‹ Folk-lore de l'Ille-et-VilaineChapitre 14 sur 51 · Voulu · texte numérisé non relu

Voulu

Le Tour de Lait

Une fille de la commune de Saint-Senoux, fut à confesse à son curé et s'accusa d'avoir pris un tour de lit.

— Il faut le rendre, mon enfant, lui dit le prètre.

— Je n'ose le porter.

— S'il en est ainsi, apportez-le-moi au presbytère, et je ferai la restitution.

— Je vous remercie bien; ce sera un grand service me rendre. Je vous le porterai demain.

De retour chez lui le curé dit à sa servante : « Une fille doit m'apporter un objet que je ne connais pas. Si je ne suis pas là, vous ne regarderez pas ce que c’est et vous le monterez dans ma chambre. »

Dès Ie lendemain matin, pendant que le curé disait sa messe, la fille se rendit au presbytère et remit à la domestique un panier fermé pour M. le Curé.

Lorsque celui-ci rentra, sa chambrière lui

dit : & J'ai porté dans votre appartement un

panier très lourd qu'une jeune fille m'a remis pour vous. )

Le naïf pasteur alla ouvrir le panier et découvrit, devinez quoi? Un enfant nouveau-né.

Il comprit alors seulement ce que c'était qu’un tour de lit.

Le dimanche suivant, il dit en chaire : «Les filles qui auront pris des tours de lit sont priées de les garder chez elles et de ne plus les apporter au presbytère. »

(Conté par Fine Daniel, de Bruz.) * * * Le Lièvre à M. le Curé

Un malin paysan vit un jour un lièvre qui se sauva à son approche,

— Va-t'en chez M. le Curé, lui cria le bonhomme.

Quelques jours après, il rencontra le prêtre et lui dit: — Je vous ai envoyé un lièvre.

— Ah! merci mon ami, ça se trouve à merveille, j'ai des amis qui viennent me voir, et je les régalerai.

Quand il rentra au presbytère il dit à sa servante en se frottant les mains :

— Ah! Gertrude, bonne affaire, bonne affaire, nous avons un lièvre.

— Comment! un lièvre? Où est-il ?

— Tu n'as pas reçu un lièvre?

— Non assurément.

— Ah! le père Gicquel s'est moqué de moi.

À quelque temps de là, le curé vit le paysan et lui fit des reproches.

Dame! monsieur le curé, j'ai vu un lièvre comme je vous vois et je lui ai dit d'aller au presbytère,mais l'animal est peut-être bien un hérétique qui a eu peur de vous.

[Conté par Jean Jumel, de Bain.)

Un gars de Bourg-Barré s’en alla à confesse, et déclara qu'il avait embrassé une fille.

— Pour ta pénitence, lui dit le curé, tu diras neuf chapelets.

— C'est beaucoup, répondit le gars; ne pourrais-je en faire dire la moitié par un ami?

— Oui, tu peux le faire.

— Eh bien! monsieur le curé, vous qui sans cesse répétez que vous êtes mon meilleur ami, dites-en donc les trois quarts.

Et le gars sortit précipitamment du confessionnal.

(Conté par Anne-Marie Turpin, de Bourg-Barré.)

* x * Le bounet' de Pierre

Une bonne femme de Goven avait été invitée à une noce, et elle se faisait une joie d’y aller.

Son homme mourut subitement, et l’enterrement fut fixé précisément le jour de la noce.

Qu'on juge du double chagrin de la bonne femme.

Elle aimait tout de même ben son défunt Pierre, car, quand il fut mort, elle se mit àsangloter en montrant le trou qui se trouve dans la muraille de la ruelle du lit, et qui sert or-

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