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camp. Puis A-ts'i lui enleva les deux bras, et les déposa sur le lit, l'un à droite, l’autre à gauche. Ensuite, le corps élant étendu, A-ts'i défit et disposa de même les membres inférieurs droit et gauche. A ce moment la lampe s'éteignit. — Epouvanté, le marchand s'enfuit dans son cabinet, se coucha, se couvrit les yeux avec ses manches, et ne dormit pas de la nuît. Entre le premier et le second chant du coq, il se sentit de plus en plus pénétré par un froid très vif. Il S’enhardit enfin à découvrir ses yeux. L'’aube blanchissait. 11 était couehé dans un hallter sauvage, en pleine lande. Pas trace, ni d'une habitation, ni d'une tombe. TFransi de froid, il marcha l’espace de troïs stades, et arriva à une auberge, dont on ouvrait justement les portes. Etonné de voir un hôle arriver à une heure aussi matinale, l’'aubergiste lui demanda d'où il venait.
Le marchand lui raconta sen histoire, Vous avez dermi, lui dit l'aubergiste, sur un ancien champ de bataille.
Voyez Introduction XI. 一 St-tchlieou-fou, l'aneienne 5 城 P'éng-tch'eng, fut une place forte importante à toutes les périodes de l'histoire de Chine. Son territoire vit de fréquentes et immenses boucheries | humaines. Voyez par exemple, TH page 316, le récit d'une journée, qui y coula la vie à près de 300 mille hommes, en 205 avant 3.C. — Il s'agit probablement, dans cette histoire, d'un ancien général, lequel, tombé sur le champ de bataille, fut démembré par les soldats avides de toucher la prime promise à qui le tuerait. Voyez les circonstanees de la mort de 项 籍 Hidng-tsie, TH page 380. — Ce fut toujours l'usage des officiers chinois, de se faire servir par de très jeunes gens, pres que des enfants. Voyez TH page 984 en note,
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4. Dans les deux provinces Yünnnan et Koëéi-tcheou, les sciences occul-
tes sont très cultivées. Le grand-juge
du Koëi-tcheou, Féi-yuanloung, se rendait au Yünn-nan. Soudain un certain Tchäng, cavalier de son escorte, poussa un cri et tomba de cheval. Sa jambe gauche avait disparu. Péi comprit qu'un magicien avait fait ce coup.
Il fit afficher une proclamation, promettant grosse récompense à celui qui rendrait sa jambe au Tchäng. Un vieillard se présenta. C'est moi, dit-il, qui
ai puni ainsi ce Tchäng, des excès qu'il
a commis sous le couvert de son maitre... Le Tchäng demanda pardon, et
le supplia de lui rendre sa jambe...
Alors le vieillard tira d'une bourse qui pendait à sa ceinture, une toute petite jambe, grosse à peine comme la patte d'une grenouille. Il souffla dessus, récita une formule, et la jeta au Tchäng, lequel se retrouva instantanément avec deux jambes pareilles, com-
me devant. Le vieillard toucha la récompense promise, et s'en alla. — Mais, me direz-vous, pourquoi le grandjuge Péi-yuanloung ne le fit-il pas appréhender et punir?.. C’est qu'il n'était pas sûr d’en avoir raison. Voici, en effet, ce qu'il avait vu jadis, au Koéi- tcheou. 一 5. Un jeune vaurien avait 人 commis tant de crimes, que ses dossiers + judiciaires formaient une montagne de | papier. Des mandarins. l'avaient fait, à diverses reprises, battre à mort, déca-
| piter, jeter à la riviére. Chaque fois,
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le troisième jour, il était ressuscité, et
avait recommencé, dès le cinquième jour, à commettre de nouveaux crimes.
Enfin le gouverneur de la province exaspéré, le fit de nouveau décapiter.
On jeta sa tête et son corps en des lieux distants l’un de l'autre. Trois jours après, la tete avait rejoint le corps, et notre homme était encore ressuscité. Il ne lui restait, de ses diverses décapitations, qu'un filet rouge autour du cou. Il se remit aussitôt à perpétrer de nouveaux crimes. — Un jour 让 battit sa mère. Mal lui en prit. La vieille alla trouver ie mandarin, lui remit un bocal, et lui dit: Dans ce vase est contenue l'âme supérieure de mon méchant fils.
