‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 34 sur 131 · T. VI, p. 281 : poème de la Captivité de Saint Malc · texte numérisé non relu

T. VI, p. 281 : poème de la Captivité de Saint Malc

ii JEAN 1>E LA FONTAINE

Ce mets (un pdté d'anguilles) Lui chatouillait fort le palais *.

L'opéra me plait, me divertit, je me sens « cbalouillé » par ce son. Il n'est pas jusqu'à la louange qui « ne chatouille », ne gagne et ne captive les esprits, qu'ils soient intelligents ou crédules.

Le substantif « chose », qui est d'ordinaire si vague et si plat, trouve chez La Fontaine un emploi heureux et expressif : Ton se venge de Tamant en portant au mari « la chose ». Il est difficile d'obtenir les grâces de quelque Clymène, et, même, il se peut qu'en venant à la « chose », jamais son cœur n'y voudrait consentir.

Le substantif « dent » est un de ceux que le fabuliste a le plus habilement maniés. A Tégard de la « dent, il fallut contester », dit-il, du paysan rapace, qui se chicane pour un bouton. L'âne, qui se trouve dans un pré bien vert, s'empresse de se gorger : il ne perdit un coup de dent. Le lion ou quelque animal sanguinaire veut-il menacer son prochain, veut-il lui faire rendre l'impossible? Il menace de le déchirer à belles dents. Tous les enfants même sont passés entre « ses dents ». Une foule qui crie, qui hurle, montre les « dents », grince les « dents ». Enfin, il emploie fréquemment « claquer des dents »; emportement « aux dents », dire entre les « dents », mentir par les « dents », rire du bout des « dents ». Incommoder le lion, c'est le mettre sur « ses dents ». Il faut laisser le moins de prises « aux dents d'autrui », c'est-à-dire prêter le moins possible à la critique. Un soldat bien armé l'est jusques aux « dents ». L'érudit, le savant l'est aussi jusques aux dents.

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