Le long
Pour vivre avec le roi des rois,
Espérons au pied de sa croix,
Que ses exemples soient nos lois. — Alleluia, Alleluia, alleluia, alleluia !
Les fill's, les femm's ne pleurez plus,
Car de carême y n’en a plus.
ls ont chanté le Gloria.— Alleluia, Alleluia, alleluia, alleluia !
J'ai un p'tit coq dans mon panier,
Qui n'a point cor du tout chanté;
Au point du jour il chantera. — Alleluia, Alleluia, alleluia, alleluia !
Une partie du produit de la quête est portée au curé de la paroisse qui, en raison de la somme qui lui est remise, fait dire un certain nombre de messes pour les pauvres défunts.
La Léovende du Christ
Notre-Seigneur ayant appris que les Juifs avaient décidé sa mort, s’en alla prier dans un champ de choux. Ses ennemis le cherchaïent
lorsqu'une pie, perchée sur un arbre, chanta de toutes ses forces : (Dans les choux y est1» un corbeau indigné s'écria : € Y n'y est pas ! »
Jésus ayant terminé sa prière se dirigea vers ses bourreaux qui le chargèrent de chaînes.
Plus tard, lorsque le Sauveur du monde fut cloué sur une croix, deux oiseaux vinrent se percher sur l'instrument du supplice.
Le premier était la pie de tout à l'heure qui osa encore insulter le Christ expirant. Cet oiseau, à cette époque, était sans égal. Il portait une aigrette sur la tête, sa queue était aussi splendide que celle du paon et tout son plumage avait des couleurs d’une richesse inouïe ; mais il était, hélas ! aussi méchant que superbe.
Le second était un tout petit oiseau, au plumage gris, qui s’approcha timidement du crucifié en jetant quelques cris plaintifs; de ses ailes il essuya les larmes qui coulaient des yeux du divin Rédempteur, et de son bec, il arracha les épines qui lui entraient dans la tête.
Tout à coup, une goutte de sang, échappée
du front de Notre-Seigneur, tomba sur la gorge du petit oiseau et colora pour toujours son humble plumage. « Sois béni, lui dit le Christ attendri, toi qui prends part à mes douleurs. Partout où tu iras, le bonheur et la joie t’accompagneront. Tes œufs, auront la couleur de l’azur du ciel et tu seras désormais le rouge-oorge, l'oiseau du bon Dieu, le porteur des messages heureux. Toi, dit-il à la pie, tu seras maudite; tu n'auras plus cette aigrette, ni ce brillant manteau dont tu t'enorgueillis et dont tu n'es pas digne. Ton plumage sera celui du deuil et du malheur.
Va-t'en, méchant oiseau, tu seras forcé de construire un auveard' au-dessus de ton nid pour le préserver de la pluie, et, malgré tout ce que tu pourras faire, l'eau du ciel tombera sur tes petits. Quant au corbeau, ajouta-t-il, qui a cherché, ce matin, à éloigner mes bourreaux, la demeure de sa couvée pourra rester sans abri, la pluie ne l’atteindra pas.
Les paroles de Jésus ont reçu leur exécution.