T. m, p. 307 : liv. Xïl, fable XX, le Philosophe scythe
Notre âme, « quintessence » d^atomes plus subtils encore que Tes esprits animaux qui sont dans notre être, est faite pour animer notre corps, pour nous rendre joyeux, pour nous faire vivre agréablement.
Qu'est-ce que la mort maintenant ? C'est le juste retour de la créature à son Créateur. La mort est naturelle, parce qu'il est conforme au bon sens, à la raison, que la créature retourne un jour ou l'autre vers son auteur <. Mais la mort ne se fait pas d'un coup, elle est notre état continuel : naître, c'est commencer à mourir^. Nous déroulons à chaque instant l'écheveau dont le bout est fixé à la tombe :
Nous mourons tous les jours, mais on n'appelle mort Que celle enfin qui vient terminer notre sort^.
La mort est une « aveugle » ; sa faux est sans pitié. C'est pourquoi l'on nous la représente sous la forme d'un squelette : elle frappe indistinctement les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les puissants et les esclaves. Elle vient à nous comme le « larron » de l'Evangile : nous ne savons ni son jour, ni son heure, ni sa minute, ni sa seconde :
Est-il aucun moment,
Qui vous puisse assuror d'un second seulement*?
Mais Jean devient de plus en plus curieux : il se demande pourquoi le monde existe, pourquoi il est existant
1. T. II, p. 395 : liv. IX, fable VII, la SouiHs métamorphosée en fille.