LOUANGE
Les soldats d'outre-mer sombraient dans la
bagarre Où la femme assommait leurs incultes désirs A la côte de France ils abordaient barbares Mais ils mouraient le soir touchés par nos
plaisirs.
O France inaltérable en tes excès sévères
Une étreinte interrogante extrême et sans peur
Aiguisait tes soldats pour les défis austères.
Guerre ils ont su goûter ta moins suave douleur.
Françaises acharnées, vous profondes complices
Des transes de nos cœurs et des blêmes délices
De nos corps déployés par l'amour et la mort
Laissez-les s'arracher en un dernier transport.
Ah, rappelons toujours les adieux à Verdun De cette armée d'amants qui mourut assouvie Non flétrie de regrets mais léguant à la vie Le désir des Français, ô subtil goût humain.
BLOCKNOTES
Et je suis à la guerre méditant la grandeur J'ai bouclé le harnais en travers de mon
cœur Entre moi et Paris les barrages s'écroulent Hors de moi gravement mes jours s'en vont
en foule
Je t'ai donné patrie la dîme de ma vie
Sa lettre
au suppliant parfum Soudain saisi aux reins par des mains
Je sécherai ma chair au soleil
J'ai refermé mes livres et découvert mon âme
mon âme se délivre qui retiendra mon âme
Parfum doucereux des jours heureux
Bah quelle femme sut mourir
en souvenir
de l'idée
dont est décédé
un homme