‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine: De la vie à la mortChapitre 7 sur 46 · I. Noël · texte numérisé non relu

I. Noël

Dans rchemin ont rencontré Un gentil petit pommier, A Noa ! Noa ! Noa !

La saint^ Vierg' dit à José :

— De ce fruit je veux manger, A Noa I Noa ! Noa !

— Nenni, nenni, c'est péché De touchera ce pommier,

A Noa ! Noa I Noa !

La saint' Vierg' fut pour en prendre , Le pommier s'est abaissé, A Noa ! Noa ! Noa I

Saint José voulut en prendre, Le pommier s'est relevé, A Noa ! Noa ! Noa !

C'est à c'moment que José Vit bien qu'il avait péché, A Noa ! Noa ! Noa !

Aux pieds de la saint' Vierge, A genoux il s'est jeté, A Noa ! Noa ! Noa l

58 FOLK-LORE DE l'iLLE-ET* VI LAINE

« Ah ! relevez- VOUS, José, Votr* péché est pardonné. »

A Noa ! Noa I Noa l

(Noël des religieuses de rancien monastère de Teillay, dans le canton de Bain.)

— D'où viens-tu, bergère ?

D'où viens-tu ?

— Je viens d'une étable, Voir l'enfant Jésus,

La Vierge sa mère, Saint Joseph en plus.

— Est-il beau, bergère ?

Est-il beau ?

— Plus beau que la lune Et que le soleil ; Jamais sur la terre.

On n'vit son pareil.

— Rien de plus, bergère > Rien de plus ?

— Saint Joseph^ son père, Saint Jean son parrain, Et sa bonne mère

Qui lui donne le sein.

— Rien de plus, bergère ?

Rien de plus }

— Quatre petits anges Descendus du ciel.

Chantant les louanges Du Père éternel.

Allons voir cet enfant Dieu Tout glorieux (bts).

C'est une vierge qui Ta conçu Dans une étable ;

C'est une vierge qui Ta conçu Vers le minuit.

Saint Joseph dit à Tenfant :

« Voilà votre maman {bis),

» Car pour moi, je ne suis pas )) Votre vrai père ;

» Car pour moi je ne suis pas, » Votre papa.

» Votre père est dans les cieux,

» Tout glorieux (bis), » Et je ne suis qu'adorateur

)l De son image ; )) Car je ne suis qu*adorateur, )) Son serviteur. »

Saint Joseph dit à Jésus :

<( A l'âge de douze ans (bis),

» Je vous apprendrai le métier, )) De ma boutique \

» Je vous apprendrai le métier » De charpentier. »

Saint Joseph dit à Jésus :

(( Voilà du bois pour faire une croix(^t5),

» Et cette croix vous conduira

)) Jusqu'au Calvaire, » Et cette croix vous conduira

» Jusqu'au trépas. x>

* if

Dialogue des Bergers

— Michaud, qui cause ce grand bruit Que l'on a fait toute la nuit Tout autour de notr' voisinage } J*ai pensé me mettre en courroux

entendre crier du village Sua, sus, bergers, rcvcillez-vaua (bis).

Ce bruit croissait de plus eri plus.

Il criait comme un déperdu -■

C'est trop dormir! qu'on se réveille!

11 repliait toujours cela :

Bergers, venez voir la merveille

Et vos troupeaux laissez-les là (bis).

Qu'o

- Eh quoi ! Piei

L Die

U s'est réduit dans une grange I

Il n'a ni langes ni berceau ;

Et dans cette misère étrange

Tu le verras : rien n'est si b«au {6m}. ^

— Michaud, parle plus clairement, Tu me mets dans l'étonnement Sans que je puisse j rien comprendre Je t'en conjure, explique-toi.

Mais pour te faire mieux entendre.

Mon cher voisin, entre chez moi {bis).

ta dit

I, qu'c

Pour qui rien n'est trop magnifique ?

— Les anges nous Tont fait savoir Par cette charmante musique Que l'on entendit hier au soir (bis).

Allons, berger, car il est temps,

Allons lui porter un présent

Et lui faire la révérence.

Voyez Jeannot comme il y va ;

Suivons-le tous en diligence

Et nos troupeaux laissons-les là (bis).

Colin qui porte un agnelet.

Son petit-fils un pot au lait Et deux oiseaux dans une cage.

Robin, lui, porte un gâteau ; Pierrot du beurre et du fromage.

Et le gros Jean un petit veau {bis).

Nous lui fîmes tous nos présents ; Nos souhaits et nos compliments.

Tout autour de lui, en cadence, Nous lui souhaitâmes le bonsoir En lui faisant la révérence, Adieu, poupon, jusqu'au revoir (bis).

4( it^

La Passion et la Résurrection de Notre- Seigneur Jésus-Christ

Les jeunes gars des villages des cantons de Bécherel, de Tinténiac, de Hédé, ont conservé une vieille coutume. Ils s^en vont dans la nuit du samedi au dimanche de la Passion, chanter devant la porte des fermes, le cantique que nous donnons ci-après.

On leur remet pour leur peine, deà œufs, du cidre et des pièces de monnaie. Dans les maisons où les fermiers ne sont pas encore couchés, on invite les chanteurs à entrer, et on leur offre à boire et à manger.

Ils sont armés de perches, et lorsqu'ils sont mal accueillis, ils abattent avec leurs gaules, les têtes de choux dans les jardins et les courtils.

Chanterons-nous la Passion Du doux Jésus, c'est Toraison.

Chantons donc tous, à haute voix, Vive Jésus, vive sa croix !

Jésus descend du Paradis Pour venir sur la croix mouri.

64 POLK-LORB DE l'iLLE-£T- VI LAINE

A descendre par pluie et vent, Pour endurer plus de tourments.

Judas, plus traître qu*un lion, Vendit son maître sans raison.

Trent' pièc's d^argent assurément, Judas vendit son Tout- Puissant.

Trente deniers, argent reçu.

Judas vendit son doux Jésus.

Tu l'as vendu, tu l'as trahi.

Sur la croix tu T verras mouri,

Judas^ de rage et de dépit.

Trouva un arbre et s'y pendit.

— Judas^ Judas, ne t'y pends pas, Demand' ton pardon, tu l'auras.

— Ah ! quel pardon lui demander:^ Un Dieu que j'ai tant offensé 1

— Pardonnez, pardonnez, mon fils ; Pardonnez à ce peuple ici.

— Faudra-t-il lui pardonner ?

Il foula mon sang sous ses pieds.

Quand les trompettes sonneront.

Trois anges du ciel descendront,

Diront aux morts : « Relevez-vous, Venez au jugement si doux. )) Ce jugement sera si grand, Que Ton jug'ra petits et grands.

Chacun de nous serar jugé,

Suivant qu^il aura mérite.

Ah ! qu^il fait noir, mauvais marcher !

Le point du jour est égaré.

Si v*n*avez ren à nous donner, Pourquoi nous fair' tant espérer ?

Le Dieu sauveur un jour viendra ; Ce sera lui qui pardonnVa.

Chanterons-nous la Passion }

Du doux Jésus c^est Toraison.

Chantons donc tous à haute voix :

Vive Jésus ! vive sa croix !

Lorsqu'une porte reste fermée, Tun des jeunes gens chante :

Si v*n^avez ren à nous donner,

Donnez-nous la filF derHôté\

Un camarade la ramènera. — Alléluia,

Alléluia, alléluia, alléluia !

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