T. 11, p. 414 : liv. IX, fable IX, «ien de trop
mieux compte de sa fin et de ses moyens ; il en use avec modération, avec conscience même, pourrait-on dire.
Des sa naissance, Thomme apporte un tempérament et un caractère innés. Son évolution, son bqt sont tracés d'avance. La Fontaine est par moments fataliste; il croit que notre destinée est invariablement fixée, dès Torigine de notre apparition à la vie :
La plainte, ni la peur ne changent le destin, Et le moins prévoyant est toujours le plus sage^
Tout suit invariablement son cours en raison de cette prédestination. Quoi qu*on fasse, il faut passer par la route qui nous a été dévolue, par la loi établie par le ciel :
Parlez au diable, employez la magie,
vous n'y ferez rien, vous serez impuissant, car vous ne Détournerez jamais nul être de sa fin^.
Quelle doit être l'attitude de l'homme en présence d'un tel destin? Se laisser vivre, user largement de la vie. Ne semble-t-il pas s'excuser ainsi à bon compte de ses travers? Puisqu'il n'y a rien à faire, en raison de la loi par le ciel établie, à quoi bon se corriger, s'amender?
Qu'est-ce que la vie, en somme? Un lieu de passage, une vallée de larmes, dit Bossuet, un exil ou un bal, ajoute, selon l'occasion et les circonstances, notre fabuliste :
Tout languit et tout meurt'.
1. T. II, p. 272 : liv. VIII, fable XII, le Cochon, la Chèvre et le Mouton,
2. T. II, p. 397 : liv. IX, fable Vil, la Souins métamorphû$ée en fille.