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On appelle avènements les pronostics de la mort

Au même instant, sa faucille vint à lui échapper des mains. Elle se baissa pour la prendre et lorsqu'elle se releva, il n'y avait plus rien, la vision avait disparu.

Un pressentiment la saisit, elle eut peur et retourna en toute hâte au village où elle apprit que son amie était morte, au moment même où elle l'avait aperçue sur la pierre.

(Conté par Marie Niobé elle-même.)

En 1806, une jeune fille de vingt ans, Marie Quinton, se mourait de la poitrine, à la Croix- Madame, dans la commune de Bruz.

L'une de ses amies, Marie Patard, allait la voir souvent, et un soir qu’elle revenait de lui porter un peu de ragoût, elle aperçut au-dessus d’un vivier, près duquel elle passait, un cierge qui s'allongeait d'une façon démesurée et qui montait vers le ciel.

— Ah! s'écria Marie Patard, ma pauvre amie va mourir! Et elle se sauva effrayée.

Ayant raconté sa vision à la mère de la malade, celle-ci fut assez imprudente pour dire à

sa fille : « Marie Patard a vu ton avènement. » — Alors, c'est inutile de me soigner, dit la pauvreenfant, car je vais mourir. Et, en effet, quelques jours après, son âme quittait la terre.

(Conté par Marie Patard, de Bruz, âgée de 24 ans.)

Un lundi, de bon matin, une jeune fille de Bruz, nommée Victoire Bazile, qui s'était gagée pour faire la métive du côté de Chavagne, s’en allait à sa journée.

La Vilaine était au cours, et elle se dit:

« Si je pouvais traverser la rivière à gué, je serais bien plus vite rendue. » Elle se trouvait à ce moment au bas du bois de Cicé, en face le lieu de Fond, en Chavagne.

Elle entra dans l'eau sansécouter les conseils d'une femme qui passait par là,et qui lui cria: «Ne t'aventure pas dans la rivière, elle est, à cet endroit, pleine de caves que cachent les nénuphars, tu vas te noyer. )

Rien ne put arrêter la jeune imprudente qui s’avança dans les herbes.

La femme, elle, continua son chemin pendant dix minutes environ, lorsque tout à coup elle entendit : ( À moi, au secours, je me noie. » Elle revint au galop sur ses pas, mais malgré toute sa diligence elle arriva trop tard : Elle aperçut au milieu des herbes une robe qui, hélas ! ne recouvrait plus qu’un cadavre.

Une amie de la morte, Joséphine Daniel, de Bruz, avait entendu son avènement dans la nuit.

D'abord elle perçut le bruit d’un pot qui tombe par terre. &« C'est le chat, » dit-elle.

Un autre bruit plus fort la réveilla un instant après. Cette fois c'était comme un vase qui tombe et qui se casse.

« 11 va tout briser, » pensa-t-elle.

Puis enfin elle entendit comme la respiration d’une personne qui étouffe, et elle crut encore que c'était l'animal qui léchait des assiettes.

Quand elle se leva le matin il n'y avait ni pots renversés, ni brisés, ni chat dans l’appar-

tement.

Elle apprit presque aussitôt la mort de sa petite amie, et ne douta plus que c'était son avènement qu'elle avait entendu.

(Conté par Fine Daniel, femme Lesnard, du village du Houx, en Bruz.)

M. Hy, percepteur à Maure, reçut un soir, dans cette localité, une lettre lui annonçant que l’un de ses frères, habitant Rennes, était mourant. Cette nouvelle l’impressionna vivement. 1] partit aussitôt pour l'aller voir.

En passant au milieu d’une lande, loin de toute habitation, il entendit, mais très distinctement, sonner des glas et le chant des prêtres conduisant un mort au cimetière.

Lorsqu'il arriva à Rennes, un ami qui était allé l’attendre sur la route de Redon, lui apprit que son frère était mort, juste à l'heure où il avait eu l’hallucination qui précède.

