‹ Folk-lore de l'Ille-et-VilaineChapitre 44 sur 51 · CRE ES · texte numérisé non relu

CRE ES

ment, dépose sur ces couvercles une couche de graisse qui a la propriété de guérir les coliques. On fait chauffer ce couvercle au feu et on l’applique sur le ventre du malade.

La galette d'avoine, chaude, produit aussi un soulagement.

D’autres, pour la colique, avalent des grains de plomb.

Quand la colique est compliquée de diarrhée, on fait bouillir de l'herbe appelée Renouée (Polygonum aviculare), et l’on boit cette tisane après l'avoir sucrée.

Constipation. — Les tisanes de chicorée sauvage et de racines de pivoine purgent, et font beaucoup de bien quand on va difficilement à la selle.

Convulsions. — Quand un enfant a des convulsions on fait un fumeur lui lancer la fumée de sa pipe dans le nez.

Coqueluche. — Pour faire passer la coqueluche, il faut boire, le matin, à jeun, un verre de lait de jument, frais tiré. :

Autre remède : Faire bouillir des amandes

de noix de choc (grosses noix), ou des amandes de noisettes d’Espagne, dans du lait doux, et boire cette tisane.

Cors aux pieds. — II y a plusieurs médicaments :

Le vert de porée (poireau), appliqué sur les cors doit les faire disparaître.

L’ail pilé, les feuilles de joubarbe (Sempervivum tectorum), écrasées et mises dans du

vinaigre, produisent le même effet.

Tous les soirs, en se couchant, se frotter les cors avec les doigts mouillés de sa salive, et prendre un bain de pieds d’eau salée de temps à autre. Au bout de quelques temps les durillons des cors s’enlèvent sans difficulté.

Coupures. — Mettre sur les coupures du tabac à priser pour arrêter le sang.

On emploie aussi, dans le même but, des toiles d'araignées arrachées sur les meules des moulins.

Quand les coupures sont profondes, on applique dessus les pétales de la fleur du lis conservés dans du cognac.

À Bruz, on met des feuilles de géranium, ou la seconde écorce du genêt, sur les coupures qu'on enveloppe ensuite de toiles d'arairaignées.

Lorsqu'un charpentier se fait une blessure avec l’un de ses instruments, il pulvérise du tripoli noir ou du schiste de même couleur, dont il se sert pour son métier, et il applique cette poudre sur la plaie.

À Saint-Sulpice-des-Landes, on appelle herbe Saint-Joseph le plantain, connu des botanistes sous le nom de Plantaoo lanceolata.

Voici ce que les habitants de cette commune racontent :

Saint Joseph, le charpentier, s'étant coupé le pied avec sa hache, se servit de cette plante qui, à cette époque, n'existait que dans un champ de la Judée.

Les Juifs, pour l'empêcher de se guérir, résolurent de détruire l'herbe Saint-Joseph Ils fauchèrent la terre sous la racine croyant ainsi couper celle-ci. Or, comme la racine est plutôt traçante que pivotante, ils ne lui firent aucun mal et furent tout surpris de la voir

pousser avec plus de vigueur lorsque la terre fut remuée.

Le Plantago lanceolata est aussi appelé herbe à cing coutures. Ses feuilles cicatrisent promptement les coupures légères.

Croup. — Entourer le cou de l'enfant d’un cataplasme de fiente d’oie, mélangée d'’ache (Apium graveolens), de poivre blanc et de vinaigre de vin blanc.

Dartres.— Piler, avec du gros sel, la plante connue de tout le monde, l’Éclaire, herbe à suc jaune et fétide (Chelidonium mayjus), et en faire un emplâtre que l’on applique sur la dartre.

D'autres frottent les dartres avec la crasse qui se trouve dans le gros sel, et que l’on appelle de la merde de sel.

Dents. — Pour les maux de dents et les maux de tête, il faut faire bouillir de la graine de foin et se tenir la tête le plus longtemps possible sur la vapeur qui s’en échappe. Ensuite on s'enveloppe la tête pour conserver la chaleur.

