LES SORTS
Les sorciers, les reboutouxy les jeteurs de sorts ont de tout temps, exercé une influence considérable sur l'esprit des paysans.
Qu'un mendiant ivre aille à la porte d'une ferme demander Taumône, et soit assez insolent pour qu'on lui refuse du pain et le logement, — car sans cela, dans nos campagnes on ne refuse jamais de pain aux pauvres, — et quSl dise en s'en allant : (( Vous vous en repentirez ! » c'est une désolation dans la maison. Bien sûr, c'est un jeteur de sorts.
HHH
Les malheurs
vont fondre sur la ferme et. ^^^^|
eomme chaqu
c jour apporte aa peine, les ^^^H
choses qui, à
un autre moment, passeraient ^^^H
inaperçues, deviennent aussitôt la conGrma- ^^^|
tion de ce que
redoutait. ^^H
Le fermier
s'est-il blessé en coupant une ^^^|
branche d'arbre? c'est un sort. ^^^|
— ^ U fermiÈre
s'est-elle donnée une entorse en ^^H
^■^rchant avet
: des sabutB c'est un sort. ^^H
■ Unevachev
ient-elle à avorter c'est un sort. ^^M
^H'Les poules t
mt-elles la pépie> c'est un sort. ^^H
■ iVtais comm,
:nt déjouer ce sort ^^^H
■l'On'va trou\
■et un individii qui a la réputa- ^^^|
^Kon d'être sor
faut faire.
Voici généralement ce qu'il indique ; ^^^|
Acheter un
pot de grosse terre qui n'ait ^^H
jamais servi (
c'est une condition essentielle), ^^H
le payer avei
; une poignée de aous, sans ^^H
compter, sans
marchander. ^^^H
Aller ensui
te chez le cloutier et l'inviter ^^^H
à mettre une
poignée de clous dans le pot, ^^^H
sans les compter, sans les peser, et les payer ^^^H
de la même m
anière que le pot avec une poî- ^^^H
anie de sous.
32 FOLK-LORE DE l'iLLE-ET-V1LAINE
Puis rentrer chez soi, remplir le pot d'eau et faire bouillir.
Les clous, pendant tout le temps qu'ils seront dans Teau bouillante, doivent torturer le jeteur de sorts qui, ainsi vaincu, cesse ses maléfices sur les gens à qui il en voulait.
Dans le canton du Sel, on déjouait autrefois les sorts d'une autre manière :
On achetait un cœur de boeuf, qui était mis à sécher dans la cheminée à la façon des andouilles et, chaque jour, des clous étaient enfoncés dans ce viscère, clous qui devaient faire soufifrir le jeteur de sorts au point de le faire renoncer à sa vengeance.
Le cœur de bœuf et les clous devaient être achetés et payés comme nous l'avons dit plus haut.
Le vingt février 1896, on conduisait de la petite ville de Bain à Tasile des aliénés de Rennes, trois pauvres fous, la mère, le fils et la fille.
l Le père et les deux ai
e pays étaient presque trois premiers.
Voici la cause de cet affreux
filles restés dans malades que les
La Tamille M., de Bain,
habiti
■,t qui jouissait, avant le de la frapper, d'une Il y a quelques
un village de la : famille à l'aise
C pour
ces braves gens mier du nom de tal, redouté, qui
C'était un être brv avait la réputation d'être un peu sorcier et de jeter des sorts.
Un iour, il alla chez ses voisins les M...
leur demander â lui prêter les bœufs de leur ferme pour le lendemain. Us n'osËrent les lui refuser.
Après uDc journée d'un travail pénible, B.... ramena les bceufs à l'dcurie. Les pauvres bétes avaient le prail hérissé et semblaient harrassées de fatigue.
En les voyant ainsi le père M. ... dit à son fils : — Si le voisin vient demain matin pour prendre nos bœufs il ne faudr.-i pas les lui prêter. 11 nous les tuerait.
34 FOLK-LORE DE l'iLLE-ET-VIT-AINE
— Pour plus de sûreté, répondit le fils, je vais cacher le joug. Comme cela il ne pourra les emmener.
