TENNIS
Clartés nues
Blancheurs qui s'enlèvent
Lignes
Voici le jeu, voici la vie, voici la fin.
Terre tapée, tassée, tendue qui repousse le pied qui la frappe avec l'allégresse du tambour.
Muscle ramassé à plein
Terre tangible, évidence volumineuse.
Terre vibrante sous le talon comme la poitrine du boxeur.
Sol épilé, glabre. Elégance stérile. Blancheur du papier écartelé à quatre pointes
sur la table : sérénité offerte à la décision
du dessinateur.
Le trait clôt le lieu.
Dans le trait fermé, dans la mesure marquée, le corps se décoche, se suspend.
Il est cueilli.
Ici, tout l'excès est lâché et retenu. L'homme règne et châtie sa force.
La détente outrée de la balle, l'éclatement blanc
est restreint par les nattes de fer qui mesurent le ciel comme un horizon.
O noble hilarité
L'homme est confiné dans le vain exercice.
Une sagesse joyeuse enclôt la jeune troupe dans ses claires-voies.
Voici le lieu conquis où l'esprit seul commande.
Une figure sous le pied prescrit une danse
La ligne lie l'élan.
Le rythme se compose des bonds profus et brefs.
Modestie du corps athlétique qui se contente de sa perfection.
Tu pourrais borner ton exigence humaine à remplir d'un muscle ta forme.
La courbe sèche d'une vierge orne l'angle
infligé à l'espace.
Un point en son corps rallie les lignes.