On fait également des fumigations avec du lierre.

À Bruz, pour les maux de dents, on fait bouillir des pierres blanches, c’est-à-dire du quartz dans du vinaigre, et le malade ouvre la bouche sur la vapeur de ce singulier remède.

Si l’on veut faire mourir et tomber une dent creuse, on met dedans un grain d’encens. La dent se fend et tombe en morceaux sans occasionner la moindre douleur.

On calme aussi les maux de dents en se frottant le derrière de l'oreille avec la sève de la flanouette (petite euphorbe des jardins), qui produit l'effet d’un vésicatoire.

Enfin, la racine d’asperge, appliquée sur une dent malade, permet de l’arracher sans souffrance.

Douleurs. — Dans le canton sud-ouest de Rennes, les habitants des campagnes, pour guérir les douleurs, se servent d'une plante qu'ils appellent le paissa, parce que son fruit se paisse, autrement dit, se colle aux vêtements. C’est le Lappa major des botanistes.

On fait pâmer (flétrir) les feuilles de cette

plante sur la tuile à galette; ensuite elles sont frottées de saindoux et appliquées, très chaudes, sur les membres malades.

Dysenterie. — Boire de la tisane d’infusion de Renouée (Polygonum aviculare).

Eczéma. — On connaît trois remèdes pour la guérison de cette maladie.

1° Onguent fait avec de la suie, mélangée à de la graisse d’andouille. La suiedoit être prise dans une cheminée où l’on ne brûle quedubois.

2° Bouillir de la suie avec le lait qui s'échappe de la baratte, lorsqu'on bat le beurre, et faire de cela un cataplasme.

3° Ou bien, enfin, appliquer tout simplement sur la partie malade, du seneçon (Senecio vulgaris).

Engelures. — Pelez des châtaignes, faitesles cuire dans de l’eau, écrasez-les et faites-en un cataplasme chaud que vous appliquerez sur les engelures.

Enrouement. — Pour un enrouement, boire le matin, à jeun, un verre d’eau que l’on vient de tirer du puits.

Épilepsie. — Quand un épileptique a une crise, 1l faut, pour la faire cesser, lui ouvrir la main gauche et la serrer fortement.

On fait boire aux enfants épileptiques de la tisane de racines de pivoine et de pyrèthre.

Épines dans les doigts. — S'appliquer à l'endroit où est la piqûre, de la gème de cordonnier (lisez de la poix). Dès le lendemain,on trouve l’épine sortie du doigt et collée à la poix.

Érysipèle. — Avec la fleur du suc (sureau:

Sambucus nigra) on guérit les érysipèles. Il suffit de se faire à la tête des fumigations, et de s’appliquer sur la partie malade des cataplasmes de la fleur qui a servi aux fumigations.

La lentille d'eau (Lemna minor) est employée de la même façon et produit le même résultat que la fleur du sureau.

Eternuements. — Pour faire cesser les éternuements, il suffit de regarder fixement une

lumière pendant quelques secondes.

Évanouissements. — Plonger la main de la personne évanouie dans de l’eau très froide.

Ce moyen est également employé pour les saignements de nez.

Fluxion au visage. — Mettre sur la partie malade une couenne de lard que l'on doit

garder jusqu'à ce que l’enflure disparaisse.

Fièvre. — Faire infuser dans du vin blanc, des feuilles de bois à la bête (Troène : Ligustrum vuloare), ou bien encore la seconde pelure de l'écorce du saule.

On met aussi à sécher, après l'avoir bien nettoyée,la peau intérieure du gésier d’un poulet. La pulvériser après avoir enlevé le sable qu'elle renferme généralement, et la mettre dans du vin blanc que l’on boit comme tisane.

Gerçures. — Pour ce qu’on appelle le hâle des lèvres, du nez et des mains, on emploie comme onguent le beurre sortant de la baratte et à peine formé.

Gorge. — On guérit les maux de gorge en buvant du vieux cidre très chaud, dans lequel on a mis du beurre à fondre.

