Qu'elle le désire; qu’elle cherche à laccaparer
Dans la commune du Pertre est une chapelle dédiée à saint Léonard, le protecteur des amoureux qui viennent le prier d'exaucer leur vœu le plus cher.
Voici le récit de deux mariages, — non pas dans le peuple, mais dans le grand monde, — que l’on attribue à l'intervention de saint Léonard :
Il y a trente ans environ, une demoiselle*** avait connu à l'île Maurice un jeune officier de marine, M. de B*** qui, sans s’en douter, avait ravi son cœur. De retour en France, la pauvre jeune fille pensait toujours au bel officier, désespérant de ne plus le revoir, ignorant même le pays où il se trouvait.
Un jour qu'elle faisait ses confidences à l'une de ses amies, chez laquelle elle était venue passer quelques jours en Bretagne, celle-ci lui parla de saint Léonard et de la puissance qui lui était attribuée, lui conseillant d'aller à la chapelle du Pertre en pèlerinage, et lui proposant même de l’accompagner. Toutes les deux s'y rendirent et prièrent ardemment saint Léonard d’exaucer
leur vœu.
Ily avait à peine huit jours que M"° *** était de retour à Paris, lorsqu'elle rencontra M. de B**, On renouvela connaissance, des visites furent échangées entre les deux familles, une demande en mariage fut faite et la noce eut lieu. Depuis cette époque, M”° de B***, dont le mari est actuellement capitaine de vaisseau, envoie chaque année un cadeau à la chapelle de Saint-Léonard.
Voici le second récit:
M. P***, aujourd’hui procureur général en retraite, dont la famille habita longtemps les environs de Rennes, avait, étant substitut dans une petite ville, demandé la main d’une demoiselle H***, qui devait être une riche héritière,
Malheureusement pour lui, le jeune magistrat n'avait pas de fortune et, pour ce motif, se vit refuser la main de celle qu'il aimait, et dont il était aimé.
Les parents emmenèrent leur fille en voyage pour la distraire. ;
Deux années s’écoulèrent et M. P*** revint en Bretagne, dans l'arrondissement de Vitré,
où 1l entendit vanter les miracles de saint Léonard.
Il n'avait pas oublié M"* H*** et, entraîné, lui aussi, par des dames amies de sa famille, alla en pèlerinage à la chapelle du Pertre.
Presque aussitôt il reçut une lettre, datée de Nice, dans laquelle M. H*** lui annonçait qu'en présence de l’état de santé de sa fille qui pensait toujours à lui, il le priait, s’il était encore dans l'intention de l’épouser, d'aller les rejoindre immédiatement.
M. P*** partit aussitôt; mais quel ne fut pas son désespoir en retrouvant celle qu'il avait connue si belle, si fraîche, aujourd’hui pâle, amaigrie et pouvant à peine se soutenir ! I] n’y avait pas d'illusion à se faire, la mort était proche. M'"° H***, de son côté, ne se dissimulait pas qu’elle n'avait plus que peu de jours à vivre. Mais avant de quitter ce monde, elle appela celui qu'elle aimait toujours et lui fit promettre, — ce qui d’ailleurs s’est réalisé, — qu'il épouserait sa sœur un peu plus jeune qu'elle.
La pauvre mourante voulut ainsi que les deux êtres qui lui étaient chers fussent unis
DE LA VIE À LA MORT 107 RU Le PR MERE à EF RE RE M ASE par ses soins, et peut-être espéra-t-elle ainsi
n'être pas oubliée.
Les Chansons des Amours
Ah ! revenez, revenez, revenez.
Il est venu hier au soir,
Trois galants me demander (bts).
Ma mère était en colère,
Les a tous trois renvoyés.
— ÂAh!revenez, revenez, revenez, Ma mère a dit que vous m'auriez.
Ma mère était en colère,
Les a tous trois renvoyés (bis).
Moi, j'étais encor’ jeunette,
Je me suis mise à pleurer.
— Ah! revenez, revenez, revenez,
Ma mère a dit que vous m’auriez.
Moi, j'étais encor’ jeunette, « Je me suis mise à pleurer (bzs).
— Qu'as-tu donc, petite sotte ?
Qu'’as-tu donc à tant pleurer ?
— Ah! revenez, revenez, revenez, Ma mère a dit que vous m'auriez.
— Qu'as-tu donc, petite sotte?
: x AUS Qu'as-tu donc à tant pleurer (bis)?
— Ce sont mes galants, ma mère, Que vouz avez renvoyés.
— Ah ! revenez, revenez, revenez, Ma mère a dit que vous m'auriez.
— Ce sont mes galants, ma mère, Que vous avez renvoyés (brs).
— Va-t'en donc, petite sotte, Va-t'en donc les rappeler.
— Ah! revenez, revenez, revenez, Ma mère a dit que vous m'auriez.
— Va-t'en donc, petite sotte, Va-t’en donc les rappeler (bzs).
J'ai monté sur une butte
Et me suis mise à crier :
— Ah! revenez, revenez, revenez, Ma mère a dit que vous m'auriez.
J'ai monté sur une butte Et me suis mise à crier (bts).
Le plus beau, le plus aimable,
Est revenu le premier.
— Ah! revenez, revenez, revenez, Ma mère a dit que vous m'’auriez.
Le plus beau, le plus aimable,
Est revenu le premier (bis).
Il a embrassé ma mère,
Et moi par-dessus l’marché!
— Ah! revenez, revenez, revenez, Ma mère a dit que vous m'auriez.
(Bain de Bretagne.)
