LE ROI CAPTIF
(Version du pays de Pévèle,)
Le roi est parti le dimanche.
Vive le roi!
Et le lundi a été pris Vive Louis I
— Arrête, arrête, grand roi de France, Arrête, arrête, te voilà pris.
— Je ne suis mie le roi de France, Vous ne savez mie qui je suis.
Je suis un pauvre gentilhomme Qui va de pays en pays.
Qui s'en va demander l'aumône, Un petit morceau do pain bis.
A la bride de son cheval Louis Bourbon était écrit,
A la montur' de son épée, On y voyait trois fleurs de lis.
Voilà qu'on le prend, qu'on l'emmène Dans la grand' tour à Maestrick.
A mis la tête à la fenêtre Pour voir son messager venir.
— messager qui portes lettre, Que dit-on du roi à Paris ?
— On dit que notre roi est mort.
Qu'il est mort ou bien qu'il est pris.
Ah ! s'il est mort nous aurons guerre.
S'il est pris nous aurons encor pis.
— Il n'est pas vrai que je sois mort.
Il est bien vrai que je suis pris.
Or, va porter lettre à la reine, Aussi à Georges mon petit-fils ;
Qu'il ait bien soin de mon royaume, Après ma mort, sera pour lui.
Qu'il soutienne bien ma couronne , Car moi ne la puis soutenir.
Si j'ai l'heur de rentrer en France, Un grand château ferai bâtir.
J'y ferai faire une tourelle Pour celui qui m'a fait cl tenir.
MÊME SUJET {Version de l*Oêtrevent,)
Le roi est parti le dimanche, Et le lundi a été pris.
— Arrête, arrête, grand roi de France, Arrête, arrête, te voilà pris.
— Je ne suis pas le roi de France, Vous ne savez pas qui je suis.
Je suis un pauvre gentilhomme Qui rour de pays eu pays.
On regard^ dessus son habit, Louis Bourbon était écrit.
Voilà qu'on le prend, qu'on remmène Dans une tour proch* de Madrid.
Il met la tête à la fenêtre Et voit son postillon venir.
— O postillon qui portes lettre, Que dit-on du roi, à Paris?
— Hélas I mon pauvre gentilhomme, On ne sait s'il est mort ou en vie.
— O postillon qui portes lettre.
Retourne-toi vite à Paris.
Recommande-moi à la reine Et à Louis mon premier iils :
Qu'il soutienne bien ma couronne Tant qu'il la pourra soutenir.
Qu'on amène ici deux tonn's d'or Sera pour racheter ma vie.
J'ai une chapell* qu'en est couverte, Ah ! qu'on la fasse découvrir.
S'il manque de l'argent en France, Qu'on coupe un bras à saint Denis.
Qu'on y prenne croix et calice Et les deux bras de Jésus-Christ.
90 ÇaA«TS PCmJLAIBES DE LA VALLÉE D*€KIAU
Et si je rentre un jour en France, Un grand château ferai bâtir.
J'y ferai faire une tourelle Pareille^ celle de Madrid.
Sera pour mettr' le roi d'Espagne A son tour quand il sera pris,