‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 76 sur 131 · T. V, p. 376 ; le Diable de Papefiguière, loc. cit · texte numérisé non relu

T. V, p. 376 ; le Diable de Papefiguière, loc. cit

De la peur à la tristesse, il n'y a qu'un pas. La tristesse est aussi une passion bien amëre; elle nous plonge sans cesse dans de sombres « pensers». Le « hibou», triste oiseau, messager de la mélancolie et de la mort, personnifie la tristesse dans tout ce qu'elle a d'angoissant et de poignant. C'est pourquoi les « Orestes », les «Œdipes », évoqués par le poète «magicien », sont de bien mauvais « fantômes^ ».

Cependant il existe des caractères insouciants qui oublient vite le danger ou le malheur. Il y a des cœurs qui reviennent promptement à la joie. La femme ou le fils s'oublie facilement; les lapins que le chasseur a failli surprendre iront « s'ébattre » tout à l'heure, heureux et insouciants, comme si rien ne s'était passé. « Ne reconnaîton pas en cela les humains ^^7 » ajoute La Fontaine.

Sur les ailes du temps la tristesse s'envole 3.

Le temps est le grand maître, qui nous fait oublier de douces amitiés ou de grands malheurs. Le temps eât le vainqueur des caractères faibles et inconstants et, souvent aussi, des caractères forts et volontaires.

Si nous laissons là les passions amères, nous rencontrons aussitôt les sentiments gais, qui nous dilatent, nous font vivre amplement, nous rendent exubérants.

Sans doute la douleur nous éduque, parce que souvent elle nous désillusionne, parce qu'elle nous montre la vie telle qu'elle est. Mais La Fontaine déclare bien haut que le rire et la joie sont les meilleurs bienfaits que puisse souhaiter et posséder l'humanité.

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