Grosse filasse
vieillard : elle est surtout très faible et il faudrait lui donner des œufs dans son bouillon. » |
— Oui, monsieur le guérissou, j'l1 donnerons du bouillon d'œufs.
Quand le médecin fut parti, le vieil avare mit des œufs à bouillir, les mangea et fit boire l’eau à la malade.
La pauvre vieille à un pareil régime ne tarda pas à s'en aller dans le royaume des taupes, au grand contentement de l’avare qui regrettait jusqu'à l'eau qu'il donnait à sa malheureuse femme.
(Conté par Fine Daniel, de Bruz.)
* %k *% L'Extréme-Onction
Une femme voyant son mari près de trépasser appela ses enfants près du lit de leur père, et craignant que celui-ci vint à mourir sans avoir reçu les derniers sacrements se chargea elle-même de l’administrer.
Elle terminait l'opération lorsque le ministre de Dieu arriva.
— Dame! monsieur l'curé, dit-elle, v's'ar- ? 1
rivez trop tard, j'ons fait l'ouvrage motmême.
— Mais ma brave femme, cela n'appartient
qu'au prêtre de donner l’Extrême-Onction.
Comment avez-vous fait ?
— J'ons pris un bouchon de filasse o de l'huile, et 7'ons prononcé ces paroles en lui
frottant les extrémités :
«D’mandez pardon au bon Jélu, vilaine bête, de tout c'que vos foutus yeux ont vu et qui n'devaient pas va. )
« D'mandez pardon au bon Jélu, vilaine bête, de tout c'que vos foutues oreilles ont entendu et qu’elles ne devaient pas entendre. »
& D'mandez pardon au bon Jélu, vilaine bête, de tout c'que vot’ foutue bouche a juré après ma. )
« D'mandez pardon au bon Jélu, vilaine bête, de tout c'que vos foutues mains ont bité et qu’elles ne devaient point biter. »
« Demandez pardon au bon Jélu, vilaine bête, de tout c'que vos foutus pieds m'ont donné d’coups dans le derre. »
« Après ça jli di: Raïdis les jarrets, écale' les orteils, fous le camp, et n’nous regrette pas
pu que je n'te regrettons. »
(Conté par Constant Tual, couturier à Bain.)