‹ Folk-loreChapitre 9 sur 36 · LA MORT DE M. DE MONEIN · texte numérisé non relu

LA MORT DE M. DE MONEIN

Daban Bordeu la horte ville, .

La moussu de Monein y an tué Serquera message dens la ville Qui porte la nouvelle au rei.

Assi qu*ey moussu de Gandale Ancien noble et gran chivaliè.

Ni Teslambrec sus sa cabale La nabe au sire qu'a porté.

— Sire, ne nabe cheus égale, Non la pi gaûsi annoncé.

— Dites, dites, monsde Gandale, Que tout pi sera perdonnè.

— Monein noble et de renoumade Sus lou rampart que Tan blessé En combatten dap boste armade Bet mousquelères lous nous a tué.

— Retournes t'en biste, Gandale, Et que ton bras qu'en baille très.

Et ménage bien ta cabale

Héla sauta sus tous Angles.

Le personnage dont il est question dans cette chanson est Tristan, baron de Monein, qui fut tué à Bordeaux dans une sédition et sur la mort duquel Nicolas de Bordenave donne les détails suivants : « L'an 1548 * fut la sédition des Gabeleurs en Guienne, esmeue

CHANTS POPULAIRES DE LA VALLÉE d'oSSAU 93

« premièrement en Saintonge par le peuple menu, à « cause de quelques imposts nouveaux que le roi « Henry II avoitmis sur les salines. Cette furie popua laire s'espandit incontinent par toute la Guienne, « avec tant d'insolences et cruautez que plusieurs of- « ficiers du Roy et autres notables personnages furent « massacrez et leurs maisons pillées, et ne falloit pour « incontinent fere massacrer utfhomme que crier : au « gabeleur I En la ville de Bordeaux, où la présence « et respect du lieutenant de Roy quiestoit en la ville « et de la cour de Parlement devoit contenir le peuple « en quelque crainte et révérance de Tautorité duroy, « furent exercées les plus grandes insolences et plus « brutales cruautez, car le (la date du jour manque) tt d'aoust, le seigneur de Moneinh, gentilhomme bear- « nois, lieutenant général en Guienne, en absence « d'Henry, roy de Navarre, sorty du Chasteau-Trom- « pette, où il s'estoit retiré, à la persuasion du prési- « dent LaCassaigne, envoyé vers lui par tout le corps « du Parlement, pensant par la présence dudit lieute- « nant faire retirer la populasse, qui au son de la « grande cloche de Saint- Allège avoit pris les armes, ft fut inhumainement massacré par quelques belistres « sur la porte delà maison de la Mairerie avec le sieur « de Montolieu aux Landes et un autre gentilhomme... « Et ceux qui passoient auprès du corps mort du lieu- « tenant de Roy, qui gisait nudsur la rue, ensanglan- « loient le fer de leurs piques dedans ses playes, et « branlans les dites piques jettoient plusieurs cris de « joyeuses acclamations comme en un triomphe de « victoire. » (Histoire de Béarn et de Navarre, par Ni-

-colas de Bordenave, édition de la Société de l'Histoire <ie France, p. 47, 48.)

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