X *X 8° LA COMMUNION
La communion est l'acte le plus important de la période de l’enfance.
Pendant les trois jours de retraite qui précèdent la communion, chaque soir, à l'issue du dernier office à l’église, on renvoie d’abord les filles, puis vingt minutes après les garçons.
Chaque groupe s’en va en récitant le chapelet. L'un des enfants dit la prière et tous les autres répondent en chœur.
Lorsqu'un garçon ou une fille arrive à sa demeure, ou au chemin qui v conduit, il quitte
la bande sans rien dire et sans que les autres interrompent leurs prières.
Le matin, après la messe de sept heures, le midi, et à la collation de quatre heures, les garçons s’en vont manger chez l’instituteur et les filles chez les religieuses.
Ceux qui appartiennent à des familles à l'aise apportent des vivres dans un panier.
Les pauvres, eux, sont nourris au moyen des dons en nature et en argent,— le plus souvent en nature,— faits par les habitants de la commune.
L’instituteur laïque ou religieux conduit les garçons à l'église pendant tout le temps de la retraite, les surveille et les promène dans la campagne aux heures de récréation.
Les religieuses de leur côté en font autant.
Un peu avant la communion a lieu le classement des enfants à l’église par le -vicaire qui a fait le catéchisme.
Les premières places sont, pour les mères, un sujet d’orgueil et un sujet de chagrin pour celles dont les enfants sont ignorants.
Le vicaire à-la campagne, n'est récompensé de ses peines pour avoir fait le catéchisme
toute l’année, que par les cierges que portent les enfants le jour de la communion et qui lui appartiennent de droit.
On a vu autrefois des mères mécontentes de voir leurs enfants mal placés, les faire rapporter leurs cierges chez eux. C'est alors que la mésure fut prise que les cierges une fois entrés dans l'église n’en sortiraient plus.
Je me souviens que dans mon village, des enfants n'ayant pas le moyen d’avoir un cierge, en fabriquaient avec une chandelle emmanchée au bout d’un bâton. Le tout était recouvert de papier blanc avec des frisures.
Les pauvres diables qui portaient ces chandelles étaient tout aussi fiers que les autres.
Les premiers du catéchisme ont généralement de très gros cierges, ce qui fait dire qu'on donne toujours les meilleures places aux enfants riches.
Les parrains et marraines des communiants font cadeau à leurs filleuls, les uns du cierge, les autres d’un livre, d’un chapelet ou d’un souvenir quelconque.
La veille de la communion, les enfants, lorsqu'ils viennent de recevoir l’absolution,
vont se mettre à genoux devant leurs parents et leur demandent leur bénédiction.
- [y a deux croix, une blanche pour les filles et une rouge pour les garçons. Elles ont toutes les deux quatre longs rubans de la couleur de la croix.
Ces croix sont généralement en tarlatane garnie de fleurs artificielles rouges ou blanches.
Si les deux premiers du catéchisme (garçon et fille) sont riches, ce sont eux qui habillent la croix, qui la sortent de l'église et la portent assez longtemps avant de la passer aux autres dans l'ordre du classement. Les huit premiers ont ordinairement cet honneur.
Les autres énfants tiennent les rubans.
Ces croix sont de nouveau portées aux processions des Fêtes-Dieu et de l’Assomption.
A la communion suivante, elles sont remplacées par de nouvelles, et les fleurs sont distribuées comme souvenirs par les donateurs à leurs amis et aux autres enfants de la
communion.
À Bourg-Barré, le premier garçon et la première fille du catéchisme habillent leurs croix; mais le deuxième achète le ruban de droite et le troisième le ruban de gauche.
Lorsque la croix est détruite, les fleurs sont conservées, à titre de souvenir, sous des verrines comme les bouquets des mariées.
Ce sont les premiers du catéchisme qui, seuls, ont le droit de porter la croix, mais par complaisance ils la cèdent à leurs camarades.
Le jour dela communion, dans quelques communes, les communiants, le clergé, le bas-chœur, se rendent, avant la messe, au presbytère, croix et bannière en tête, chercher le prédicateur de la retraite, qui doit dire la messe et faire les sermons d'usage.
RÉRBRERÉRRS