‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 57 sur 131 · T. VI, p. 207 : les Filles de Minée (conte · texte numérisé non relu

T. VI, p. 207 : les Filles de Minée (conte

SA PHILOSOPHIE lii

méprise les plaisirs de ce monde et répète sans cesse la parole de TEcclésiaste sur la vanité des choses humaines. Le cœur nous fait vivre, nous illusionne heureusement; il est le meilleur complément de la raison.

Du cœur à la femme, il n'y a qu'un faible pas à franchir, et c'est grâce à la femme que Jean se distrait, vit sans -souci; il semble nous inviter à en faire autant. La femme nous fait oublier les tristes « pensers », les heures pénibles, les amertumes de la vie. Ah! la femme! quelle grande place elle tient chez le fabuliste !

Elle fait partie intégrante de sa philosophie, elle est à la base de sa morale gaie et joyeuse ; Jean ne conseille jamais la « macération » de la chair.

Que de pas, que de rêves en l'honneur de ce « bel animal » qui suscite la « volupté ^ » ! Il n'est rien de plus doux, de plus calmant, de plus bienfaisant pour l'homme que la volupté :

douce volupté, sans qui, dès notre enfance, Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux, Aimant universel de tous les animaux 3.

C'est pourquoi le fabuliste la presse, la supplie de se loger chez lui. Ne passionna-t-elle pas jadis le plus bel esprit de la Grèce !

La Fontaine se rend bien compte de ce qui convient à l'homme, c'est-à-dire de ce qui lui est nuisible, ou bienfaisant. Le sage, par raison, pense à la mort, aux fins dernières : il jouit en songeant chaque jour à la destruction de son être. Ce qui semble être une sombre méditation,

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