Quand il se prépare à faire un mauvais coup, il commence par la retirer de son corps, la réconforte, et l’enferme dans ce vase. Ce que le mandarin châtie
ensuite, ce n’est que son corps (informé
par l’âme inférieure). Après le suppli-
ce, son âme supérieure réconfortée,
ranime son corps, et le troisième jour
il ressuscite. Maintenant qu'il m'a batlue, il a comblé la mesure de ses forfaits. Prenez ce vase, brisez-le, mettezle dans un tarare. Quand son âme aura été dissipée par le souffle de la
machine, exécutez son corps, et c'en sera fait de lui. — Le mandarin fit comme la vieille venait de dire. Il dis-
sipa l’âme, et fit assommer le corps...
Le vaurien ne ressuscita pas, et, avant dix jours révolus, son cadavre fut en
pleine décomposition.
Voyez Introduction IX, et TP page 184, — L'âme est sustentée, réconfortée, par certains aliments ( sang ), ou certaines drogues (cinabre). — Une âme supérieure
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forte, peut guérir Le corps, même d’une blessure mortel-
le. Une ame faible, ne peut rien pour lui.
Le bachelier Mä-chealinn de Tch'äng-tcheou (Kiäng-sou) raconte que, dans sa jeunesse, étudiant dans la maison de son père, il habitait à l'étage une chambre, dont la fenêtre donnait sur la terrasse d’un certain Wäng, marchand de chrysanthèmés (terrasse élevée, donnant du jour aux plantes cultivées en pots, et les mettant à l'abri des indiscrets). Un jour, de très bonne heure, alors que l’aube blanchissail à peine, le jeune Mà s'étant levé et aygproché de la fenêtre, pour voir le temps qu'il faisait, vit le Wâng sur sa terrasse, occupé à arroser ses fleurs.
Celui-ci finissait et allait descendre, quand un homme portant deux seaux de purin, vint à passer. Il s'arrêta d’abord, puis, sans déposer sa charge, gravit la rampe qui conduisait à la terrasse, soi-disant pour aider le Wang à arroser. Mécontent, le Wang rebuffa cet intrus malpropre. Celui-ci s'obstina.
Les deux hommes se heurtérent. Comme il avait plu peu auparavant, la rampe était glissante. L'’envahisseur perdit pied, et tomba du haut en bas.
Ses deux seaux lui tombérent sur la poitrine, et le tuerent net. Le Wâng épouvanté, eut la présence d'esprit de ne pas jeter un cri. Il ouvrit la porte de derrière de son habitation, prit le cadavre par les pieds, et le traina au bord de la rivière. Puis il alla prendre
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les deux seaux, les porta près du ca- . davre, rentra, ferma sa porte, et se.
mit au lit. — Quoiqu'il fût encore fort jeune, Mà-cheulinn comprit qu'il valait mieux ne rien dire d’une si grave affaire. Quand le jour fut venu, il entendit crier qu’on avait trouvé un-cadavre au bord de la rivière. On prévint le mandarin, lequel arriva, en grande pompe, vers midi. L'expert n'ayant trouvé sur le cadavre aucune blessure, | conclut qu'il n’y avait pas eu meurtre, mais mort par chute accidentelle. Le mandarin interrogea encore les villageois. Tous dirent qu'ils ne savaient rien. Alors le mandarin fit mettre le cadavre dans une bière qu'il scella, ordonna de rechercher les parents du mort, et s'en alla. — Neuf ans plus tard, Mà-cheulinn âgé de 21 ans, fut reçu bachelier. Son père étant mort laissant la famille dans la gêne, Màcheulinn continua à habiter sa chambrette à l'étage, et vécut de leçons donaées à quelques élèves. L'époque de l'examen triennal des bacheliers approchant, il se levait avant le jour, pour repasser ses classiques. Un matin, comme il ouvrait sa fenêtre, il vil au loin, dans la rue, un homme qui Portait deux seaux, et s’approchait lentement.
Il reconnut le porteur de purin. Très effrayé, le Mà peusa que ce koëi venait évidemment se venger du vieux Wang.
Mais non; le koëi passa devant la porte du Wang, enfla une ruelle, fil encore quelques dizaines de pas, et entra dans la cour d’une famille Li, famille aisée et amie du Mà. Inquiet, celui-ci alla aux informations. A la porte des Li, il
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