‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 51 sur 131 · T. VI, p. 294 : Poème sur la Captivité de Saint Mate · texte numérisé non relu

T. VI, p. 294 : Poème sur la Captivité de Saint Mate

SA PHILOSOPHIE lOtt

meuvent, que les astres accomplissent leur rotation régulière, que le soleil apparaît chaque jour. Si nous ne pouvons connaître Dieu, pouvons-nous au moins savoir la raison dernière des choses qu'il a créées et qui nous environnent ? La Fontaine rejette encore ce problème de métaphysique comme insoluble. Le soleil luit chaque jour, et nous ne pouvons en induire autre chose que sa nécessité de luire et d'éclairer. L'homme ignore tous ces secrets de mécanique et de mouvement, et il les ignorera peut-être toujours.

Que savons-nous de l'univers? La Fontaine nous répond aussitôt par une théorie atomis tique. Le monde est entièrement composé d'atomes, qui sont partout et font tout. Par les uns nous croissons, par les autres les objets touchés nous paraissent durs ou malléables, selon leur nombre et leur cohésion :

Ce sont d'invisibles fantômes ^

Puisque l'on a rapproché la monade de Leibnitz de la théorie cosmogonique de Plotin, nous pouvons bien faire procéder le fabuliste du philosophe d'Alexandrie 2. Son atome est à tout le moins semblable à la « monade » dont nous parlera plus tard Leibnitz. Il constitue la molécule composante de toute la matière. Il devient le « composant » idéal de la mathématique universelle ; il est partout et en tout.

La Fontaine se rend parfaitement compté que, seules, ces causes prochaines peuvent nous être connues, dévoi-

Page 1