En effet le lendemain matin, B.... vint pour prendre les bœufs dans Tétable, mais ne trouva pas le joug. Il s^en allait en maugréant lorsqu'il aperçut le jeune M. . . . auquel il dit: (( C'est toi qui as caché le joug des bœufs, mais tu t'en repentiras, tu crèveras dans un fossé.
L'enfant rentra chez lui sans répondre.
A quelque temps de là, on apprit dans le
village que B venait de jeter un sort à un
autre fermier :
Etant à boire dans un cabaret, plusieurs cultivateurs racontèrent que des rats, dans une maison, avaient mangé jusqu'aux harnais des chevaux. L'un d'eux répondit : — Il y a des rats partout, mais si on leur fait la chasse on les empêche toujours de faire d'aussi grands dégâts.
— Prends garde, toi qui parles, s'écria B...,de voir avant quinze jours ton logis dévasté par les rats.
' Les quinze jours ne s'étaient pas écoulés que le cultivateur auquel B... avait adressé la parole, eut cbcz lui une invasion de ron~ geurs qui maagi!;rent jusqu'aux couvertures
c fils M... en Écoutant cette histoire se Wppela la menace dont il avait été l'objet la part de leur voisin et, à partir de ce ■, il devint triste et sauvage, ■ientôt il ne rentra presque plus chez lui.
ait dans les champs toute la journée et
mère lui portait à manger, car saas cela, irt de faiiD.
La pauvre femme, en l'écoutant divaguer, perdit, elle aussi, la tête. Quand son fils revenait avec elle i la maison c'était pour écrire sur un livre le nom des personnes qu'il connaissait. D'un côté étaient les élus et de t l'autre côté les réprouvés.
Sa mère disait dans le village : <l Mon gars 9Bt un grand saint, il a des visions, »
B. . . quitta le paya, mais le fils M. . . ne guérit pas.
Au mois de février 1896, il dit qu'il fallait faire une procession dans Téglise de Bain, et il écrivit à ses sœurs, qui étaient domestiques au loin, de venir se joindre à eux.
Elles obéirent, et le père, la mère, les sœurs, l'insensé et des voisins s^en allèrent tous à la suite les uns des autres du village à la ville. Le fils M. . . marchait en tête ayant de Peau bénite dans une assiette et une branche de buis à la main. 11 faisait le simulacre de bénir tout ce qu'il rencontrait sur son chemin : les passants, les arbres, les animaux.
Ils arrivèrent ainsi à l'église laissant sur leur passage tout le monde étonné d'une pareille mascarade.
Il leur fallait, disaient-ils, pour être guéris^ toucher le pied de la bannière.
On les chassa de l'église et ils allèrent dans le cimetière bénir les tombes.
Les M... avaient laissé grandes ouvertes les portes et les fenêtres de leur maison pendant leur absence.
Une enquête fut faite par la gendarmerie et les jeunes filles, placées comme domestiques dans des fermes éloignées, déclarèrent que
chaque fois qu'elles revenaient dans la maison de leurs parents, elles se sentaient malades et commençaient à déraisonner.
Le maire et le juge de paix se rendirent sur les lieux, et l'on demanda à l'autorité l'internement des trois plus malades dans un asile d'aliénés.
Lorsque l'on conduisit ces malheureux à Rennes, la voiture s'arrêta en route pour faire souffler les chevaux. Le conducteur offrit aux voyageurs de manger quelque chose. La mère demanda un morceau de pain sec et de l'eau qu'on lui apporta.
Pour les empêcher de s'évader, on pria un homme de garder la portière de la voiture.
Quand la femme M... aperçut cet individu elle poussa des cris terribles en disant :
« Voilà le diable ! C'est le diable ! )) Et elle l'aspergea avec l'eau qu'elle avait dans l'écuelle.
La mère et la fille sont revenues guéries dans leur village ; mais le fils est toujours dans l'asile des aliénés de Rennes d'où il ne sortira probablement jamais.
Une bonne femme d'un village de la commune de Pléchâtel fut plusieurs années sans pouvoir dormir dans sa demeure parce qu^un sortlui avait été jeté.
Le long des nuits, elle avait des visions terrifiantes. Elle voyait des animaux par bandes, sortes de monstres qui lui grimpaient sur le corps et l'étoufFaient.
