‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 69 sur 131 · T. VI, p. 331 et suiv. : poème du Quinquina · texte numérisé non relu

T. VI, p. 331 et suiv. : poème du Quinquina

lontaires qui font « frémir » le corps à la moindre secousse. De là proviennent aussi Tincohérence et Tagitation deTâmetlans la fièvre. Le fabuliste s*étonne un peu cependant que cette maladie fasse perdre la raison. Il explique ce fait par les esprits animaux qui agissent sur les nerfs, et sortent sans mesure et sans ordre des vaisseaux sanguins.

Il n'est pas jusqu'au « frisson » qui accompagne la maladie, qui ne s'explique commodément. Il est dû au « manque d'esprits » qui ne peuvent tirer à eux « leurs contraires » et les muscles se trouvent ainsi plus lâches, moins tendus. Si le manque « d'esprits » produisait un aflfaiblissement de la température, nous obtiendrions à peu près la théorie actuelle du « frisson », qui veut que ce phénomène ne soit qu'une réaction de l'organisme à cette déperdition de chaleur.

Faisons maintenant un peu de thérapeutique et voyons quels sont, selon LaFontaine, les bons effets du quinquina.

Ils sont d'abord remarquables. Cette médecine remplace avantageusement les « saignées )),quine faisaient qu'augmenter la température du corps au lieu de l'abaisser. Le quinquina guérit radicalement de la fièvre, parce qu'il est amer. L'amertume est l'ennemie de l'acidité qui se trouve en grande quantité dans le sang. La fièvre doit donc cesser, dès que le quinquina entre en lutte avec l'organisme.

Mais ce que nous avons appelé la « physiologie générale » du fabuliste ne s'arrête pas là. C'est ainsi qu'il se montre curieux de savoir, lorsqu'il parle de la vie et de la mort, de la médecine et de la science, si la raison est innée chez l'horarae ou si elle ne résulte que de l'empirisme et de l'expérience?

Selon lui, les arts sont nés de la nécessité, et tout le porte à croire que les premiers humain? n'avaient appris ce qu'ils savaient que de l'animal, parce que l'instinct de celui-ci a toujours été parfait en soi, et lui a constamment assuré sa conservation. L'animal fut le jiremier précepteur » de Thomme*.

Reconnaissons que le fabuliste, en se servant de ranimai pour instruire Thomme, au début de son cycle, se garde bien de faire appel à aucune déité. Nous sommes ici dans Texplication scientifique; nous nous trouvons en présence d'un raisonnement fort proche de celui d'un Diderot ou d'un Darwin, et, à tout le moins, fort éloigné des conceptions idéalistes et spiritualistes qui régnent au xvn* siècle-.

Comment se fait-il que le nombre des maladies aille en grandissant, au fur et à mesure que progresse la civilisation? Il est indéniable que chaque étape du progrès humain révèle ou suscite un « mal » qu'on ignorait ou qui n'avait pas encore existé.

L'homme primitif était très simple ; il se contentait du grand air et de la saine nourriture ; il vivait sans ambition et sans passion, menant la vie pastorale, qui est la moins compliquée et la plus saine de toutes. Depuis ce temps, déjà fort lointain, les nécessités de la vie sociale se sont sans cesse compliquées; les besoins s' étant considérablement accrus, l'homme a voulu vivre de plus en plus ; il a cherché à jouir davantage ; il en est découlé des excès nouveaux ; de tous ces abus sont nées des mala-

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