‹ Folk-lore chinois moderneChapitre 37 sur 231 · RE) DS · texte numérisé non relu

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Duraut la périvde K'äi-yuan ( 713- 141), Tchéng-ts'iÿing vice-président du tribunal des fonctionnaires, fut eñhvoyé en mission au Heûe-nan. Il devait examiner la conduite des officiers de celle. province, Sa tournée était

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presque achevée, quand il passa à Hoûtcheou. Ja cinq personnes lui apparurent, habillées des cinq couleurs fondamentales. Elles entrèrent dans la salle de réceplion, et saluérent conformément aux rits. Ts'lying leur ayant demandé ce qu'elles voulaient, elles répondirent: Nous sommes les esprits de vos cinq viscéres, — Ts'iying dit:

Alors vous devriez étre cachés dans mon intérieur; pourquoi êtes-vous sortis et m'apparaissez-vous ainsi? 一 Les esprits répondirent: Notre office était de conserver votre souffle vital.

Ce souffle vital étant à bout, nous vous quittons. — Alors, dit Ts'iying, je vais mourir. 一 Oui, dirent les esprits, vous allez inourir. 一 Accordez-moi, dit Ts'iying, Île temps nécessaire pour achever mon rapport et rédiger mon testament. — Soit, dirent les esprits, si vous promettez de vous rendre ensuite dans votre appartement. — Ts'iying servit une collation aux esprits. Ceuxci saluërent et acceptèrent. — Quand il eut achevé ses écritures, Ts'iying se lava, revêtit des habits neufs, Se coucha dans son appartement sur un lit adossé:

au mur de l’Ouest, et expira.

Voyea Introduction IX. 一 Ames des cinq gros Yiscères, petites âmes inférieures, de même nature que la grande âme inférieure ER p'éi. Elles sont d'invention telalivement moderne. C'est le système quinaire qui les fit invetiter, probablement ; voyez TP page 28. Elles jouent un très grand rele dans la pathologie chinoise, naturellement. Elles apparaissent sous forme humaine.

Dans les traités de médecine, on les figure sous des formes animales. ‘

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Le sous-préfet Tchôu-chao de P'ing-yang (Chän-si) ayant terminé le temps de son mandat, fut transféré au Chän-tong. Îl se rendaît, avec toute sa famille, à son nouveau poste. Un soir il descendit dans une auberge, pour ÿ passer la nuit. 1 vit qu'un bâtiment à étage était fermé à clef. Pourquoi cela?

demanda-t-if à l'aabergiste. — Parce que, dit celui-ci, depuis des années un yâo-koai y fait le sabbat. 一 Je vais t'en débarrasser, dit Tchôa-chao. 一 Sa femme eut beau le supplier de ne pas tenter l'aventure. If la fit coucher, avec ses concubiries et ses enfants, dans un autre bâtiment. Pour lui, l'épée au poing, il s'assit, lumières allumées, dans l'appartement hanté. — Vers miouit, quelqu'un frappa et entra. C'était un vieillard à barbe blanche, coiffé d'une toque écarlate. Il salua Tchôochao, qui l’apostropha rudement, en l'appelant yäo-koai. Je ne suis pas ce que vous pensez, dit le vieillard. Je suis.

te génie du lieu. Votre arrivée a suffi pour faire déguerpir les yäo-koai qui infestaient ce lieu. Je suis venu pour tous remercier. Vous m'avez rendu sertice.. Cependant, ajouta-t-il, s'ils retenaient, jouez de l'épée! 一 Tchüuchao le salua et le reconduisit. 一 Bientôt entrerent des êtres au visage noir. Tchôu-chao leur abattit la tête.

D'autres êtres au visage blanc qui suivirent, eurent le même sort. Enfin parut un monstre à la gueule noire et aux longues dents. Tchôu-chao le dépécha de

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même. — À ce moment les coqs chantérent. Tchôu-chao triomphant appela les gens de l’auberge, qui entrérent avec des lanternes. L'appartement était jonché de corps décapités, gisant dans une mare de sang. C'élaient la femme, les concubines, les fils et les filles de Tchôu-chao, tués par lui. — À ce spectacle, il poussa un cri terrible «j'ai été joué par un yâo-koail» et tomba mort.

Voyez Introductjon VHL 一 Le vieillard qui se douna faussement pour de génie du lieu, était le vrai yäokoai. Ï poussa les membres de la famille du mandarin, à aller le voir l’un après l’autre, changea leurs physiono- Jnies ou hallucina Fchôu-chao, &j les fit ainsi égorger. Les tours de cette sorte, sont le passe-temps des ydokoai, êtres fourbes et féroces. 一 L'épée chinoise est à deux franchants, très semblable au glaive romain.

