‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine: De la vie à la mortChapitre 24 sur 46 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

I Le Monde fantastique : Les Sorciers, les Loups-garous, les Lutins, les Animaux fantastiques, le Diable.

part les ieteurs de sorts, qui de nos jours sont qualitiiis de sorciers, et les lutins dont il sera question tout à l'heure, on ne

croil plus

guère

garous tell plus guèr.

s qu'on , que le, histoire

père..

Cependant Juli Launay en Bru^

Daniel, du village de

tendre, que lorsqu'il était jt

pi.

e de gcntilhominière en ruines, où demeuun homme instruit qui lui apprenait U n-chant pour être chantre à t'égli

de

Il y avait une heue pour revenir chez lui et, presque toujours, il faisait nuit quand il

quittait la Houssaye-

Va soir, cQ passant devant les champs appelés les Lubi^ids, il aperçut à travers les haies des gens qui dansaient autour d'une couée de feu.

Il crut que c'était des jeunes gêna qui s'amuaaient, et voulut s'en assurer. Il se dirigea vers l'échalier du champ, mais une fois qu'il fut de l'autre côté de la haie, il ne vit plus rien : les sorciers, — c'£tait eux assurément, — avaient fui à son approche et le feu était éteint.

A Bourg-des-Compt

quarts vermoulue, près de laquelle les le réunissent pour danser, On les a i

bout de la rabine trois

minuit, se tenant par la main autour de la croix, en chantant leur ronde :

» A travès has et buissons, a J' trouverons V^autr^s là où y seront \vt

Dès qu'ils aperçoivent un passant, ils se iettent sur lui en poussant des cris, et le con-^ traif?nent à danser et à chanter avec eux. Si le pauvre homme une fois entré dans la ronde, répète avec les sorciers le refrain sans y rien changer, ils Tentrainent, comme le dit la chanson, dans une course vertigineuse^ le précipitent, en ricanant, dans les buissons et les haies, le tirent à travers tous les fourrés de ronces et d'épines, à moitié mort de peur et de fatigue, déchiré, ensanglanté, toujours tiré,, toujours poussé, et ce n'est qu*au point du jour qu'il peut espérer échapper à ses bour* reaux. 11 reprend alors, s'il en a la force, la route de son village.

Quand le danseur, recruté par les sorciers, au lieu de dire exactement leur chanson, a

I. « A travers haies et buissons « Nous trouverons les autres où ils seront. »

l'idte de U roodiScr aîcû : a Par-ienma has et Imittont, > etc., les toràen décariBcs, le (doi sauter dâkatcmcst p«r-dcs3us les talus, les buuMHis et te* baies, sans lui faire aucon i lui roulent sa liberté, et ivrienaent à leur rotule autour <Ie la crMi.

A l'autre eitrémïté de la rabine hantA les torciers, s'élève un des plus vieux chénea de l'aveoue. Cet arbre, qui est appelé U chSme au loup, doit son nom à uoe terrible et vieille histoire.

Un loup avait été tué dans le bois du Boscbct et pendu à une branche de chéoc. Le -diable, les sorciers et les loups sont ca rades, personne ne l'ignore, aussi aflïrme-t-on

sous U branche où se balançait le cadavr

Un soir de décembre, les femmes de la ferme du château s'étaient réunies pour faire la veillée. Elles Slaieot assises en cercle dans l'étable. Au milieu d'elles, crépitait une cl

telle de rësiDe, posée dans u

- la

pu l'ennammci taignes bouilli écuellea de ter

Me des . Un

e poêle', pour i auraient

1 chaudron, plein de châ- 3, des fichés de cidre et des !, étaient sur le sol â la portée des fileuaea. Chacune racontait son histoire, Bt les vieilles faisaient frémir les jeunesses ^^par le récit des aventures épouvantables qui ^Kjeur étaient arrivées la nuit.

^H Cependant une des fileuses traitait de niai- ^Vaeries et de contes de bonnes fcmmee, tout ce qui faisait trembler ses compagnes, et quand une conteuse affirma qu'elle avait vu le diable et les sorciers sous le chêne au loup, elle s'écria : (( La vue vous a betluetlé' , la mère. Tenez, it est tout à l'heure minuit, j'y vas, ma, soua le chêne au loup, et si le diable y est, eh bien I que le diable m'emporte 1

Les fileuses se signèrent épouvantées, et regardèrent du côté de la porte pour voir si

tSfttan n'entrait pas.

La femme s'était levée. Elle sortit malgré

;. Grand bassin de c

irdes freJucif», des étincelle

les efforts de ses amies pour la retenir, dirigea vers lechdne.

Il fallait que te cidre lui eût tapé e caboche (tête), ou que le diable lui-m£aie.l poussât.