Le La femme Bougeard, du village du Champ-

Géon, en Bruz, mourut vers la Toussaint de

Au moment où elle expirait, son filleul qui demeurait au Calhoët dans la même commune, entendit de son lit un bruit effrayant qui lui fit supposer qu’on venait de briser un chaudron de fonte qui se trouvait sous la table. U

( Qu'est-ce qui a cassé le chaudron ? » s'écria-t-1l.

Le père du jeune homme se leva et ne trouva rien de brisé.

Le filleul seul avait perçu le bruit. Son père et sa mère qui n'étaient pas parents de la morte n'avaient rien entendu.

Au mois de février 1852, la femme Gruel, de Bruz, était enceinte de son quatrième enfant lorsqu'elle eut une vision étrange :

Une nuit elle se réveilla en sursaut et fut bien étonnée de voir sur sa table une chandelle allumée qui éclairait la pièce comme en plein jour.

Mais son étonnement se changea en frayeur, lorsqu'elle aperçut une jeune femme berçant

un nouveau-né dans ses bras, en se promenant autour de cette table.

Elle voulut réveiller son mari couché près d'elle et n'y parvint pas, bien qu'elle le pinçât si fortement que le lendemain il avait des marques sur le bras et au côté.

Son effroi n'eut plus de bornes, lorsqu elle vit le fantôme, berçant toujours son entant, s'approcher du lit et s’accouder près de son oreiller. Elle perdit connaissance, et lorsqu’elle revint à elle, la vision avait disparu et la chambre était dans l'obscurité la plus complète.

Le lendemain matin, le mari mis au courant des événements de la nuit, déclara n’'avoir rien vu, rien entendu, ni même senti les ongles de sa femme.

Une certaine tristesse, et même comme un pressentiment de malheur s’empara de la pauvre Gruel qui, quelques temps après. en traversant le cimetière de Bruz, afin d'éviter un détour poar aller porter du linge à sa repasseuse, fit une chute grave.

Elle portait un enfant sur le bras, il avait

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plu, ses sabots étaient usés, elle glissa et tomba lourdement sur le derrière.

Le résultat de cet accident fut qu'elle mit au monde un enfant mort.

La vision qu'elle avait eue devint, à ses yeux, l’avènement de son malheur.

Une dame de Vitré avait sa mère fort âgée qui habitait Paris. Elle n'avait pas eu de ses nouvelles depuis longtemps et ignorait qu'elle fût malade.

Une nuit, vers onze heures, la dame de Vitré fut subitement réveillée par un carillon interminable de sa pendule, qui ne cessa que lorsque le ressort fut complètement détendu, puis la pendule s'arrêta.

Le lendemain matin, elle apprenait, par dépêche, la mort subite de sa mère, et elle sut, par lettre, que celle-ci était décédée, exactement à l'heure à laquelle la pendule s'était mise à sonner.

L'horloger appelé pour remettre la pendule

à marcher, déclara qu’elle n'avait absolument besoin que d’être remontée.

Il y avait autrefois au château du Gué, dans la commune de Servon, une dame Courteille qui était fort malade.

Un soir, l’un de ses voisins, le père Rocher, qui habitait le Psonon broutu, entendit chez lui, trois coups frappés sur un coffre, puisil lui sembla que quelqu'un marchait autour de sa table et cependant il ne voyait personne.

Un autre soir qu'il sortait de l’église, il entendit les os de l’ossuaire s’entrechoquer et même sauter dans le cimetière. Le bedeau fut obligé de barricader le charnier et d’attacher la porte avec des cordes.

Madame Courteille avait été emmenée du château du Gué, maïs l'on apprit sa mort quelques jours après.

Joseph Lancelot, ouvrier à la mine de Pont- Péan, avait à traverser la forêt de Laillé pour rentrer le soirchez lui, au Pigeon vert,où il ha-

bitait avec sa mère malade depuis plus de sept ans.

Trois soirs de suite, il vit dans un creux d'arbre, une vierge qui s’éloignait de lui au fur et à mesure qu'il en approchait, sans pouvoir la rejoindre.

Effrayé, 1l cessa de traverser la forêt n’hésitant pas à faire un long détour, et à passer par le bourg même de Laillé.