Outre le remède indiqué pour l’angine,il y a encore les suivants pour les diverses inflammations de la gorge :

Faire bouillir quelques feuilles de laurierpalme dans du lait doux sucré, et en boire un verre, chaque soir en se couchant, et cela, jusqu'à complète guérison.

D’autres font cuire des pommes de terre:

dans les cendres du foyer, les écrasent et en font des cataplasmes qu’elles semettent sur la gorge.

Hémorragies. — Les feuilles et les tiges:

pilées de l’ortie sont employées en cataplasmes. pour les hémorragies et les plaies de peu d'importance.

Hémorroïdes. — Voici trois remèdes recueillis chez trois reboutous de campagne :

Le père Rigaud, de Sion, qui a une grande réputation comme guérissou, engage les personnes qui ont des hémorroïdes, à mettre dans un petit sachet de toile les racines des tétines de chattes (c’est la renoncule printanière appelée Ficaire (Ficaria ranunculoïdes), et à attacher ce sachet à leur chemise, au bas des reins.

Le nommé Gruel, autre guérissou, de Bruz, indique le remède suivant :

Bien laver, bien nettoyer à l’eau courante les tubercules de la ciguë qu'il appelle l'Ébène ou bien encore Pain frais (c'est l'Œnanthe crocata). Les écraser et les faire bouillir avec du saindoux, à petit feu, sur la braise, dans un pot neuf en grosse terre. La pommade qui en résulte est appliquée sur la partie malade. La guérison est radicale.

La mère Chevalier, de Bain, composait la pommade suivante qui, au dire de tousceux qui s'en sont servi, est un remède souverain pour

les hémorroïdes :

Elle écrasait des feuilles de joubarbe (Sem-

bervivum tectorum), les pressait dans un linge et le suc quien sortait était mélangé à du saindoux, qu'elle faisait fondre au bainmarie.

Hoquet. — Allonger le bras droit, et regarder fixement le creux de la main à moitié fermée.

Luette.— À Bain. la luette est appelée la Cahuette. Quand cet appendice cesse de fonction-

ner librement on s'adresse à une bonne femme qui sait relever la cahuette. Elle saisit, avec le pouce et l'index, à un endroit précis de la tête, une gousse de cheveux ; elle tire dessus et la cahuette se trouverelevée.

Membres (dislocation). — Les bains chauds, dans lésquels on fait un lit de feuilles d’osier franc, sont excellents pour la dislocation des membres.

Nez. — Il y a trente-six moyens d’arrêter les saignements de nez. Voici les principaux :

Prendre deux feuilles de grande pervenche (Vinca major), les rouler comme une cigarette, se les mettre dans la bouche, les mâcher et, quand il ne reste plus que les fibres, les cracher.

Le saignement de nez cesse aussitôt (remède du père Rigaud, reboutou à Sion).

Écraser les feuilles tendres du sommet de l’ortie, et, avec les doigts, en former des boulettes qu'on introduit dans les narines du malade.

L'hémorragie cesse aussitôt. Souvent l'o-

deur seule de la bouillie d’orties suffit pour arrêter le saignement de nez.

(Remède du père Gruel, de Bruz.)

Les bonnes femmes font provision, à l’automne, d'une poussière brunâtre qui se trouve dans le champignon connu vulgairement sous le nom de vesse-de-loup. Quand un enfant a une hémorragie nasale on lui bourre le nez de cette poussière, et l’hémorragie est arrêtée.

Autres remèdes :

Se mettre au palais et sous la langue des petits ronds de papier découpé.

Ou bien serrer le petit doigt de la main gauche avec force.

Enfin, si les deux moyens ci-dessus ne réussissent pas, ficeler tous les doigts en serrant fortement.

Œil. — Lorsqu'on a sur la paupière un petit furoncle appelé Compère-Loriot ou orgelet, il faut s'appliquer, le soir, sur l'œil, une tranche de veau non cuite. On l’y maintient au moyen d’un foulard toute la nuit.

A Bain, on appelle les orgelets des Chien-

nes. Pour les faire disparaître on se contente de passer dessus une alliance en or.

