Désormais
J'te plant'rat là, je m'en irai, J'entends la perdrix dans les blés, Je m'en irai au bois jouer.
— Entends-tu, Michaud ? Ho!
— J'entends la caille,
Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.
Je m'en irai au bois jouer,
J'entends la perdrix dans les blés.
Apprendre aux garçons à danser, — Entends-tu, Michaud ? Ho!
— J'entends la caille, Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.
Apprendre aux garçons à danser, J'entends la perdrix dans les blés ; Chanter, danser, c’est mon métier.
— Entends-tu, Michaud ? Ho!
— J'entends la caille.
Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.
Variante aux deux derniers couplets :
Avec de bons gars sabotiers, J'entends la perdrix dans les blés, Hs m'apprendront, j'leur apprendrai, — Entends-tu, Michaud? Ho!
— J'entends la taille,
Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.
Ils m'apprendront, j'leur apprendrai, J'entends la perdrix dans les blés, Le jeu de cart's, celui de dés.
— Entends-tu, Michaud >? Ho!
— J'entends la caille,
Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.
(Pléchâtel.) *# *k * La Bergère et le Chasseur
L’autre jour dans la plaine, En gardant mes moutons, Je rêvais en moi-même, Chantant une chanson (bts).
J'entends un bruit de chasse, Tout près dedans ces bois ; Je vois un équipage S'avançant devers moi (bzs).
— Eh ! bonjour ma bergère, Me dit un jeun’ chasseur, N'appréhend’ pas, ma chère, Je ferai ton bonheur (bis).
N'as-tu pas vu la chasse, Qui est là dans ces bois?
Dis-moi par où l’on passe Pour voir le rendez-vous (bis) ?
— Oh ! lui dit la bergère, Votr’ chemin n'est pas loin, Mon seigneur, à votr’ droite, C'est le plus court sentier (bzs).
— Que ta beauté m’enchante, Me dit-il en riant ;
Tu es belle et charmante.
D'auoi vis-tu, belle enfant (bis) ?
Vivrais-tu comme un’ reine,
Pain blanc, bécass's, perdrix?
— Mon seigneur, rien n'vous gêne, Que d’mandez-vous ainsi (brs)?
Du pain bis et des pommes,
La soup' au lard seul’ment,
Les fill’s, les femm'’s, les hommes, Ne vivent pas autrement (bzs).
— Pour boisson, ma bergère, Bois-tu de l’hypocras,
Du vin blanc de Tonnerre, Le matin l’chocolat (bis) ?
— De l’eau de cett’ fontaine, Mon seigneur, que voilà,
Nous est cent fois plus saine, Que tout’s ces drogues-là (bzs).
Fallut que je m'approche,
Il voulut m'embrasser,
Mit la main dans sa poche, Pour me récompenser (bis).
Cent louis d’or me donne,
En me disant bonsoir ;
Prends soin de ta personne,
Je viendrai te revoir (bzs).
(Bain-de-Bretagne.)
Mariez-mot, ma petite maman
— Mariez-moi, ma p'tit’ maman, J'aurai bientôt seize ans.
Il me faudrait un mari, Qui soit bien joli, qui soit bien gentil, Qui serait toujours complaisant Pour moi, ma chèr’ maman.
— © ma fille, ne m'en parle pas, Tu me casses les bras; Tuas l'air trop éveallée, Pour t'y marier, pour t'y marier!
Ah ! change vit’ de sentiment, Car tu n'es qu'une enfant.
— Un beau garçon vient tous les jours,
Me raconter ses amours,
Moi j lui cont’ les mienn’s aussi, C'est mon favori, c'est mon favori !
Oui je l’aurai pour mon époux, En dépit des jaloux.
— © ma fille, n'm’en parle pas, Tes parents n’voudront pas.
Quand ton papa saura cela,
Il t'y frappera, il t’y frappera !
Et pour en finir au plus court, Faut le quitter ce jour.
— Ma foi, non, je ne quitt'rai pas Un amant plein d'appas.
Il a pour moi d'l’amitié, Ma foi je l'aurai, ma foi je l'aurai!
Il est jéune et rempli d'honneur, Il posséd’'ra mon cœur.
(Langon.) Oh ! non, n'm'en parlez pas
— Ma fille, il faut vous marier, Vous avez bientôt vingt ans d'âge.
— Ma mère, est-c'que vous y pensez De me mettre dans le ménage ?
Oh ! non, n’m'en parlez pas,
Du mariag', du mariage,
Oh! non, n'm'’en parlez pas,
Du mariag”, car j’n’en veux pas!
Ma mère, souvenez-vous-en, Que mon père était en colère, Et qu'il vous menaçait souvent De vous jeter par la fenêtre.
Oh! non, n'm'en parlez pas,
Du mariag’, du mariage,
Oh ! non, n'm'’en parlez pas,
Du mariag’, car j'n'en veux pas!
Ma mèr’, rappelez-vous le fait, Que mon père était en colère, Vous ramassiez votre bonnet, Vous essuyant les yeux, ma mère.
Oh ! non, n'm'en parlez pas,
Du mariag’, du mariage,
Oh ! non, n’m'en parlez pas,
Du mariag”, car j'n'en veux pas.
(Bain-de-Bretagne.)