Au début, les voisins accoururent à ses cris, mais ne virent rien. Ils entendirent seulement des bruits étranges. Ils s'habituèrent à entendre leur voisine se plaindre et gémir et n'allèrent plus la voir.
La malheureuse n'avait de repos que dans un lieu qui avait été bénit, une église par exemple ; aussi y passait-elle le plus de temps qu'elle pouvait.
Le curé de la paroisse fut appelé pour bénir la demeure de cette femme. Il entendit, lui aussi, des voix qui lui causèrent une telle peur que la sueur lui coulait sur le front. Ne pouvant surmonter son effroi, il s'écria : (( Que la bonne femme fasse ce qu'elle voudra, quant à moi, je quitte cette maison dans laquelle je ne rentrerai jamais. ))
Un sorcier, qui fut consulté dit à la pauvre vieille : — C'est une femme qui vous a jeté un sort. Si vous le voulez, nous pourrons la punir et lui faire beaucoup de mal.
— Non, répondit-elle, je ne le veux pas.
Il y a assez de moi à souflfrir sans faire souffrir les autres.
A partir de ce moment, elle n^entendit et ne vit plus rien. Elle vécut tranquille le reste de ses jours.
Il arrive quelquefois que des gens très propres soient tout à coup couverts de vermine.
Pas de doute possible, c'est un sort.
Pour se débarrasser de ces bêtes gênantes il faut aller, avant le lever du soleil, au bord d*une rivière et battre sa chemise pendant «ne heure avec une branche d'épine noire.
Les vaches d^un fermier du village dés Riais, '4ahs la commune de Bain, ont avorté pendant
plus d'un an. Tous les remèdes usités en pareil cas n'ont abouti à aucun résultat.
-r- Ben sûr, dit le bonhomme, qu'un sort a été jeté sur mes bêtes.
— Faut aller à Châteaubrîant^ lui réponditon, consulter le devin.
Celui ci fit venir le fermier trois mercredis de suite, lui recommandant de partir de chez lui pendant la nuit, afin d'arriver à Châteaubriant avant le lever du soleil.
Enfin au troisième voyage il lui dit :
« Lorsqu'une de tes vaches vêlera, si c'est encore un veau mort, tu creuseras devant la porte de l'étable une fosse dans laquelle tu enfouiras le cadavre du veau, les pieds en l'air. »
Le fermier s'est conformé à ces prescriptions, et depuis ce jour le bonhomme assure que ses vaches ne mettent plus au monde que des veaux vivants et bien constitués.
A Chavagne, d'après les conseils d'un sorcier, si une vache avorte parce qu'un sort lui
a été jeté, il faut pendre, dans la cheminée de la ferme, le cœur même du veau mort-né, et enfoncer dedans, de temps à autre, les piquants d'un prunellier qui est, comme on sait, Tépine noire.
Une femme L***, de Bruz, fut il y a quelques années, atteinte d'une singulière maladie: Elle se mit à aboyer et à hurler comme un chien^ tantôt la nuit, tantôt le jour. On l'entendait de très loin.
Elle avait, quand cette espèce de toux la prenait, des crises nerveuses effrayantes. Plusieurs personnes étaient obligées de la tenir pour l'empêcher de tomber par terre et de se blesser. Malgré tous leurs efforts^ elle s'arrachait les cheveux en criant: « V'ià du foin, qu'est-ce qu'en veut } ))
C'était elle qui d'habitude faisait le pain de la maison ; mais à partir du jour où un sort lui fut jeté, — car c'en était un à n'en pas douter, — elle ne fabriquait plus que du pain
qu'on ne pouvait mangcF. C'était la pâte qui levait mal ou le feu du four qui ne la cuisait pas assez ou qui la carbonisait.
Elle fut forcée de renoncer à ce travail jusqu'au moment où un sorcier de la commune de Tresbœuf, qui était aveugle et qu'oa alla chercher, put déjouer le sort.
Il lui fit mettre les bras en croix pendant une heure, prononça tout le temps des paroles magiques, et lui attacha sur la poitrine un pochon en toile, autrement dit un petit sac, qui renfermait des ingrédients qui avaient ben mauvaise sente^ mais qui devaient guérir la malade. Et c'est, en efifet, ce qui arriva.
