Puis Liôu-kang et Li-sien prirent congé, retournèrent au puits, et se firent remonter dans le monde supérieur. 一 Js n'étaient pas arrivés à la porte méridionale de Fôüng-tou, que Li-sien tomba mort, frappé dapoplexie. On le mit en bière. Peu aprés un orage épouvantable se déchaîna. La
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foudre tomba sur le cercueil, le consuma avec les habits et le reste; mais le corps marqué du sceau du juge in-| fernal, ne fut pas détruit.
Voyez Introduction VI. I. — Cette page est d'un Confucianiste plutôt sceptique. Nous enlen'trons la note contraire. — Ÿ 德 Hudn-tei est le nom personnel de &] ft Lidu-pei empereur 4 烈 党 Tchäo-lie-ti de la petite dynastie des #} 江 Hdn de Chôu, pour lequel Koän-u lutta et périt ( TH pages 975 et 970 ). Koän-u étant maintenant, dans le monde infernal, au-dessus de san ancien maitre, il ne fallait pas lui parler de ce maitre. Il fallait cneore moins appeler familièrement par son nom, celui pour qui Aoän-u s'était dévoué jusqu'à la mort. Péchés mortels contre les rits. — L'âme infé-, rieure est censée résider dans la région lombaire. 一 Etre lué par la foudre, est infamant. 一 Quand un corps est incinéré, l’âme inférieure péril avec lui certainement. De là vient qu’on hrûle les êtres qu'on veut détruire entièrement, vampires el autres.
Sous la dynastie mongole Yuäân, à Ming-tcheou (Ning-p'ouo du Tchéekiang), durant les cinq premiers jours de la première lune, et le quinze de la même lune, le soir on illuminait les rues. À celte occasion, la liberté était grande. Jeunes gens et jeunes. filles sorlaient, pour voir l'illumination. — En l'année këng-tzeu de la période tchéutcheng (1360), la nuit du quinze, un jeune lettré nommé K'iâo, qui venait de perdre sa femme, regardait l'illumination du seuil de sa porte. Il était minuit passé, et la foule diminuait. Soudain le jeune homme vit une bonne, portant une lanterne sur laquelle étaient peintes deux pivoines, qui éclairait les td
d'une jeune fille de.17 à 18 ans, vêtu
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d'un surtout rouge sur une robe bleue.
La jeune fille se dirigeait vers l'Ouest.
Au clair de la lune, le jeune homme vit qu’elle était fort jolie, et son cœur prit feu. Il la suivit d’abord par derriére, puis avança pour Ja considérer par devant. La jeune fille remarqua ce manège. Tournant la tele et souriant au jeune homme, elle lui dit: Que, saus nous l'être promis, nous nous rencoutrions ainsi au clair de la lune, cela n’est pas fortuit .. Le jeune homme la salua et dit: Feriez-vous bien à ma chaumière l'honneur de la visiler?..
Sans répondre, la jeune fille rappela la bonne qui marchait devant. Revenez, Kinn-lien, lui dit-elle; éclairez-nous… Le jeune homme donna la main à la jeune fille, et la conduisit chez lui, très conlent de sa bonne fortune. 11 lui demanda d'où elle était, comment elle s'appelait. Je m'appelle Pôu-lik'ing, ditelle. Mon père était juge à Hoä-tcheou (Koäng-tong). Mes parents sont morts.
Je n'ai pas de frères. Je demeure seule, avec ma bonne Kinn-lien, dans le quartier Hôu-si... Le jeune homme la retint pour la nuit... Elle partit avant l’aube, puis revint le soir, quand la nuit fut tombée... Et ainsi de suile, durant une quiuzaine environ. — Cependant un voisin qui avait remarqué ces allées et venues, épia ce qui se passait, par une fente. A la tueur de la lampe, il vit que la personne qui élait assise à causer avec le K'iâo, avait une lête de mort fardée et poudrée... Très inquiet, dès le lendemain il alla trouver le jeune homme, et lui dit: Si vous continuez, il vous arrivera certainement malheur.
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L'homme vivant est ying, les morts sont |
yinn. Vous passez les nuits avec une morte, sans crainte de vous souiller à Son contact. Elle épuisera votre esprit vital, et vous fnirez misérablement, à la leur de vos années... Le jeune homme effrayé lui dit les références que la ieunue fille lui avait données... Allez les vérifier dès aujourd'hui, lui dit le voisin. — Le jeune homme alla donc aux reuseignements dans le quartier Hôusi. 1] eut beau chercher et interroger, personne ne connaissait Mademoiselle Fôu... Faligué, il entra dans la pagode Hôu-sinn-seu, pour se reposer. Etant allé jusqu'au bout de la galerie latérale
. occidentale, il arriva à une chambre
isolée. La chambre contenait un cer-
cueil, avec cette inscription : Fôu-lik'ing fille du juge Fôu de Hoä-tcheou. Devant le cercueil rendait une lanterne, ornée de deux pivoines. À côlé du cercueil
se tenait debout l’image en papier d’une bonne, avec les deux lettres Kinn-lien.…
A cetle vue, les cheveux du jeune
homme se dressérent sur sa tête, et une sueur froide inenda tout son corps.
Il s'enfuit à toutes jambes, sans regarder en arriére. — N'osant pas passer la nuit chez lui, de peur d'être visité par le spectre, il demanda asile au voisin, Celui-ci lui dit: Les charmes du tao-
cheu Wêéi, de la pagode Yuân-miao- Allez le
koan, sont très puissants.
trouver au plus tôt, pour lui demander secours. — Le lendemain, dés le matin, le jeunc homme alla trouver le taocheu. Avant qu'il eût ouvert la bouche,
celui-ci lui dil: Des effluves de malheur
s'échappent de tous vos pores. Que