I. Épingles
— Madam’ la mariée, Voulez-vous vous en v'nir Au logis d'chez votr’ père, D'où vous avez quitté?
Vous serez ramenée
De grande compagnie,
Comme à venir ici.
— Oh! non, oh! non, les filles, Je ne m'en irai point ; Ménage il me faut prendre, Aujourd'hui, sans attendre, On me l’a commandé.
Oh! non, oh! non, les filles, Je ne m'en irai point.
S'il faisait clair de lune, J'écrirais o ma plume,
En vous disant adieu.
% x % Le lendemain matin, on porte, dans le pot de chambre neuf qui a été acheté par l’un des
invités, et conservé par lui jusqu'à ce moment, la rôtie de la mariée.
Ce sont des morceaux de pain grillé, enfilés jes uns aux autres et trempant dans du vin chaud.
Après qu'on alongtemps frappé à la porte des nouveaux époux, le marié se décide à aller ouvrir et la noce fait irruption dans la chambre.
On porte dans le lit des mariés la rôtie qu'ils sont obligés de manger et de boire devant tout le monde, et sans couper le fil qui retient les morceaux de pain.
Cette coutume fort génante pour la mariée à laquelle on fait toutes sortes de plaisanteries grossières sur sa nuit de noce, disparaît presque partout.
Les invités, parents et amis de la mariée chantent en s’en allant :
— Quand il faut quitter tout ce qu’on aime, Le cœur ne peut jamais y consentir.
Ah! Ah! Ah? c'est aujourd'hui même.
Qu'il nous faut partir.
Le marié en riant :
— Partez quand vous voudrez; Mais pour moi je demeure, Ah ! si jamais j'en pleure, Sera quand vous r'viendrez.
La mariée, paraissant en colère au milieu des siens :
— Sans dout’ je partirai, Sans verser une larme ; Croyez-vous que vos charmes M'engag'raient à rester?
Le marié:
— Partez quand vous voudrez.
Mais il court après elle et la ramène à la maison.
À Bruz, autrefois, lorsqu'une noce durait plusieurs jours, la mariée était emmenée chaque soir coucher chez des parents ou des voisins, et elle n’appartenait réellement à son mari que lorsque la fête était complètement terminée.