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chez M. le marquis de Sablé, pourvu que cette chambre soit à Paris. J'accepte aussi les honnêtetés, la bonne conversation et la politesse de M. Tabbé Servien, et de votre ami^. En un mot, j'accepte tout ce qui donne bien du plaisir ; vous en êtes toute pétrie. Mais j'en viens toujours à ce diable de mari, qui est pourtant un fort honnête homme. Ne nous laissons point surprendre. Je meurs de peur que nous ne le voyions, sans nous y attendre, comme le larron de TEvangile. Evitons cela, je vous en supplie, et si nous pouvons ; car je ne suis pas un répondant trop sûr de son fait, non plus que Madame, dont je me suis porté pour caution envers un époux qui est quelquefois un peu mutin. Vous paierez de caresses pleines de charmes ; mais moi, de quoi
paierai-je ?
Adieu, Madame, aimez-moi toujours, et me maintenez dans
les bonnes grâces des deux frères 3. Qui a tdté d^eux un moment
sans plus ne peut s'en passer qu'avec une peine à laquelle je
renonce de tout mon cœur.
J'ai vu M"« Thérèse, qui m'a semblé d'une beauté et d'un teint au-dessus de toutes choses. Il n'y a que la fierté qui m'en choque. Ne vous étes-vous pas aperçue que votre fille étoit une fière petite peste ? Je la verrai encore aujourd'hui, s'il plaît à Dieu.
Ne nous laissons pas surprendre, je vous en prie. Je m'informerai : mais qui diantre sait précisément quand on reviendra ? Les jours vous sont des moments en la compagnie des deux frères, et ils me sont des semaines en votre absence. Ne vous étonnez donc pas si je crie si haut, et si je rebats toujours une même note.
1. Les fils Servien étaient très connus par leurs étranges débauche s (Saint-Simon).
2. Servien, déjà cité, fils du marquis de Sablé, surintendant des Finances.
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