L'A louette
Tout bon valet qui sert son maître, Ne fait pas l'amour quand il veut ; Quand il veut aller voir sa belle, Faut demander congé à deux :
— Mon maître et aussi ma maîtresse, Vous plairaît-il que j'irais voir
Ma mienne amie en cette nuit ?
Le maître et aussi la maîtresse, Son congé ils /z ont donné.
Tout dret à la porte à sa belle, Trois petits coups s’en va frapper.
— Ah! dormez-vous, réveillez-vous, P'tit cœur joyeux, Voici venu à votre porte Votre amoureux.
N'ont point été deux heur's ensemble, L’alouette a chanté le jour.
— N'entends-tu pas sa voix qui tremble, Annoncer la fin desamours?
— Belle alouett’, belle alouette,
Jete maudis; Ce n'est pas là le point du jour,
C’est le minuit!
(Redon.)
Le Tur lu tu tu
En m'en allant sous la coudrette, Le long de ces tur lu tu tu, Le long de ces lanla de lirette, Le long de ces verts prés.
Dans mon chemin, j'ai fait rencontre, D'une jeune tur lu tu tu, D'une jeune lanla de lirette, D'une jeune beauté.
Et je me suis approché d'elle, C'était pour l’em tur lu tu tu, C'était pour l'em lanla de lirette,
C'était pour l’embrasser !
Elle attira sa quenouillette, C'était pour m'en tur lu tu tu, C'était pour m'en lanla de lirette, C'était pour m'en frapper.
— Tout doux, tout doux, ma jeune fille, Je suis votre tur lu tu tu, Je suis votre lan la de lirette, Je suis votre berger.
— Les bergers de notre village Ne sont point si tur lu tu tu, Ne sont point si lanla de lirette,
Ne sont point si osés!
Ils ont des flût’s dans leur pochette, C'est pour nous fair’ tur Ju tu tu, C’est pour nous fair’ lanla de lirette, C’est pour nous faire danser !
Dansez, dansez, les jeunes filles, Quand vous êt's en tur lu tu tu, Quand vous êt’s en lanla de lirette,
Quand vous êt's fill’s à marier!
Car, quand vous serez en ménage Vous aurez des tur lu tu tu, Vous aurez des lanla de lirette, Vous aurez des enfants gâtés!
L’un vous dira: — Je veux à boire, L'autre voudra tur lu tu tu, L'autre voudra lanla de lirette, L'autre voudra... manger!
(Le Grand-Fougeray.)
La Veuve qui veut se remarier
En revenant de Nantes, Mignon de la goguett’ tout doux,
. Cheminant vers Paris, Landeri, landera, landeri, Cheminant vers Paris (bts).
J'ai rencontré trois dames, Mignon de la goguett’ tout doux, Qui chantaient à loisir,
Landeri, landera, Janderi, Qui chantaient à loisir (bzs).
EIl’s m'ont demandé : — Belle, Mignon de la goguett’ tout doux, Que n'chantez-vous aussi ?
Landeri, landera, landeri1, Que n'chantez-vous aussi (brs)?
FE
— Comment donc chanterais-je ?
Mignon de la goguett’ toyt doux, J'ai perdu mon mari, Landeri, landera, landeri, J'ai perdu mon mari (b#s).
Il eut les grand’s coliques,
Mignon de la goguett’ tout doux,
114 FOLK-LORE DE L'ILLE-ET-VILAINE Et la migraine aussi.
Landeri, landera, landeri, Et la migraine aussi (bis).
Il fut trois mois malade, Mignon de la goguett’ tout doux.
Il en est mort... tant pis!
Landeri, landera, landeri, Il en est mort... tant pis (bis)!
Et v'là qu'j en cherche un autre, Mignon de la goguett’ tout doux, Pour calmer mes soucis, Landeri, landera, landeri, Pour calmer mes soucis (brs).
— Les bons maris sont rares.
Mignon de la goguett’ tout doux, Par tous ces pays-ci, Landeri, landera, landeri, Par tous ces pays-c1 (bis).
— J'en voudrais un commode, Mignon de la goguett’ tout doux,
Pas mal riche et jour, Landeri, landera, landeri, Pas mal riche et Jouli (brs).
Qui m'fit porter la bourse, Mignon de la goguett’ tout doux, Et la culotte aussi !
Landeri, landera, landeri,
Et la culotte aussi (bzs)!
Qui n’but point trop d'chopines, Mignon de la goguett’ tout doux, Ren qu’en nout’ compagnie, Landeri, landera, landeri,
Ren qu'en nout’ compagnie (brs).
Qui n’battit point sa femme, Mignon de la goguett’ tout doux, Comm nout’ défunt mari, Landeri, landera, landeri, Comm nout’ défunt mari (brs).
Dites-ma donc, les filles, Mignon de la goguett’ tout doux,
Y'en a-t-il par ici ? Landeri, landera, landeri, Y'en a-t-1l par ici (bzs) ?
J'entends votre réponse :
Mignon de la goguett tout doux, Ma foi non, que nenni,
Landeri, landera, landeri, Ma foi non, que nenni (bis)!
(Janzé.)
Perrine la Brailleuse
Ma Perrine se lève, La tra la la li dera lon la, Ma Perrine se lève Trois heures avant le jour (fer).
EI prend sa quenouillette, La tra la la li dera lon la,
EI prend sa quenouillette Et s’y met à filer (ter).
Au troisièm’ tour qu'elle file, La tra la la li dera lon la, Au troisièm' tour qu’elle file, Elle s’y mit à braïller (ter).
— Ne braille pas, ma fille, La tra la la li dera lon la, Ne braille pas, ma fille, Car je t’y marierai (fer).
Avec le fils d’un prince,
. La tra la la li dera lon la,