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ASSISTANCE PUBLIQUE

Nous avons, en hiver, des fourneaux économiques dans les principales villes du département d’Ille-et-Vilaine.

Les œuvres philanthropiques de cette nature remontent à la première moitié du XVIl'siècle. En effet, dès 1643, quelques personnes dela ville de Rennes fondèrent l'établissement d’une Marmite des pauvres pour le soulagement des indigents honteux ou malades.

Voulant s'assurer la coopération des Filles de Saint-Vincent-de-Paul, la Marmite donna, par acte du 9 septembre 1673, une rente de 450 livres à leur congrégation, pour l'entretien des trois sœurs chargées de l'administration de l’œuvre.

Les statuts portaient que la compagnie serait composée de deux supérieurs spirituels: de quatre administrateurs dits ( Pères des pauvres », d'une supérieure, d’une assistante et d’un secrétaire. On y admettait, sur l'avis

du conseil, tel nombre de dames et de demoi-

selles vertueuses dont les supérieures jugeaient l’annexion utile.

L'œuvre de la Marmite cessa avec les troubles de 1793, mais fut reprise, plus tard, par les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Ces dernières continuent, de nos jours, à Rennes, et dans la même maison, la distribution de soupe et d'aliments aux indigents.

En 1894, on découvrit, à Saint-Malo, une plaque de cuivre, que l'on a conservée, et sur laquelle on lit :

| « L'an MDCCLXXXIX

sous le règne de Louis XVI et sous l’épiscopat de Gabriel Cortois de Pressigny.

= « Ce bâtiment a été élevé au profit de la.

Marmite des pauvres malades de cette ville,.

gur un terrain concédé par l'ancienne confrérie de Saint-Jean, avec les dons charitables

nc crane |

des personnes pieuses et par les soins de Jean François Nouail de la Villegille, administrateur de cet établissement.

» Rob. Aug. Veron archit. graphid., et ope-

ribus perfecit. »

À Vitré, la Société de secours aux indigents fut créée le 2 juillet 1655, sous le nom de @ Dames de la Marmite des Pauvres ».

Les règlements de cette Société sont assez curieux pour que nous en citions quelques passages :

« Le plus grand nombre des dames qui entrent dans l'association sont mariées. Elles occupent dans le monde un rang honorable et y sont retenues par leur devoir d'épouses et de mères. Ne pouvant dès lors pratiquer de la vie religieuse que ce qui est compatible avec ces conditions, elles observeront au moins en toute leur conduite la modestie et l'honnêteté, sans cesser d'observer les bienséances ; elles éviteront autant qu'elles le pourront, les bals, les comédies, la lecture des. romans, et tous les jeux blessant la charité.

» Elles s'’assembleront tous les quinze jours, le jeudi, après avoir assisté à la messe du Saint-Sacrement.

» Chaque sociétaire sera chargée à son tour, de faire pendant quinze jours les provi-

sions et de préparer le bouillon destiné aux pauvres. Elle prendra ce dernier soin chez elle où la marmite de l’œuvre sera portée avec ses accessoires, car il est bon qu'elle ne soit pas enlevée à son ménage, que ses enfants soient témoins du bien qu'elle fera, qu'ils y soient souvent associés tout jeunes, afin qu'ils

se trouvent ainsi préparés à le faire à leur tour quand le temps en sera venu. |

» La sociétaire en charge pourra se faire accompagner au marché et chez les pauvres par sa domestique, parce que en dérogeant aux habitudes que sa position sociale exige, elle pourrait prêter à la critique. À

» Mais si la domestique porte le panier destiné aux provisions, la sociétaire fera ellemême les marchés, et dans la visite aux pauvres, elle fera l'aumône d’une pieuse pensée en subvenant aux besoins du corps. Autant

qu’elle le pourra, elle ne se fera pas accompagner chez les pauvres par sa domestique, mais par une associée de l’œuvre.

» Elles iront ainsi toujours deux ensemble servir, instruire chaque jour les malades à l'hôpital, après avoir fait tout d’abord une visite au Saint-Sacrement.

» Les membres de l’œuvre suivront à l’aller et au retour le Saint-Viatique chez les malades et orneront convenablement les maisons où 1l est porté.

» Elles veilleront à ce que chaque défunt pauvre ait au moins une messe.

» Elles procureront un asile aux jeunes filles sortant de l'hôpital sans en avoir de convenable.

» Elles paieront l'apprentissage des enfants pauvres des deux sexes pour leur procurer un état.

» Elles auront soin que les enfants soient bien instruits de la religion et formés à la crainte de Dieu.

» Les dames de la Marmite possèdent un magasin pour serrer les provisions, le linge,

les sabots, le charbon, le bois, le blé, même les vieux meubles qu'elles distribueront aux pauvres, et leurs réunions sont présidées par le curé de Notre-Dame. »

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Le Carnaval des Pauvres

Jusqu'à l'époque de la Révolution, le mardigras, à Dol, tous les mendiants du pays étaient conviés à un repas que leur offrait l’évêque. L'invitation était faite à l'avance au prône de la grand'messe des églises et chapelles du diocèse.

Des tables étaient dressées dans la cour de l'évêché où tous les malheureux venaient s'asseoir.

L'évêque et son chapitre faisaient le service de table.

Après le repas, on distribuait aux convives ce qui restait de pain et de viande, et on leur remettait aussi des effets ct de l'argent.

DE LA VIE À LA MORT ii

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