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GUERRE, FATALITE DU MODERNE

O guerre intrusion de l'âme

La matière est bousculée par l'âme

L'âme brandit son corps contre le fer.

J'ai vu le royaume des hommes entre la mer du Nord et les montagnes centrales.

La force des peuples coulait par toutes les routes.

Là les hordes des mâles se sont exilées.

Il en est toujours qui se rejettent hors des villes.

Ces années-ci beaucoup encore se sont arrachés à la soumission de la jouissance.

Ils sont venus par les mers tachées d'huile et ils poussent leurs troupes à travers les décombres de ce continent.

Ce sont les hommes de main, les exécuteurs de la vie.

Leur chant triste et forcené se lève.

Dans cette aire où nous nous tenons tout a été abattu.

Nos canons ont nié un horizon de maisons.

D'abord nous avons enfoncé les toits dans les murs, l'illusion des portes a été soufflée et le ciel a dilaté les fenêtres dans une dérision.

La colère des obus a fait éclat chez les épiciers et la honteuse obésité des édredons crève par les brèches.

Ces maisons avaient assez duré. Les bâtisses maçonnées sans amour ont été aplaties.

Des hommes sont restés debout parmi les gravas avec leurs canons ardents à interroger le ciel.

Ces étranges chantiers s'étendent aux portes de la cité d'Europe.

On trébuche dans la ferraille.

La terre dans ses remous roule les cadavres parce qu'ils ne sont pas voués au repos et que la mort n'est pas une fin.

Dans les coins les saisons mordent hâtivement aux trophées.

0 force de l'homme dans l'espace épuré.

Sous le ventre de nos armées qui rampe vite sur dix millions de roues, les villes de plâtre tombent en poudre.

Nous traînons parmi nos rangs d'étonnants équipages.

La terre s'use sous notre foulement métallique.

D'un ongle de fer nous faisons sauter la pellicule d'humus.

Les végétations se corrodent, la craie s'aigrit, les chênes sont des échardes.

Les routes s'effritent sous les infinis monômes râpeux.

Le pneu coriace et verruqueux échine la côte.

Le fleuve de stérilité déborde et les pistes ravageuses effrangent la motte de la campagne.

Bottes et sabots roulent chaudement et la roue choie inépuisablement.

La force exaspérée imprime un monstrueux

vestige.

Le corps du fer pèse et la courbe de la terre plie

« Je vous annonce la venue du royaume humain. »

Sous nos pieds la terre s'émacie comme le corps foulé par la méditation.

Il se confirme que la tenace usurpation de l'homme sur les anciens règnes approche de son triomphe terrible.

Les pierres, les plantes et les bêtes sombrent dans l'humain comme dans le déluge.

La poussière se fait chair et ne veut pas retourner en poussière.

De gros os de fer s'implantent dans le ciment impourrissable.

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