Au Kpäng-si, un certaia Li, assesseur du gouverneur, était extrêmement riche. Il entretenait sept femmes. Il mourut à l'âge de 27 ans. Son vieux et fidéle majordome s'occupa, avec les femmes, des préparatifs ordinaires en cas de deuil et de funéraiMes. 一 Comme ils étaient tous trés affairés, un téo-cheu se présenta, demandant qu’on lui fit l'aumône. — Notre maitre vient de mourir, dit le majordome; je n'ai pas le temps de m'occuper de toi. — Et si j'avais le pouvoir de rappeler son âme”? dit le téo-cheu en souriant. 一 Trés ému, le majordome entra pour avertir ies femmes, puis sortit pour inviter le tâo-cheu. Celui-ci était parti. — Hélas! dirent les femmes, c'était un chénn, nous l'avons offensé. 一

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Le majordome courut aprés lui. Il le retrouva sur la place du marché, lui demanda pardon de sa brusquerie, et le supplia de prendre pilié de leur malheur. — Ce n’est pas, dit le t4ocheu, que je refuse de faire revivre votre maître. Maïs c’est la loi, aux enfers, que, pour obtenir qu'un mort revive, un vivant meure à sa place. J'ai pensé que personne de votre familte ne consentirait à donner sa vie, voilà pourquoi je suis parti. — Veuillez revenir, dit le majordome; nous délibérerons. — Le tao-cheu le suivit. 一 Quaud ils furent revenus à la maison mortuaire, le majordome communiqua aux femmes ce que le tâo-cheu venait de lui dire. La proposilion ne leur plut pas. Elles s'entre-regardérent sans dire mot. — Alors le majordome leur dit:

Je comprends’ pourquoi vous hésitez.

Vous êtes toutes fort jeunes. Moi je suis vieux. Je ne tiens pas à la vie. — Cela dit, il sortit, et demanda au téo-cheu:

Ferais-je l'affaire? — Oui, dit celui-ci, si tu te dévoues de ton plein gré, joyeusement et sans regret. 一 Ces

dit, fit le majordome. 一 Alors, dit |

tâo-cheu, fais tes adieux à tes proches et a tes anis. il me faut trois jours pour faire mes incantalions. Avant le septième jour, elles auront leur effet. — Le majordome établit le téo-cheu dans la maison mortuaire, et le servit avec le plus grand respect. Puis il fit le tour de ses proches et amis, pour leur faire ses adieux. Parmi ceux-ci, les uns l’admirérent, d’autres le plaignirent, d'autres se moquèrent de lui. — Quand il eul fini sa tournée, le bon vieux alla

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au temple de Koän-ti où il avait accoutumé de faire ses dévotions. Il se prosterna et pria en ces termes: Je veux mourir pour mon maître; daignez aider le tâo-cheu à faire revenir son âme! — Il] avait à peine achevé cette priére, qu'un bonze aux pieds nus apparut devant l'autel aux parfums, et lui dit: Prends garde! Des effluves néfastes s’échappent par tous tes pores.

Un grand malheur te menace. Je te Sauverai, mais garde-toi de souffler motf.. Celä dit, le bonzé lui donna un petit paquet enveloppé de papier, en lui disant: Tire ceci de ton sein, au moment crilique... et il disparut aus- Sitôt. — Rentré à la maison, le majordome ouvrit le paquet. Il contenait cinq ongles et une corde. Il le referma et le mit dans son sein. — Quand le troisième jour fut venu, le tâo-cheu ordonna au inajordome de transporter son jit dans la chambre mortuaire, à côté du cercueil de son maitre. Puis il ferma ja porte de celté chambre avec une chaîne de fer, ne laissant. ouvert qu'un trou, par lequel on passerait au reclus aliments ét boisson. Ensuite il s'installa près du gynécée, dressa un pelit autel, et marmotta ses formules. 一 Soudain le majordome sentit comme un coup de vent sortir de dessous son lit. Puis deux nains surgirent de terre.

Ils étaient poilus par tout le corps, avaient de grosses lêles, et des yeux verts étiucelants. . Ils firent ‘plusieurs fois le tour du cercueil, puis se mirent à ronger avec leurs dents les arêtes. du bout antérieur. La planche qui formait ce bout, finit par tomber. Alors les .

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deux diablolins tirerent du cercueil le corps du défunt, encore en parfait état de conservation, et se mirent à lui masser le ventre. Bientôt le défunt recouvra l'usage de la parole. Mais, chose étrange, le majordome remarqua que, si le corps était bien celui de son maitre,

la voix était celle du tâo-cheu. — Ef-

frayé, il se dit: Voilà le moment critique! et il tira de son sein le paquet reçu au temple. Aussilôt les cinq ongles se changéreat en un dragon à cinq griffes, qui saisit le vieux majordome, l'enleva de son lit, le déposa sur une des poutres du plafond, et l’y attacha avec la corde. — Cependant les deux diablotins atderent Je ressuscité à aller au lil du majordome. Quand il constata que ce lit elait vide, le ressuscité s'éeria: l'affaire est manquée! — Vite les deux diablotins cherchérent par tout l'appartement, .oû le majordome pouvait s'être caché, tandis que le ressuscité furieux déchirait les rideaux et les couvertures de son lit. Enfin un des diablotins aperçut le majordome juché sur sa poutre. Il l’indiqua au ressuscité, qui s’éleva dans l'air pour le saisir.

Au moment au il allait l'atteindre, un eoup de foudre formidable éclata. Le majordome tomba à terre. Le ressuscité et les deux diablotins disparurent. Le cercueil se trouva fermé comme auparavant. — Je bruit du tonnerre auira les femmes. Elles ouvrirent la chambre.

Le vieux majordome leur dit ce qu'il

. avait vu. Vite on alla voir ce qu'était

devenu le tao-cheu. On le trouva mort foudroyé devant l’autel où il faisait ses incantations. Sur son corps était tracée,

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