Dans la même commune, une autre femme devint comme folle et courait nuit et jour, les pieds nus dans les chemins et les champs, presque sans s'arrêter.
Elle avait également des crises nerveuses, perdait connaissance et marmottait des prières qui n'avaient aucun sens. On entendait seulement : (( A l'heure de notre mort, ainsi 8oit-il, D répétés plusieurs fois.
L'aveugle de Tresbœuf conjura le sort et lui rendit la raison et la santé.
an
Les vieilles gens de la petite ville de Bain racontent qu'autrefois, à Tauberge de la Croix-Verte, il arriva un moment où il fut impossible d'obtenir du beurre en barattant le lait.
Un sorcier consulté déclara que c'était un sort qui avait été jeté et qu'on ne parviendrait à le déjouer qu'en allant une fois baratter le lait dans une paroisse voisine.
Le domestique de l'auberge, dont on se rappelle encore le nom, Paul Delalande, surnommé Paul Bagage, s'en alla, avec l'un des fils de la maison, dans un champ situé dans la commune de Pléchâtel.
Là, on baratta le lait, et le beurre se fit aussitôt comme par enchantement.
La prédiction du sorcier se réalisa et le sort fut ainsi déjoué.
Dans beaucoup de communes de Tarrondissement de Vitré, lorsqu'un fermier ne peut plus faire de beurre, il en cherche la raison, et la plupart du temps il découvre sur le fumier de sa cour, une espèce de champignon sans pied, large comme une assiette, qu'on nomme dans le pays un fromage blanc. C'est un sort, dit-il, qui m'a été jeté.
Pour le déjouer il faut fricasser trois pierres rondes (sortes de galets) pendant trois nuits de suite, et les lancer avec force dans la marc la plus voisine du fumier.
La première nuit, ces pierres vont frapper le jeteur de sorts et le font réfléchir. La seconde nuit, elles le font souffrir davantage, et enfin, la troisième il cède dans la crainte de voir ses soufiFrances augmenter. Le sort est ainsi déjoué.
Dans le patois de Châteaugiron, on appelle un jeteur de sort un encrauleur.
Une année que la récolte avait été mauvaise et que le grain était rare, un mendiant d'un
village de la commune de Domloup revenait de demander Taumône, un bissac sur le dos.
En passant devant la demeure d'une de ses voisines qui, à ce moment, jetait du blé noir à ses poules, il dit en tendant son bissac :
— Donnez-moi une écuellée de grain, j'en ai plus besoin que vos poules.
— Non, répondit la femme, vous avez du pain dans votre bissac et mes poules n'ont rien dans le jabot.
— Vous vous en repentirez, grommela le mendiant en s'en allant.
Dès le lendemain, en effet, la fermière trouva une poule crevée au pied du perchoir sur lequel couchaient ses volailles.
Le surlendemain, pareille chose se produisit, et ainsi de suite les jours suivants.
Lorsqu'il ne lui resta plus qu'une poule, rinfortunée fermière se décida à envoyer, nonpas une écuellée, mais bien une mesure de blé; noir à son voisin.
A partir de ce jour, elle put regarnir sa 4}a3se-cour, les poules ne crevèrent plus dans le poulailler.
La victime de cette farce crut qu^elle avait été encraulée,
Il y a quelques années, un nommé Pierre Garnier, domestique de ferme dans la commune de Thourie, avait la spécialité de conjurer les sorts jetés sur les gens ou les bestiaux. Sa réputation s'étendait à plusieurs lieues à la ronde.
Il se rendait à domicile, ouvrait un livre magique, faisait des signes de croix sur toutes les pages et sur le dos des personnes ou des animaux ensorcelés. Il marmottait ensuite des paroles incompréhensibles qui devaient déjouer le sort presque immédiatement.
Garnier fut condamné à plusieurs mois de prison par le tribunal de Vitré pour avoir exercé ce métier, et réclamé une somme d'argent à un cultivateur qui porta plainte côâtre lui.