Les femmes de la ferme la virent ave reur, s'dloigner dans la nuit. Les hibou gémissaient dans les bois du Boschct, l'ii sensÉe n'y prit garde. On entendait au loi comme un vague bourdonnement : — C'est '.

chanson des sorciers, dirent les fileuses. ■ C'est le vent dans les arbres leur cria la folli et elle pressa le pas.

Les femmes entendirent encore le bruit ( ses sabots sur la terre gelée, puis elles rei trirent terrifiées, dans l'étable, attendre '.

Elles attendirent longtemps, les fileusi du Boschet. Jamais l'insensée qui avait ten le diable ne revint à la ferme.

Le matin, lorsqu'elles osËrent aller à t recherche, elles aperçurent dans le haut d chêne au loup, la coiffe et des lambeaux t vêtements ayant appartenu à la pauvre fiUi

Depuis ce temps-là bien des années i

DE UL VIE A LA MORT l6)

passé sur les vieux arbres du Boschet ; mais dans les nuits d^hiver, on voit encore quelquefois se balancer sur la branche la plus élevée du chêne au loup, la coiffe de la ûleuse.

Pour être sorcier il faut se frotter tout le corps avec de la graisse d*un enfant arraché du ventre de sa mère avant le terme^ naturel .

L'enfant est coupé en morceaux et mis à bouillir, sa graisse est recueillie dans des vases fermant hermétiquement et que Ton cache dans les fermes derrière la roche du foyer ^ grosse pierre qui remplace la plaque de fonte dans les cheminées des paysans.

Avant de se servir de cette graisse, elle est présentée à un prêtre, sorcier lui-même, qui prononce certaines formules à rebours afin de donner à Tonguent l'efficacité nécessaire.

Sur le coup de minuit^ lorsque tout le monde dort, celui qui veut devenir sorcier et qui a pu se procurer de la graisse d'enfant s'en va dans un carrefour» là il se

déshabille et s'«ndutt le corps de en disant :

d Par sus Aïs tt far sus has, Et pAT sus la, ch'minie ftn'en Jusque dana la forft de PainipontJ Où [ouB les compagnons j sont. i

Et il est transporté »uaaitût au m

On montre encore à l'heure actuelle, bre de carrefours où les sorciers se réunifit Baient et où le clergé, pour les chasser, fit placer des calvaires. L'un des plu* célèbre»

est celui de la Croix-Madame, sur la rc Rennes à Redon, près du bourg de Bru

Un nommé Grohan. de la ferme d^ .V dana la commune de Chartres, passa nuit devant le pâlis de la Croin-M.idai les Eorciera qui dansaient autour d'uni fille toute nue.

Grohan s'écria : Et par Jésus.

Ausiiii6t les sorciers se dispersèrent i

DE LA VIE A LA MORT lÔl^

resta plus que la pauvre fille qu'ils avaient arrêtée sur la route.

Grohan lui donna sa blouse pour se couvrir le corps et Temmena chez lui. Elle lui dit qu'elle était de Redon et il écrivit à ses parents de venir la chercher, ce que ceux-ci s'empressèrent de faire.

Mais les sorciers avaient reconnu Grohan et jurèrent de se venger.

Un jour que la mère de celui-ci avait fait de la bouillie de blé noir que Ton appelle, chez nous, des noces, elle la porta dans la cour de la ferme pour la faire refroidir. Elle dit à son gars : « Reste près de la bassine afin d'empêcher les animaux d'approcher et de manger les noces. »

Grohan monta la garde, mais bientôt ayant éprouvé le besoin d'aller se déculotter derrière un pailler, il fut aussitôt saisi par les sorciers qui le guettaient et qui l'emportèrent tout déculotté jusqu'à Redon.

En passant devant les marais de Renac, l'un d eux dit : (( C'est un coquin, il faut le jeter à l'eau. »

— Non, dit un autre, portons-le plus loîn.

ArrivÉa à Redon, ils voulurent l'empaler

Bur la tour de Tigllse ; mais comme îb montaient il leur fchappa et chose étoam il se retrouva tout à coup, toujours déculotté, juste à \a place où lea sorciers l'avaient pris. Il enira dans la ferme et sa mère lui dit : — Lea noces sont-elles froides i

— Elles doivent être mangées depuis long' temps, répondit-il, et il se laissa choir sut une chaise, courbaturé et malade.

Se? parents lui prodiguèrent des soins, leur raconta ce qui lui était arrivé.

Une autre fois, Grohan partit une nuit pou> aller au marche de MoDtfort. En (rave!

la lande de Perruche, prÈs de Chancor, il fit encure la rencontre des sorciers, complèlemcat nus, qui l'obligireat k danser un rigodoi

Tout en dansant il attira son chapelet et encore : (i El par Jésus 1 u Tous se sauvërenï à l'exceplion de deux qu'il avait touchi les laissa sur la lande et s'en retourna chei

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