‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine (volume 2)Chapitre 41 sur 42 · HU · texte numérisé non relu

HU

À la place qu'occupait jadis la redoutable forteresse des barons de Châteaubriant, dans la forêt de Teillay, où séjourna Gilles de Bretagne, et qui servit de refuge à l’infortunée duchesse Constance de Bretagne poursuivie par les Anglais, s'élève aujourd’hui une petite chapelle dédiée à saint Eustache.

Aux fêtes de Saint-Jean et de la Pentecôte de nombreux pèlerins s’y rendent pour la guérison de toutes sortes de maladies, de là le dicton :

« Saint Eustache, Qui de tous maux détache. »

Lorsqu'on suit l’ancienne route de Tremblay à Bazouges-la-Pérouse, on arrive sur une lande aride et inculte de laquelle on aperçoit, à droite, l'embouchure du Couesnon et le Mont-Saint-Michel en entier, puis à gauche, dans le lointain, Sens et son joli clocher.

À une lieue de là, est une côte rapide qui dévale jusqu'au vieux château du Pontavice sur le bord du Couesnon. En descendant cette côte,

on rencontre une petite chapelle dédiée à saint Aubin, et qui est dans le pays l’objet de la légende suivante :

Au temps jadis,une fille de Mézaubin ayant trouvé la statue du saint dans une grande épine blanche, l’emporta chez elle. Le lendemain matin, grande fut sa surprisede ne plusla retrouver à la place où elle l'avait mise la veille.

Repassant plus tard dans le champ de Saint- Aubin, elle fut encore plus étonnée d’apercevoir la statue dans les branches de l’arbre.

La pieuse fille vit là un avertissement du ciel et dépensa tout ce qu'elle possédait pour construire la petite chapelle que l’on voit encore aujourd'hui.

On raconte aussi qu'un garçon de ferme du village du Pontavice, étant un jour à herser du guéret dans le champ de la statue, s’empara de celle-ci et la plaça sur sa herse qu'il trouvait trop légère pour écraser les mottes de terre. |

La chaleur était excessive, et le vent chassait la poussière du champ. Le paysan facétieux ditau saint: ( Ferme les yeux, Aubin, la poussière t'aveugle. »

Il n'eut pas plutôt prononcé ces paroles irrévérencieuses qu'il sentit une vive douleur aux yeux. Bientôt il cessa de voir et mourut quelque temps après dans d’atroces souffrances.

On va de nos jours en pèlerinage à Saint- Aubin pour la guérison des fièvres intermittentes causées dans ce pays par les nombreux marais qui s’y trouvent.

Sur la lisière de la forêt de Paimpont est une petite commune du Morbihan appelée Tréhorenteuc. J'ai vu dans l’église de ce village une énorme statue de bois, grossièrement faite, qui représente sainte Onenna, fille du roi breton Hoël III, couchée sur le dos, atteinte d’hydropisie.

Les personnes affectées de cette maladie, — qu'on appelle l’enfle dans le pays, — viennent de très loin en pèlerinage à Sainte-Onenna.

Page 1