‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine (volume 2)Chapitre 23 sur 42 · Désormais · texte numérisé non relu

Désormais

J'te plant'rat là, je m'en irai, J'entends la perdrix dans les blés, Je m'en irai au bois jouer.

— Entends-tu, Michaud ? Ho!

— J'entends la caille,

Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.

Je m'en irai au bois jouer,

J'entends la perdrix dans les blés.

Apprendre aux garçons à danser, — Entends-tu, Michaud ? Ho!

— J'entends la caille, Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.

Apprendre aux garçons à danser, J'entends la perdrix dans les blés ; Chanter, danser, c’est mon métier.

— Entends-tu, Michaud ? Ho!

— J'entends la caille.

Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.

Variante aux deux derniers couplets :

Avec de bons gars sabotiers, J'entends la perdrix dans les blés, Hs m'apprendront, j'leur apprendrai, — Entends-tu, Michaud? Ho!

— J'entends la taille,

Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.

Ils m'apprendront, j'leur apprendrai, J'entends la perdrix dans les blés, Le jeu de cart's, celui de dés.

— Entends-tu, Michaud >? Ho!

— J'entends la caille,

Parmi la paille, J'entends la perdrix dans les blés.

(Pléchâtel.) *# *k * La Bergère et le Chasseur

L’autre jour dans la plaine, En gardant mes moutons, Je rêvais en moi-même, Chantant une chanson (bts).

J'entends un bruit de chasse, Tout près dedans ces bois ; Je vois un équipage S'avançant devers moi (bzs).

— Eh ! bonjour ma bergère, Me dit un jeun’ chasseur, N'appréhend’ pas, ma chère, Je ferai ton bonheur (bis).

N'as-tu pas vu la chasse, Qui est là dans ces bois?

Dis-moi par où l’on passe Pour voir le rendez-vous (bis) ?

— Oh ! lui dit la bergère, Votr’ chemin n'est pas loin, Mon seigneur, à votr’ droite, C'est le plus court sentier (bzs).

— Que ta beauté m’enchante, Me dit-il en riant ;

Tu es belle et charmante.

D'auoi vis-tu, belle enfant (bis) ?

Vivrais-tu comme un’ reine,

Pain blanc, bécass's, perdrix?

— Mon seigneur, rien n'vous gêne, Que d’mandez-vous ainsi (brs)?

Du pain bis et des pommes,

La soup' au lard seul’ment,

Les fill’s, les femm'’s, les hommes, Ne vivent pas autrement (bzs).

— Pour boisson, ma bergère, Bois-tu de l’hypocras,

Du vin blanc de Tonnerre, Le matin l’chocolat (bis) ?

— De l’eau de cett’ fontaine, Mon seigneur, que voilà,

Nous est cent fois plus saine, Que tout’s ces drogues-là (bzs).

Fallut que je m'approche,

Il voulut m'embrasser,

Mit la main dans sa poche, Pour me récompenser (bis).

Cent louis d’or me donne,

En me disant bonsoir ;

Prends soin de ta personne,

Je viendrai te revoir (bzs).

(Bain-de-Bretagne.)

Mariez-mot, ma petite maman

— Mariez-moi, ma p'tit’ maman, J'aurai bientôt seize ans.

Il me faudrait un mari, Qui soit bien joli, qui soit bien gentil, Qui serait toujours complaisant Pour moi, ma chèr’ maman.

— © ma fille, ne m'en parle pas, Tu me casses les bras; Tuas l'air trop éveallée, Pour t'y marier, pour t'y marier!

Ah ! change vit’ de sentiment, Car tu n'es qu'une enfant.

— Un beau garçon vient tous les jours,

Me raconter ses amours,

Moi j lui cont’ les mienn’s aussi, C'est mon favori, c'est mon favori !

Oui je l’aurai pour mon époux, En dépit des jaloux.

— © ma fille, n'm’en parle pas, Tes parents n’voudront pas.

Quand ton papa saura cela,

Il t'y frappera, il t’y frappera !

Et pour en finir au plus court, Faut le quitter ce jour.

— Ma foi, non, je ne quitt'rai pas Un amant plein d'appas.

Il a pour moi d'l’amitié, Ma foi je l'aurai, ma foi je l'aurai!

Il est jéune et rempli d'honneur, Il posséd’'ra mon cœur.

(Langon.) Oh ! non, n'm'en parlez pas

— Ma fille, il faut vous marier, Vous avez bientôt vingt ans d'âge.

— Ma mère, est-c'que vous y pensez De me mettre dans le ménage ?

Oh ! non, n’m'en parlez pas,

Du mariag', du mariage,

Oh! non, n'm'’en parlez pas,

Du mariag”, car j’n’en veux pas!

Ma mère, souvenez-vous-en, Que mon père était en colère, Et qu'il vous menaçait souvent De vous jeter par la fenêtre.

Oh! non, n'm'en parlez pas,

Du mariag’, du mariage,

Oh ! non, n'm'’en parlez pas,

Du mariag’, car j'n'en veux pas!

Ma mèr’, rappelez-vous le fait, Que mon père était en colère, Vous ramassiez votre bonnet, Vous essuyant les yeux, ma mère.

Oh ! non, n'm'en parlez pas,

Du mariag’, du mariage,

Oh ! non, n’m'en parlez pas,

Du mariag”, car j'n'en veux pas.

(Bain-de-Bretagne.)

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