Il raconta à des camarades ce qu'il avait vu et la peur qu'il en avait éprouvée. Ceuxci se moquèrent de lui et proposèrent de l'accompagner. Îl accepta et deux autres ouvriers mineurs et lui, se rendirent le lendemain Soir, qui était un dimanche, dans la forêt de Laillé, à l'endroit de l’apparition.

Tous les trois virent la vierge qui s’éloigna d'eux. Cependant Joseph Lancelot parvint à l’approcher et 1l entendit distinctement ces paroles : (« Rentre chez toi au plus vite, si tu veux voir ta mère vivante. D 7

Le pauvre garçon courut au galop chez lui, où il trouva, en effet, sa mère à l’agonie.

Une fille d'un village de Bruz, qui était allée un soir aux filois à une assez grande distance de chez elle, rentra tard dans la nuit.

En approchant de la demeure de ses parents elle vit un drap de lit sur une haie.

(Tiens, dit-elle, sont-ils étonnants de n'avoir pas ramassé ce drap. »

Elle le prit et remarqua qu'il était beaucoup plus fin que les leurs. « C’est tout de même drôle », pensa-t-elle.

Comme tout le monde dormait elle posa le drap de lit sur la table et se coucha.

Toute la nuit elle entendit chuchoter. Bientôt la lune éclaira l’appartement et elle aperçut le drap de lit qu'elle avait plié, étendu comme un suaire.

Elle eut peur, appela son père qui se leva et qui ne trouva rien sur la table.

Le lendemain, une femme mourait dans ce village. C'était le linceul de la morte que la fileuse avait vu:

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Un domestique de la ferme de Cicé était

extrêmement malade, lorsqu'un soir ses

maîtres et les autres serviteurs virent le clergé de Bruz, avec chantres et choristes, précédés de la croix paroissiale, traverser la cour, dans le plus grand silence.

Les paysans se signèrent et sortirent pour suivre cette étrange procession; mais une fois dehors ils ne virent plus rien.

C'était l'avènement du pauvre gars qui, dans la nuit, rendit son âme à Dieu.

Le surlendemain, la procession véritable, et exactement semblable à celle qui avait été aperçue par les habitants de la ferme de Cicé, vint chercher le corps du défunt.

Un soir, en rentrant chez elle, vers neuf heures, une jeune fille de Bain aperçut une lumière dans la cheminée de la cuisine. Effrayée, elle dit à ses sœurs qui étaient couchées au premier étage : — Pourquoi avezvous laissé une lumière dans la cuisine ?

— [Il n’y en a pas, répondirent-elles.

Et, en effet, elles descendirent de leur chambre et la lumière avait disparu.

Le lendemain soir, une petite cousine qui n’était nullement indisposée la veille, tomba malade et mourut dans la soirée.

La jeune fille, qui avait vu la lumière, fut d'autant plus impressionnée qu’on la pria de tenir la bougie au coin de la cheminée, pendant que les parents prodiguaient des soins à la mourante. |

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Une femme s’entendit appeler par son prénom, une nuit qu'elle ne dormait pas.

Le lendemain, elle alla voir une parente qui était au lit, malade, et à laquelle elle raconta ce qu'elle avait entendu la nuit précédente.

— C'est mon avènement, lui dit la malade et, en effet, la pauvre femme mourut quelques jours après.

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A la mort de la marraine de Julien Gérard, de Bruz, celui-ci fut appelé par trois fois, au moment du décès.

La femme Saillard, fermière au Chène-Dé,

commune de Bruz, s’entendit appeler, elle aussi, au moment de la mort de Jacques Saillard, son frère.

M. Goinard, de Bain, étant à la veillée, à lire au coin de son feu, entendit plusieurs coups frappés violemment dans un coin de l'appartement.

Les jours suivants, une femme de la même maison vint à mourir, et le fossoyeur apporta chez M. Goinard les bois qui devaient servir à porter le cercueil au cimetière. Il les déposa juste à l'endroit où le bruit s'était produit.

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M. Fillioux, maire de la petite ville de Bain, avait deux filles, Émilie et Louise, très jolies toutes les deux.

