I LES MALADIES
PRÈS de la petite ville de Bain, il y a dans un bois une chapelle sous l'invocation de Notre-Dame du Coudray.
Les mères y portent les petits enfants qui ne marchent pas seuls. Elles leur mettent le pied dans- un trou pratiqué dans une pierre reposant sur le sol, et elles prient la Vierge du Coudray de permettre à leurs enfants de faire leurs premiers pas.
A Bruz, le jour de la Fête-Dieu, les mères
l6 FOLK-LORE DE l'iLLE-ET- VILAINE
pour faire marcher les petits enfants, les déposent, aussitôt que la procession a quitté le reposoir, à la place qu'a occupée le Saint- Sacrement pendant la Bénédiction.
Dans la chapelle de Saint- Léonard, commune du Pertre, est une chaîne qui d'après la tradition a servi à étrangler le saint.
On y conduit les enfants les lundis de Pâques et de la Pentecôte, pour les enchaîner un instant, afin de les faire marcher avant Texpiration de leur première année.
A Saint-Malo, on croit fermement qu'en laissant deux petits innocents s'embrasser, c'est-à-dire deux tout petits bébés ne sachant pas encore parler, l'un des deux sera muet.
Les mères recommandent aux nourrices de veiller à ce que les enfants ne s'embrassent pas.
On rencontre dans la commune de Saint-
Thual, canton de Tinténiac, sur la propriété de M. Vauclin, une chapelle presque en ruines qui est sous le patronage de saint Aragon.
On y porte les enfants qui ont sur la figure ce qu'on appelle du feu sauvage ou bien encore la ràche^ et ce qu'on nomme à Saint-Thual le mal Saint- Aragon.
Lorsque les prières sont terminées, les parents déposent aux pieds du saint le bonnet de l'enfant. Il y a des quantités de bonnets dans la chapelle de Saint-Thual.
A Saint-Ouen-des-Allcux, voici comment se fait pour la guéri son de la ràche chez les enfants, ce qu'on appelle un viage (pèlerinage).
Lorsqu'un pauvre petit être, du sexe masculin, est atteint de la maladie dont il s'agit, son père et sa marraine se rendent à jeun et à pied, à l'église de Saint-Ouen-des- Alleux, porteurs du bonnet et de la chemise que l'on a retirés le matin même à l'enfant.
Après une prière, ils déposent ces obiets sur
Tautel et versent dans un tronc spécial l'argent d'une messe.
Si c'est une fille, le pèlerinage est fait par la mère et le parrain, mais dans les mêmes conditions.
Si les gens sont du pays, le petit malade les accompagne, si, au contraire, ils sont de loin, on laisse l'enfant à la maison.
Ailleurs, c'est aux pieds de la statue de sainte Radegonde, qui, elle aussi, a le privilège de guérir la ràche^ que l'on aperçoit les béguins ou petits bonnets des enfants atteints de cette maladie.
Au haut d*une falaise, près du manoir de Beauregard, dans la commune de Saint- Méloir-des-Ondes, coule la fontaine de Sainte Radegonde, but de pèlerinage pour les enfants malades, surtout ceux dont la dentition ne se fait qu'avec peine.
Au village de la Haute-Ville, commune de Noë-Blanche, près des ruines d'une antique chapelle, est une fontaine vénérée où Ton mène boire les enfants pour les mettre sous la protection de saint Cyr, que Ton appelle Saint Cri, dans le pays.
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Dans la commune de Saint-Symphorien est une croix devant laquelle on porte les enfants malades de la fièvre. On dépose cinq sous dans un tronc accroché à cette croix, on dit une prière, et si tout a été fait avec une conviction et une foi pro/ondes, le malade doit être guéri.
La fontaine de Saint-Fiacre est située près des IfFs, sur la route de Saint-Brieuc-des-lfFs. Son eau a le privilège de guérir les coliques des petits enfants.
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Pour passer la diarrhée des nouveau-nés
il faut battre des blancs d'œufs, les sucrer, y ajouter une cuillerée d'huile d'olive et leur faire prendre ce remède.
Quand les enfants se grattent sous le nez c'est que les vers leur pissent au cœur, et qu'il est temps de les faire évacuer.
Pour cela, on met autour du cou de l'enfant, s'il est très jeune, un chapelet de gousses d'ail.
S'il est déjà grand, on lui fait boire du lait doux dans lequel on fait bouillir tantôt des racines de poireaux, tantôt des feuilles d'absinthe que les bonnes femmes appellent de l'herbe sainte.
On met aussi des feuilles d'absinthe sur la poitrine des enfants qui ont des vers.
Une chapelle appelée Saint-Jouan» est située à quatre kilomètres du bourg de Saint-Malon. On s'y rend en pèlerinage le premier dimanche du mois de mai de chaque année, pour la guérison des enfants qui ont des faiblesses dans les reins et dans les jambes.
Dans une prairie, près de Téglise de Longaulnay, est une fontaine dédiée à saint Aubin. Au printemps, les mères y conduisent leurs enfants pour les préserver des maladies du jeune âge.
Le 9 mai, on va en pèlerinage dans Téglise de Poligné pour le mal Saint-Nicolas, qui consiste dans des convulsions, des coliques et crises nerveuses.
Lorsqu'un enfant est atteint du mal Saint- Nicolas, les parents attendent que la crise soit passée pour promettre un voyage au saint. Si cette promesse était faite pendant Taccès, Tenfant risquerait de mourir. Une fois le vœu formé, le malade, bien que guéri, doit faire le pèlerinage tous les ans, le 9 mai, à jeun.
On voit dans l'hospice de Saint-Nicolas, à Vitré, une très vieille statue peinte et vermoulue représentant saint Nicolas en abbé, avec chape violette, mitre dorée, crosse en
main. A ses pieds, est un baquet dans lequel sont trois petits enfants nus dont on aperçoit la poitrine.
On descend à certain jour la statue sur Faute! et un prêtre évangélise les enfants pour les guérir du mal Saint-Nicolas.
A Bruz, on porte les enfants à Téglise devant la statue de saint Nicolas pour êtreévangélisés. On fait dire une messe et on dépose une offrande dans un tronc placé à cet effet.
Pareille chose a lieu à Saint-Jacques-de-la- Lande, près Rennes.
On guérit aussi le mal Saint-Nicolas en brûlant du buis dans le feu sur lequel on met à fumer les couches qui enveloppent les petits malades.
Une antique chapelle, du nom de Saint- Germain-des-Prés, est située à une petite distance du bourg de Lohéac. De nombreux
pèlerins s*y rendent le 22 septembre, pour demander à saint André, un saint de cette chapelle, la guérison du Dré \ c'est-à-dire de Toppression ou de Tasthme qui frappe les enfants aussi bien que les grandes personnes.
A cette occasion une foire a lieu autour de la chapelle.
Un prêtre, ce même jour, évangélise les enfants pour les guérir de la peur. On les amène de très loin et en très grand nombre.
La mèreGervais, du village de la Calvenais dans la commune de Bain, avait une petite fille qui était extrêmement peureuse. Le soir, dans la maison, aussitôt qu'il faisait nuit, elle tremblait de tous ses membres, n'osant pas bouger de place, et restait pelotonnée sur ellemême au coin du foyer.
Elle ne serait pas allée de la table à son lit sans une lumière.
On la fit évangéliser sans obtenir de résultat.
Une vieille femme consultée sur cette infir-