Pour les ophtalmies, on se baigne les yeux, avec de l’eau chaude dans laquelle on a fait bouillir des feuilles de plantain aux oiseaux (Plantago major).

Quand les petits enfants ont mal aux yeux, les nourrices leur font couler de leur lait dans les yeux.

Voici maintenant les remèdes du père Gruel, de Bruz :

On attache une bouteille à une vigne, lorsque celle-ci est en sève. On coupe un bourgeon au-dessus du goulot, de façon à ce que la sève puisse couler à l'intérieur du flacon. On se lave ensuite les yeux avec ce liquide.

Pour avoir la vue claire, il faut promener sur les paupières un œuf de poule, frais pondu et encore chaud.

Ou bien encore :

Se frotter les yeux, au printemps, avec les pleurs de la vigne.

Faire bouillir du mouron rouge (Anagallis

centunculus), dans du lait et se laver les yeux avec cette tisane.

Se frotter les yeux avec des caillebottes, trempant dans du lait doux, pour faire sortir le mauvais sang.

Lorsqu'on a les yeux injectés de sang, pour le faire disparaître il faut aller cueillir l'herbe à Robert (Geranium Robertianum).

On pile la tige de cette plante mélangée à du gros sel et on l’applique en cataplasme, pendant la nuit, sur le poignet du bras opposé à l’œ1l malade. Ce remède doit être fait trois soirs de suite.

Pour enlever un grain de poussière de l'œil, on fait entrer les cils de la paupière inférieure sous la paupière supérieure, et l’on recommence l'opération en sens inverse.

Oreilles. — Pour les maux d'oreilles, on emploie une sorte d’huile renfermée dans une loupe qui croît sur les rameaux de l'ormeau au printemps.

Il suffit, pour se procurer cette huile, de fendre la loupe et de recueillir, dans une cuil-

ET

lère, le liquide qui en découle et qu'on verse dans l'oreille.

On met aussi des ronces et des branches de frêne à brûler, et la sève qui s’échappe, par l'extrémité de ces branches, est recueillie et employée comme il vient d’être dit.

Panaris,— qu'on appelleaussi Tourneurs.— On met le doigt malade dans un œuf frais, et on l'y maintient jusqu'à ce que l'œuf soit cuit au point d’être dur.

D'autres fois, on trempe le doigt dans du bouillon gras très chaud. On le retire promptement pour recommencer un instant après.

Puis on applique, sur le doigt, un onguent froid composé de résine, de savon de Marseille, de crème de lait (une cuillerée à bouche de chaque chose), que l'on a fait bouillir ensemble.

On se sert aussi d’une plante appelée l’h:rondelle (Umbilicus pendulinus), que l’on fait bouillir avec de la mie de pain et de la graisse. Ce cataplasme est mis sur le doigt pour le faire pourrir.

Pertes chez les femmes. — Il faut cueillir

sur les églantiers des haies les excroissances moussues causées par des piqûres d’insectes, les écraser et en faire des cataplasmes qui sont appliqués sur les reins des malades.

Piqüres d'insectes. — Les bonnes femmes de nos campagnes prétendent que l’on porte sur soi le remède qui doit guérir nos maladies. Aussi lorsqu'elles sont piquées par des moustiques, recouvrent-elles l'endroit piqué avec de la saleté qu'elles prennent dans leurs oreilles.

Piqüres d'épines ou d’épingles. — Les blessures résultant des piqûres d’épines ou d'épingles se guérissent avec un onguent dont voici la recette :

Piler une poignée d'herbe Saint-Jean (lierre terrestre : Glechoma hederacea), et le liquide qui en provient est mélangé avec du saindoux, du beurre et de la résine (gros comme une noisette de chacun de ces ingrédients).

Le tout est placé sur un feu doux pour obtenir l’onguent.

Plaies et Blessures. — Pour la guérison

des plaies, il faut faire bouillir des feuilles de molène (Verbascum Schraderi) et de mauve (Malva sylvestris) avec une poignée de son.

