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40. Soinn-kiunncheou de Tch'ängchou (Kiäng-sou),se faisait un jeu d'outrager, à toule occasion, les chènn et les koëi. Un jour qu'il se promenait avec des amis dans la montagne, pris d'un besoin pressant, il s'écarta. Un crâne gisait là. Notre homme trouva plaisant de lui faire tomber ses excréments dans la bouche. Est-ce bon? Jui demanda-tïl... Bon! répondit le crâne, en ouvrant ses mâchoires toutes grandes; bon!
bon!.. Pour le coup Kiänncheou puit ses jambes à son cou. Le crâne le poursuivit en roulant. Arrivé à un pont (en dos d'âne), Kiûnncheou passa. Le crâne ne put pas monter la rampe. De loin, Kiûnncheou le vit retourner, en roulant, à son ancienne place... Il rentra chez lui, pâle et défait, et s’alita malade. Bientôt, pris de frénésie, il prit ses excréments avec les mains, et les dévora, au fur et à mesure, en criant sans cesse, bon! bon! Au bout de trois jours, il mourut.
Voyez Introduction IX. — De toutes les parties du corps, l'âme inférieare s'attache de préférence au crâne, qui est toujours considéré comme un objet extrêmement uéfaste et dangereux. 一 Les ponts chinois sont généralement élevés et à rampe raide. — En règle générale, les fantômes sont censés ne pas pouvoir franchir les obstacles, murs, canaux, fossés, etc. Il y a pourtant des exceptions à cette règle. 一 La mâchoire inférieure se détachant du crâne décharné, je me demande comment
on peut mettre quelque chose dans la bouche d'un crâne. Mais folk-lore et anatomie sont deux choses différentes.
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Un certain Tcheôu originaire de Hâng-tcheou (Tchée-kiang), et son ami Tch'énn, en excursion dans le
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pays de Yâng-tcheon-fou (Kiäng-sou ), s'étaient logés dans la propriété d’un nolable. C'était le commencement de l'automne, mais le temps était encore chaud. Manquant d'air dans l'appartement qu'ils occupaient, les deux jeunes gens avisérent, au fond des jardins, à l'Ouest, une pelite maison isolée, don-
- bant sur les montagnes et proche d'un
élang. IIS y transportérent leurs lits, et passérent plusieurs nuits trés agréables. Un soir qu'ils s'étaient promenés, au Clair de la lune, jusqu'à la deuxième veille, ils rentrèérent dant la maison et venaient de s'étendre sur leurs lits, quand ils enlendirent, sous la véranda, ut bruit de pas, puis une voix qui fredonnait 4ne strophe sur les fleurs du printemps et la lune d'automne. Les deux amis pensérent d'abord que c'élait le propriétaire qui se promenait. Mais ils constatèrent ‘bientôt que la voix n'était pas uke voix d'homme. Ils regarderent par des fentes, el virent une femme adossée à la balustrade de la véranda. $erait-ce une personne de
la famille, que nous ne connaissons
pas ? se demandérent-ils tout bas. 一 Ils regardèrent encore. La femme était
vêlue de robes antiques. — C'est un revenant, dit le Tcheôu. — Elle est
jolie, dit le Tch’énn; et élevant la voix, il demanda: Pourquoi n'entrez-vous pas? 一 Pourquoi ne sortez-vous pas° répondit la femme. 一 Entraîpant le Tcheôu, le Tch'ênn ouvrit la porte et sortit. La femme avait disparu. [ls Pabpelérent. Elle répondit. [ls Ja cherchérent parmi les arbres. Soudain ils vireut une lete :de femme, qui pendalt à un
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saul2. Ils jetèrent tous deux un cri de terreur. La tête se laissa choir, et vint vers eux en bondissant. Ils s’enfuirent à toutes jambes, se réfugiérent dans la maison, et fermèrent la porte. La tête arriva, et heurta contre la porte. Ils appuyèrent de toutes leurs forces, pour la tenir fermée. Alors la tête attaqua le seuil à belles dents. Le bois craquait et s'émiettait sous ses morsures. Enfin les coqs chantérent. Alors elle partit en roulant et en sautant, et alla se jete dans l'étang. — Quand il fit grand jour, les deux amis sortirent, et s'empressérent de changer de logis. Tous deux furent malades de peur durant plus d'un mois.
Voyez Introduction IX. — Ame d’une pendue, dont les ossements avaient été jetés dans l'élang.
A2 et 43
42. Mon cousin Tchäng-houng-ie séjournait à Ts'inn-hoai, dans une maison appartenant à la famille P'an, et bâtie au bo‘d d'un canal. C’élai l'été. Durant la ouit, il sortit de. | maison, vers minuit, pour aller au cabinets. Tout était silencieux, et la clair de lune splendide. Tchäng s'appuya sur la balustrade, au bord dt canal, et admira ce paysage nocturne. Tout à cuup il eutendit ua clapotis.. Il regarda, et vit une tele humaine qui émergeait de l'eau. Ce ne peut pas être un baigneur, à cette heure, se dit-il; el il regarda p'us attentivement. Bientôl il constata que l'être, qui émergeail de
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