La plus jeune, Louise, fut un été, atteinte de la fièvre typhoïde. Sa mère et sa sœur la soignèrent avec un dévouement sans égal.

Elles ne la quittèrent ni jour ni nuit.

Un soir que la fenêtre de la chambre de la

malade était ouverte, à cause de l'excessive chaleur, une orfraie que les paysans appellent une Fresas, entra dans la chambre et éblouie par la lumière, alla se cacher dans le chapeau de M'* Émilie.

M°*° Fillioux poussa un cri et s'écria: ( Ma fille va mourir, voilà son avènement. »

Non, Louise ne mourut pas, au contraire elle entra en convalescence, mais sa sœur aînée fut atteinte à son tour de la même maladie qui l’emporta dans l’espace de quelques jours.

Plus tard, lorsque M°*° Fillioux parlait de sa chère morte, elle ajoutait : &« L'une de mes filles devait mourir, l'oiseau de la mort était entré chez nous. »

* *X * Quand les corbeaux volent et crient autour d'une maison où il y a un malade, c’est signe

de mort.

Que de fois M. Alliou m'a raconté qu'étant jeune, il avait sur l’ongle du petit doigt de la

main gauche, une tache noire dans le sens de la longueur.

Une vieille femme lui dit un jour. en lui regardant la main: (Quand cette marque disparaîtra, vous apprendrez la mort de quelqu'un de votre famille. »

Au fur et à mesure que l’ongle poussait, la tâche diminuait et, enfin le jour où elle cessa d'être visible, 1l apprenait la mort de son frère, commandant dans un régiment de ligne, tué à l'assaut de Sébastopol.

M.et M°®° X.., en résidence au (rand- Fougeray, couchaient dans la même chambre.

que leur petite fille, lorsqu'une nuit la mère. se réveilla et vit la servante assise près du berceau de l'enfant, tenant une chandelleallumée, absolument comme si elle portait un cierge.

— Que faites-vous là, malheureuse? Vous allez mettre le feu ou réveiller ma fille, voulez-

vous bien vous en aller.

La servante resta impassible.

M°®* X..., effrayée, réveilla son mari, qui assista au même spectacle et ordonna, lui aussi, à la bonne de s’en aller.

Rien n'y fit.

Il se leva pour mettre fin à cette comédie et se trouva, tout à coup, dans l'obscurité la plus complète. Il alluma une bougie et ne vit plus rien. L'enfant dormait d’un profond sommeil et la chambre était fermée au verrou.

Le lendemain matin, la servante affirma qu'elle n'avait pas bougé de son lit.

Presque immédiatement la petite fille tomba malade, et ce ne fut que par des soins incessants qu'on réussit à la sauver.

a” J'ai connu M. D..., maître d'hôtel à Bain, qui était d’un sans gêne incroyable.

Tous les matins, avant d'achever sa toilette, il allait en caleçon et en bonnet de coton, sur la place devant sa porte, regarder une pie

servant de girouette sur le haut d’un toit.

Cet humme faisait aussi le commerce des bois et s'absentait souvent.

Un soir qu'il était à Nantes, l’une de ses filles sort à la porte et appelle tout le monde en disant : « Regardez donc, près du puits, papa en caleçon et en bonnet de coton. »

On se précipite pour voir, mais l'apparition avait disparu.

Le lendemain la famille recevait une lettre de Nantes l’informant que M. D... était au

plus mal.

Qui n'a entendu la frezas (l'orfraie) chanter sur fa cheminée de la maison d’un agonisant ?

Qui n'a vu la nuit un flambeau allumé au pied de son lit, ou un cierge tomber du ciel, la lumière en bas, en pleine campagne, la veille de la mort d’un parent ou d’un ami ?

[ y a encore lacharrette ou la brouette de la mort, que l’on appelle dans l'arrondissement de Redon : « Le Chariot David. »

C’est un véhicule quelconque qui passe, la nuit, dans les rues du village et fait trembler et se blottir sous la couverture de leur lit ceux qui l'entendent. L’essieu frottant contre

les roues non graissées produit un bruit qui annonce la mort d’un chrétien. Signonsnous !

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