‹ Fondation de la société de chirurgie dentaire de ParisChapitre 25 sur 35 · MONSIEUR LE MINISTRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE MINISTRE

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La Chirurgie dentaire fait incontestablement partie de l’art de guérir ; nul ne devrait donc Fexétw cer sans diplôme. Cependant, depuis qu’un arrêt rendu en 1827 par la Cour de cassation, en faveur d’une femme, établit le principe dangereux que l’on peut exercer la profession de Dentiste sans brevet de capacité, on voit une foule de gens, dénués de toute instruction médicale, en prendre le le titre, qu’ils font précéder de celui de Médecin

en toutes lettres ou en abrégé M.n. ■ 'lïâàb

Leurs méfaits leur attirent des procès scandaleux; Les condamnations qu’ils subissent altèrent la cori* sidération dont s’efforcent de rester entourés lés Dentistes qui appartiennent au corps médical. C ? est ce qui avait déterminé ceux-ci à porter plainte de-

vaut les tribunaux, afin d’obtenir la répression des graves abus dont la société est dupe et victime. ^ Le Tribunal de Police correctionnelle, en cela toujours d’accord avec ceux des autres villes, et constant dans la jurisprudence par lui adoptée dans des jugements précédents, condamna les quatre individus sans diplôme quittaient mis en cause, et rendit un nouvel hommage à la loi du 19 ventôse aa XL '• y-

Les condamnes en appelèrent en Cour royale.

Pourtant, le jour mente de l’audience, trois d’entre eux se désistèrent, annonçant qu’ils voulaient acquérir par l’étude le diplôme dont ils reconnaissaient la nécessité. Le quatrième , seul , un étranger, persista dans son appel. La Cour royale confirma le jugement de première instance par un arrêt fortement motivé, qui renferme l’esprit véritable de la loi, et la pensée du législateur qui l’a faite.

Cet arrêt si juste, qui excluait l’ignorance et le charlatanisme dont nous nous plaignons, et qui reconnaissait un principe rationnel, fut pourtant déféré à la Cour suprême par cet étranger audacieux.

Mais la Cour, malgré les conséquences déplorables résultant de son premier arrêt, malgré le désir et l’avis exprimés par l’élite des professeurs et par la Faculté, cassa la sentence qui lui était déférée, et augmenta encore l’anarchie introduite dans l’exercice de la Médecine et de la Chirurgie dentaire, anarchie dont gérait le corps médical tout entier.

Les Chirurgiens-Dentistes de Paris, agissant au nom de tous les Dentistes reçus, viennent donc vous supplier, Monsieur le Ministre, de fixer leur position aujourd’hui si incertaine, en introduisant dans la nouvelle loi médicale la reconnaissance de leur profession, comme faisant partie de la médecine et de la chirurgie, afin que nul ne puisse l’exercer sans diplôme.

Cette loi, destinée a détruire les abus existants, sera digne du grand Ministre, protecteur éclairé de toutes les sciences, qui l’a conçue, et qui doit prochainement la présenter à la sanction de la législature.

L’humanité la réclame, le corps médical l’attend, et la France la recevra avec reconnaissance.

Ils sont avec un profond respect.

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