♦ if- Autrefois au Pertre, dans l^arrondissement
de Vitré,
un homme appelé Pierre Beaugen- ^^^H
dre avait
les sorts.
C'était
un affreux petit nain, d'une laideur ^^^|
repoussa:
nte, couvert de vermine, parcourant ^^^H
la campagne habillé d'une peau ds dique, ^^^^
hiver con ^^^
imc ^^H
Il portait sur l'épaule une grande latte à ^^^^
laquelle
étaient clouées trois autres petites ^^^H
lattes, de
grandeur inégale, la plus petite étant ^^^H
au sommet. ^^^^H
Aces.
divers bois étaient 6xéa des crochets ^^^H
auxquels
pendaient des taupes presque tou- ^^^H
jours en
Quand
on rencontrait Pierre Beaugendre ^^^H
par les c
:h<imins il fallait le fuir, en se bou- ^^M
chant le
même ex
balaient une odeur ûpciu van table. ^^^H
Lesar
limaux ainsi promenés avaient été ^^^H
l'objet dt
: la part du nain de conjurations et de ^^^H
pratique:
s de sorcellerie dont celui-ci gardait ^^^|
le secret. ^^^
Il les portait de village en village, de ferme ^^^|
en ferme
, pour les vendre aux ensorcelés qui ^^^H
asaient i
48 FOLK-LORE DE l'iLLE-ET-V1LAINE
A Tune des branches étaient les taupes qui devaient déjouer les sorts jetés sur la fabrication du beurre, il suffisait d^en enterrer une à rentrée de Fétable et immédiatement le lait qui ne fournissait plus de crème en donnait en abondance.
La seconde latte portait les bêtes qui devaient conjurer les maladies des poules. Il fallait également enfouir la taupe dans le poulailler et, chose étonnante, les poules malades engraissaient au point de devenir stériles. 11 en était de même des coqs qui s*empâtaient de façon à être impuissants. Mais poules et coqs atteignaient les proportions, le poids et la finesse de goût du chapon et se vendaient fort cher.
Enfin à la troisième latte se trouvaient les taupes qui avaient le privilège d*empêcher les vaches d'avorter et de les préserver de toutes , sortes de maux.
A une époque ou presque tout le monde à la campagne avait un sobriquet, le nommé
ELegaud. boulanger au Châtellierdans la com- □e de Pléchâtel, était plus connu soub le o de Père Satou que sous son nom viriitable.
Un mendiant, qui avait la réputation d'être \ sorcier, vint un jour demander l'aumône à la boulangerie du père Satou qui lu! dit :
- Est-ce vrai que lu jettes des sorta el que ta spécialité est de donner des poux aux gens bqui tu en veux?
— Oh ! père Satou, pouvez-vous croire une chose pareille?
— Dame 1 si tu me jouais un tour semblable je te jure que je te rosserais d'importance.
Le sorcier s'en alla en maugréant.
Quinze jours ne s'étaient pas écoulés que le
boulanger avait sa chemise pleine de poux.
Ni ses ouvriers, ni ses domestiques, ni même
SB femme qui couchait avec lui, n'en étaient in-
commodes, tandis que lui en avait sur tout le
^K corps et jusque dans les cheveux.
^^B Une mendiante, qui ar.iit entendu parler de ^^B cela, vint le trouver et lui donna l'assurance ^H. qu'elle avait le pouvoir de déjouer le sort et
^ rOVKrLORE DE L ILLE-ET-VILAINB
même d'obliger celui qui Tavait jeté à se présenter à la porte de la boulangerie.
— Je te récompenserai si tu fais cela.
Elle acheta des clous, les fit bouillir et le mendiant revint à la porte du père Satou qui lui administra une volée de coups de bâton.
A partir de ce jour le boulanger fut débarrassé de sa vermine.
On se rappelle encore à Bain d'une pauvre mendiante, presque folle, que Ton appelait Jeanne de Bonne Rencontre,
Cette femme, elle aussi, avait la réputation de fêter des sorts.
Un cultivateur, supposant que c'était cette malheureuse qui faisait périr ses bestiaux, l'assomma au coin d'un champ.
On la trouva morte entre le Château-Gaillard et la Ferronnais, dans la commune de Pléchâtel.
Tf^ if'