On lave la plaie avec l’eau obtenue, et on “applique ensuite, dessus,un cataplasme de ces herbes.

Ïl faut renouveler chaque jour ce remède,

usqu’à guérison complète.

Point de côté. — Pour le faire disparaître, il est nécessaire d'appliquer sur le côté malade, une galette d'avoine chaude dans laquelle on a mis un blanc d'œuf.

Reins, Rhumatismes, Douleurs. — Se fustiger les reins avec des orties.

I existe à Pluvigner, dans le Morbihan, une chapelle appelée Notre-Dame-des-Orties qui est un lieu de pèlerinage pour les gens affectés de rhumatismes et de douleurs. Ils cueillent des poignées d’orties et se fustigent entre eux sur les parties malades, soit au pardon même autour de la chapelle, soit de retour chez eux.

Pour les douleurs serrer (cueillir) des feuilles de bouleaux, les mettre dans un four au moment où l’on vient de retirer le pain. Lors-

qu'elles sont très chaudes, s’en couvriret s’envelopper d'une couverture de façon à beaucoup transpirer.

Pour guérir les rhumatismes. il faut dormir sur un lit de fougères.

Quand quelqu'un est atteint de douleurs aux jotntures, il va trouver des personnes dans la campagne qui ont la spécialité de couper les hunes (nom donné à cette maladie), c'est-à-dire de faire des incisions aux articulations, aux genoux, aux coudes, aux doigts.

Cette opération assez douloureuse ne réussit pas toujours, et même estropie quelquefois les malheureux assez naïfs pour la subir.

À la Croix-Madame, dans la commune de:

Bruz, une femme Patard s’est fait opérer il ya quelques années par une fermière de Baulon.

Les feuilles du plantain des oiseaux (P/antago major) cousues à l'intérieur des gilets de flanelle ou des chemises, à la condition qu’elles soient en contact avec la peau, guérissent aussi les rhumatismes.

Rétention d'urine. — Faire bouillir des pa-

riétaires, boire cette tisane, et mettre la plante bouillie en cataplasmes sur le ventre.

Rhume. — Faire infuser des fleurs de mau- -ves,ou faire bouillir de la racine de chiendent, et boire ces remèdes.

Boire du lait doux dans lequel on a fait bouillir des feuilles de la petite fougère appelée capillaire (Asplenium trichomanes).

Ou bien encore faire la tisane suivante :

Mettre de l’avoine à bouillir, jeter la première eau et mettreen même temps que la seconde eau de l'herbe Saint-Jean (Glechoma hederacea).

Rousseurs. — On fait disparaître les taches de rousseurs de la manière suivante:

On met une galette de blé noir, très chaude, dans une assiette, et l’on se frotte la figure avec les quelques goutelettes d’eau qu'elle laisse après elle et qu'on appelle La sueur de galette.

Autre remède :

Se frotter la figure avec le jus des feuilles et des fleurs de la primevère appelée coucou écrasées dans un mortier (Primula officinalis).

Sang. — Pour purifier le sang, il faut, au printemps, piler les herbes suivantes : Raygrass, persil, cerfeuil, cresson, oseille, fumeterre. Passer ,à travers un linge, le jus qu’elles produisent, auquel on ajoute un peu d’eau, et en boire un verre, chaque matin à son réveil, et cela pendant neuf jours.

D'autres, pour rafraîchir le sang, emploient un autre remède :

Ils cueillent, toujours au printemps, des racines de parelles (Rumex crispus). de pissenlits, de paissart (Galium). Le tout est mis dans une terrine pouvant contenir deux litres d'eau. On fait bouillir jusqu'à ce qu'il nereste d'eau que jusqu’à la moitié du vase.

Boire un bol de cette tisane tous les matins à jeun.

On dit qu'en absorbant une chopine de ce liquide on renouvelle une chopine de sang.

On croit aussi par ce moyen éviter les coups de sang.

Lorsque Îles femmes ont un retard, elles mettent du persil à bouillir pour en faire des cataplasmes qu'elles s'appliquent sur le ventre.

