‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 75 sur 131 · T. VU, p. 605 : tragédie (ï Achille, acte I, scène m · texte numérisé non relu

T. VU, p. 605 : tragédie (ï Achille, acte I, scène m

3. T. II, p. 433 : Uv. IX, fable XV, le Mari, la Femme et le Voleur

4. T. I, p. 172 : liv. II, fable XIV, le Lièvre et les Grenouilles,

Ce n'est jamais surle tard que l'on peut s'amender un peu à ce sujet ; seule Tenfance peut être détournée de ce scrupule, de cette « phobie » persistante. La peur, qui implique une certaine faiblesse de caractère, engendre la « crainte », la méfiance, la jalousie, tristes passions qui sont difficiles à extirper du cœur humain. Les gens peureux tournent constamment sur leurs « gonds ». lisse méfient sans cesse, tant ils redoutent une surprise. En un mot, ils sont bien malheureux ^

La Fontaine connaît fort bien sans s'en douter les trois moments de l'acte émotionnel. Dans beaucoup de cas, il note la surprise, l'arrêt et la réaction générale :

Il demeura si fort épouvanté,

Qu'il prit la fuite et laissa là Perrette^.

' Mais pour bien montrer, par une image saisissante, que la peur est une passion très violente, qu'elle peut atteindre même les gens les plus robustes et les gens les plus volontaires, il se persuade que le diable lui-même est sensible à la peur. Nous savons que, durant le moyen âge de notre histoire, « l'esprit malin » a joué un très grand rôle. N'avait-il pas alors autant de puissance que Dieu lui-même? C'est pourquoi, pour bien montrer le pouvoir irrésistible de la peur, il la transporte, chez le « diable », qui se voit forcé, pour esquiver un dang*er, d'esquisser un grand signe de croix :

Le diable en eut tant peur horrible Qu'il se signa 3.

1. T. I, p. 172: liv. II, fable XIV, le Lièvre et les Grenouillei.

2. T. V, p. 376-317 : conte V, i" partie, le Diable de Papefiguièi^e.

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