RONDES ET CHANSONS
Dans les faubourgs de Rennes, les petites
filles de trois à quatre ans, dansent la ronde suivante :
Dansons la capucine,
N'y a pas de pain chez nous ;
Y-en a chez la voisine,
Mais ce n’est pas pour nous,
Chou !
Au mot dechou, les fillettes s’accroupissent
et se relèvent aussitôt toutes ensemble, et re- | commencent le même couplet.
Pr Deux enfants se tiennent les mains en les croisant et chantent :
En allant au bois, J'ai perdu mon soulier, Mon sabot, Tourne larigot !
Et ils pivotent de façon que celui de droite passe à gauche.
J'ai des poules à vendre, Des noires et des blanches, Quatre, quatre pour un sou.
Mademoiselle, détournez-vous.
On se tient par la mainet au dernier vers on se détourne.
On chante le même couplet une seconde fois et on termine en disant : ( Retournez-vous ! » a”
J'ai perdu hier au soir,
Le bouquet de ma mie,
Je suis v’nu le chercher,
Au péril de ma vie.
En passant par-devant moi,
Belle bergère, embrasse-moi,
Embrass’, embrass’, embrasse.
Beau cavalier, ne t'fâche pas Si j'embrasse ta mie,
C’est qu’en passant par-devant moi, EI” m'a paru jolie.
Pour te dédommager d’retour, Embrass'la à ton tour.
Embrass’, embrass', embrasse.
* x * Le long de ce p'tit bois charmant, Quand on voit c’la qu'l’on est bien aise;
Le long de ce p'tit bois charmant, Quand on voit c’la qu'I'onest content !
Un'’demoisell’ va s’y promenant, Quand on voit c’la qu'l’on est bien aise; Un’demoisell’va s’y prom'nant,
Quand on voit c’la qu'l'on est content!
Un beau Monsieur va la suivant, Quand on voit c’la qu'l’on est bien aise; Un beau Monsieur va la suivant, Quand on voit c’la qu'l’on est content!
[ls s'asseyent tous deux sur un banc, Quand on voit c'la qu'l’on est bien aise; Ïls s’asseyent tous deux sur un banc, Quand on voit c’la qu’'l’on est content !
Ils se donn'nt un baiser charmant, Quand on voit c’la qu'l’on est bien aise; Ils se donn'nt un baiser charmant, Quand on voit c’la qu'l’on est content !
Ils s’en revienn'nt tous deux des champs, Quand on voit c’la qu'l’on est bien aise; Ils s’en revienn’nt tous deux des champs, Quand on voit c’la qu'l’on est content !
— Qui marierons-nous Par ce jeu d’amourette ?
Qui marierons-nous
Par ce jeu d'amour ?
— Mamz'elle, ce sera vous Par ce jeu d'amourette ; Mamz'elle, ce sera vous Par ce jeu d'amour.
On fait entrer la jeune fille au milieu de la ronde. |
-— Qui choisirez-vous Par ce jeu d'amourette ?
Qui choisirez-vous Par ce jeu d'amour?
— Monsieur, ce sera vous, Par ce jeu d'amourette ; Monsieur ce sera vous,
Par ce jeu d'amour.
— Entrez dans ce rond, Par ce jeu d'amourette ; Entrez dans ce rond,
Par ce jeu d'amour.
Le garçon va rejoindte la jeune fille au milieu de la ronde.
— Mettez-vous à genoux D ?
Par ce jeu d'amourette; ?
Mettez-vous à genoux, Par ce jeu d'amour.
— Faites-vous les yeux doux, Par ce jeu d'amourette ; Faites-vous les yeux doux Par ce jeu d'amour.
— Et confessez-vous, Par ce jeu d'amourette ; Et confessez-vous, Par ce jeu d'amour.
— Et relevez-vous, Par ce jeu d'amourette; Et relevez-vous, Par ce jeu d'amour.
— Puis embrassez-vous, Par ce jeu d’amourette ; Puis embrassez-vous,
Par ce jeu d'amour.
Ne somm's-nous pas cousins cousines, Ne somms’-nous pas cousins fretous ?
— Mad’moiselle, cela s'adresse à vous, Ne somm'’s-nous pas cousins cousines.
Ne somm'’s-nous pas cousins fretous?
— Entrez dans la danse :
Ne somm'’s-nous pas cousins cousines, Ne somm'’s-nous pas cousins fretous ?
— Fait’s la révérence:
Ne somm'’s-nous pas Cousins cousines Ne somm's-nous pas cousins fretous?
— Choisissez qui vous voudrez
Ne somm's-nous pas cousins cousines, Ne somm's-nous pas cousins éretous ?
— Et embrassez-vous |!
Ne somm's-nous pas cousins cousines, Ne somm's-nous pas cousins tretous ?
Pr — Où allez-vous, la mèr’ boiteuse ?
Mir lon fli, mir lon fla.
— Je vais au bois céleste, Mir lon fli, mir lon fla.
-— Quoi faire au bois céleste ?
Mir lon fli, mir lon fla.
— Cueillir la violette,
Mir lon fli, mir lon fla.
— Si vous rencontrez le diable ?
Mir lon fli, mir lon fla.
— Je lui ferai des cornes,
Mir lon fli, mir lon fla.
— Si vous voyez la Vierge ?
Mir lon fli, mir lon fla.
— Je lui ferai trois révérences, Mir lon fli, mir lon fla.
En r'venant de cueillir la violette,
J'ai perdu ma petite fleurette,
En mettant mon pain au four, Vive l'amour !
*X ke % La petite bonne Femme
Il était une fois Un’ petit’ bonn’ femme Qui courait par tout’ la ville À dada sur un bâton ;
Quand ell’ fut éntr’ deux portes
On entendit un coup de canon.
Prout !!!
La petit’ bonn' femme
Eut si grand peur
Qu'ell’ fit caca
Dans ses jupons ;
Vous aurez du rôti
Et d'la soupe à l'oignon.
C'est un’ petit’ chanson De morue et de poisson.
Mite, mite, La v'là dite, Moute, moute, La v'là toute.
Quand Margoton va seulette, EIl' ne m'aime plus r'lu tu tu ;
La petite follette, Rit de ma chansonnette,
Tous mes soins sont superflus, R'lu tutu, r'lu tu tu.
La personne qui chante ce couplet est au milieu des joueurs et en chantant, elle imite, par gestes, un instrumentiste quelconque.
Or, comme au commencement du jeu tout le monde a dû choisir un instrument, celui ou
celle qui ne se le rappelle pas ou bien qui, par distraction, ne regarde pas la personne qui chante et ne fait pas comme elle, donne un
gage.