À Janzé, quand une personne croit avoir un coup de sang, elle fait en sorte de se procurer une taupe vivante, elle la saigne et avec le sang qu'elle a soin de recueillir, elle se frotte la partie malade.

Sang meurtri. — Dans le canton de Bain, où le sang meurtri est appelé; mu, on a de nombreux remèdes pour guérir ces plaies causées par suite de coups et de chutes. Voici les plus usités :

On pile des verveines sauvages (Verbena officinalis) et du gros sel, pour faire un cataplasme ; ou bien encore on étend sur de la filasse un blanc d'œuf et une sorte de lichen qu'on appelle crapaudine.

Ces divers cataplasmes ont la propriété de faire disparaître promptement le sang extravasé.

Scrophules. — Cataplasmes d'oseille et de plantain.

Sueurs nocturnes.— On fait cesser les sueurs nocturnes en se mettant au cou, le soir en se couchant, un sac renfermant des oignons de colchique.

Téte (Maux de). — Voir maux de dents.

Teigne. — Un sorcier de ma connaissance prétend avoir guéri de la teigne des enfants qu'on lui a confiés, et affirme qu'à l'heure actuelle ils ont des chevelures superbes après avoir eu la tête nue comme un genou.

Voici comment il opère :

Il écrase dans du lait caillé de la joubarbe et la seconde écorce de la racine de sureau. Il y ajoute un morceau de tabac en carotte, sans être écrasé (pour trois sous par demi-litre). Le tout doit tremper pendant une nuit.

Ensuite, soir et matin, il lave la tête de l'enfant avec du savon noir, et la recouvre de sa pommade.

Après quelques mois de traitement, la guérison est complète.

Varices et Ulcères. — 30 grammes de cire; 30 grammes d'huile d'olive ; 15 grammes de résine. Faire bouillir le tout ensemble. Étendre légèrement cette pommade sur unetoile, laisser refroidir et appliquer sur le mal. Changer, au début, cet emplâtre deux fois par jour, et après huit jours une fois seulement. Il n’y a pas

de meilleur onguent pour les ulcères, existeraient-ils depuis dix ans.

Venin (morsure de reptiles). — Lorsqu'on a été mordu par une vipère, si l’on peut s’emparer de la bête et lui écraser la tête sur la morsure qu'elle a faite, la guérison s'opère aussitôt.

Mordu par un vin (c’est ainsi qu’on désigne tous les reptiles), l’on a beau être guéri, chaque année, à l’époque de l’accident,on éprouve un malaise et souvent une enflure survient.

Verrues. — Frotter les verrues, le matin à jeun, avec des feuilles de blé noir ou avec le suc de la tige de l’éclaire (Chelidonium mayjus).

Ou bien encore :

Les mordre le matin à jeun.

Les frotter avec le lait blanc de la figue, ou bien avec des limaçons rouges sans coques ; avec le suc de la tige de l’omblette (petite Euphorbe qui croît au milieu des mauvaises herbes des jardins) ; avec des pommes à cidre coupées par morceaux. Plus ces fruits sont acides, meilleurs ils sont ; avec la guenille qui a nettoyé le four à cuire le pain.

On assure que le dernier remède de la guenille est infaillible.

Vers. — Quand les petits enfants ont des vers,on leur fait boire dulait doux dans lequel on a mis de la suie.

D'autres fois, on les fait coucher sur des balins de fougères mâles (paillasse remplie de feuilles de fougères (Polystichum Filix Mas).

% *x % 3° LES AVÈNEMENTS"!

Un jour que Marie Niobé, du village du Canée en Paimpont, était allée scier du grain, après avoir laissé mourante, à l’agonie, une de ses amies, — la petite Rose Chouan, — et qu’elle désespérait de la revoir vivante, elle l’'aperçut assise sur une pierre au coin du champ où elle était à travailler.

Marie s’écria aussitôt : (« Comment! Rose, toi si malade, tu es venue jusqu'ici, est-ce raisonnable ? Veux-tu bien t'en aller! »

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