‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine (volume 2)Chapitre 12 sur 42 · LEA RER · texte numérisé non relu

LEA RER

Le Jeu du Furet

Des enfants se mettent en rond les poings fermés et, en le cachant, font circuler de main en main un petit caillou. Ils disent :

— Cache bien, p'tit blanc, parce que tu l'as, Cache bien, p'tit blanc, parce que tu l'as.

— P'tit bonhomme, que cherches-tu ?

— Un p'tit blanc que j'ai perdu.

— Sur qui prends-tu ?

Celui qui a été désigné par le sort pour être le furet doit indiquer dans quelle main se trouve le caillou; autrement il donne un objet quelconque en gage. Cet objet ne lui est rendu que contre une pénitence.

Le Jeu du Chat

D'un côté le chat.

D'un autre côté tous les autres enfants qui chantent en mettant le pied sur le terrain qui est la propriété du chat :

— Je suis sur tes terres, Mon petit chat,

Sans ta permission, Mon mignon!

Celui que le chat touche sur son terrain devient chat à son tour.

Pr — J'ai perdu ma brebis, Bir li bi.

— De quelle couleur est-elle?

Bir li bi.

— De la couleur de Saint-Denis, Bir li bi.

— Sur qui?

— Sur cognovi trois fois, — Sur qui?

On nomme un des joueurs et on court après lui en le frappant à coups de varruches (mouchoirs roulés et cordés). ;

*, x *# On dit à une fillette :

— La compagnie vous plaît-elle >

Si elle répond oui, l'enfant qui a fait la question l’embrasse et une autre recommence.

s6 FOLK-LORE DE L’ILLE-ET-VILAINE Si, au contraire, elle répond 107, elle doit choisir une autre jeune fille qui la remplace. Alors à ce moment tous les mouchoirs cordés se lèvent et frappent sur le nouveau chat jusqu'à ce qu'il soit rendu à sa place.

Qui ne connaît ?

Petit peta Qu'embrassera-là ?

Un enfant a la figure cachée sur les genoux de quelqu'un et l’on désigne un objet ou une personne présente en disant :

— Petit peta Qu’embrassera-là ?

S'il ne devine pas immédiatement, il reste à genoux et la tête cachée jusqu'à ce que le hasard ou l'indiscrétion d'un joueur lui fasse découvrir l’objet ou la personne qu'il doit embrasser.

* * *% Colin-Maillard

Quand les garçons jouent à colin-maillard,

et que celui d’entre eux, qui a un bandeau sur les yeux, saisit quelqu'un, il dit :

— J'tiens la pie!

L'un des joueurs répond :

— Sur qui?

Le garçon à la vue bandée doit nommer celui qu'il tient ou lui rendre la liberté.

On ne lui enlève le bandeau que lorsqu'il l'a reconnu et alors ce dernier prend sa place. Les joueurs se sauvent et chantent :

Les gamins du diable, Dans le pot à beurre, Les gamins du diable, Îls ont mis mon chat.

Ou bien encore :

Par chez nous on pêche à la ligne, Faut toujours tirer le filet.

Sainte Catherine Plusieurs garçons marchent en clochant et disent à celui qui remplit le rôle du chat :

— Sainte Catherine, sainte Catherine, dormez-vous ? (b1s).

— Oui, jusqu’à ce que mes enfants soient réveillés.

— Voulez-vous m'en donner un?

— Je vous en ai donné un l’autre jour, qu'en avez-vous fait ?

— Je l'ai mis sur le bord du puits, le loup l’a mangé.

— Fallait courir après.

— J'ai tant couru, tant couru que je me suis cassé une jambe (brs).

— Faut aller au Reboutou.

Le Reboutou ne sait que me faire.

— Faut aller à la Reboutouse.

— La Reboutouée ne sait que me faire.

— Prenez le plus vilain, laissez-moi le plus beau.

Le chat saisit un enfant qui prend sa place, et on recommence toujours en clochant.

La Dragonne. — (Jeu de l'Épingle)

Ah! Madame, venez compter, Et comptez combien nous sommes,

Car nous sommes habitués

De compter à la dragonne:

Tra lala deridera.

Tra lala deridera.

Tra lala deridera.

Trente deux sont-ils par là ?

Cela se dit en chantant. En prononçant chaque mot, on enfonce une épingle dans un carré de papier et il doit y avoir trente deux trous puisqu'on a prononcé trente-deux mots.

S'il y en a plus ou moins, on recommence.

Pr LAN

Le Jeu de la Crosse

En hiver, les pâtous qui gardent leurs troupeaux sur les landes, jouent à la crosse pour se réchauffer. Voici en quoi consiste ce jeu :

Cinq ou six garçons se réunissent et creusent en terre, avec leur eustache, un trou large comme les deux mains, où sont déposés des épingles ou des pois, des centimes ou bien encore des canettes, des châtaignes, des

pommes, etc., c'est-à-dire la mise des joueurs. Puis ils s'éloignent à vingt cinq ou trente pas, et chacun creuse alors, pour soi, un trou plus petit dans lequel il place un caillou rond. Ensuite tous armés d’un bâton terminé par une crosse, cherchent à envoyer d’un seul coup, leur pierre dans le trou du milieu où est placé l’enjeu. Celui qui réussit empoche tout ce qui s’y trouve.

J'ai vu, par un grand froid, dans un pâtis du village de la Boufetière, commune de Pancé: des jeunes gars et des jeunes filles qui, pour se réchauffer, se plaçaient en face les uns des autres et levaient vivement, en les frappant l'un contre l’autre, la main droite et le pied gauche, puis la main gauche et le pied droit, en chantant:

Siperli, siperla, Siperli lanli lanlère, Siperli, siperla, Siperli lanli, lanla !

Enfilons l'aiguille, l'aiguille, Enfilons l'aiguille et le peloton !

On s’aligne par rang de taille en se donnant la main. Les deux plus grands lèvent les bras et ceux de l’autre extrémité de la chaîne se précipitent sous cet arc, en chantant :

Enfilons l'aiguille, l’aiguille, Enfilons l'aiguille et le peloton!

Puis ils reviennent sur leurs pas et recommencent, en faisant en sorte de ne pas briser la chaîne. Ceux qui viennent à se séparer donnent un gage.

Sur les landes de Lohéac, je rencontrai un jour un groupe de petits pâtres qui, pour désigner celui qui poursuivrait les autres, disaient un oranbas, ce que les petittes filles appellent dans les écoles, un ter.

Du bibi, Du bobo, Carafi, Carafo, Du triage, Du coco.

Celui sur lequel le mot & coco » venait à tomber était pris. Alors il criait :

— L'alouette pihuit à mon collet,

Les derniers pris la diront-1 ?

Les autres répondaient en se sauvant:

— Oui. À

Le chat courait après eux, et le dialogue suivant s’engageait entre lui et le premier qu'il arrêtait:

— D'où es-tu?

— De Nantes.

— Où sont-1 tes frères?

— En champ.

—. Îde (aide) ma à les prendre.

Et tous les deux couraient après les autres, et ainsi de suite jusqu'au dernier qui, à son tour, recommençait l'oranbas :

Du bibi, Du bobo, etc.

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