T. VI 11, p. 301 : Remerciement à VA cadémie française
:\. ï. vu, p. 2tM : aalaf/iêe. acte II, scène ii.
L'amour est impulsif : car il agit « sans raison ». Il est fait d'un « je ne sais quoi», plus impérieux que tous les systèmes de raisonnement, que Ton puisse construire. L'amour passionne aveuglément : c'est un « vain bruit», iin tyran quelquefois, mais qu'importe! Vive l'amour, divine ambroisie, qui vivifie les hommes. Dans l'amour, l'on devient esclave et sujet. L'on est cependant très heureux dans cet état de sujétion. L'on accomplirait les pires excès, pour ne pas cesser d'être l'esclave d'un tendre cœur féminin.
Amour, amour, quand tu nous tiens, On peut bien dire : adieu, prudence K
Il advient souvent que Tamour donne à l'homme un surcroît de force et de volonté. L'homme qui aime peut accomplir des prodiges. Prenons à témoins les héros de Corneille. L'homme qui aime ne doute de rien, tout lui devient possible.
L'homme est ainsi bâti : quand un sujet l'enflamme, L'impossibilité disparaît à son âme 2.
Tu ne voudrais pas, mortel assoiffé de vivre, que tant de biens n'enferment rien de mal ; si tu aimes une créature, tu en deviendras nécessairement esclave et jaloux. A tout moment tu trembleras pour cet objet aimé; tu voudras connaître Temploi de chaque instant de sa vie; tout te deviendra une matière à angoisse et à soupçon.
i. T. I, p. 266 : liv. IV, fable I, le Lion amoureux.
2. T. II, p. 339 : liv. VIII, fable XXV, les Deux Chiens et l'Ane mort.
11 n'est pas jusqu'à réloignementde l'objet aimé qui ne se transforme en le plus grand des supplices.
ï/absenre est le plus grand des maux K
Jadis elle était un remède à la haine, car Ton oublie de loin les rancunes ; maintenant elle se transforme en un appareil de torture « contre l'amour *. »
Puisqu'il y a des plantes (comme le quinquina) qui guérissent des fièvres et des maladies corporelles, pourquoi n'y en aurait-il pas qui, par leurs vertus ^, modéreraient nos transports amoureux? Hélas ! Ton n'en connaît que « d'aphrodisiaques ».
Si de l'amour nous descendons beaucoup plus bas-, nous rencontrons la « sympathie » qui unit ensemble, sans savoir exactement pourquoi, les êtres d'un même pays ou d'une même cité. Cette forme de Taffectivité est expliquée conformément aux idées de Descartes :
Elle est l'effet merveilleux d'un secret sentiment '.
La vie passionnelle absorbe à tel point l'imagination, qu'elle finit, à un moment donné, par fatiguer « son hôtelier » et le rendre malade. Que conseillera un être qui est aux prises avec le mal d'amour ou la passion violente et continue? Jean lui recommande fort à propos le mouvement, l'action et les voyages^. Ce n'est que de la sorte que les « gaz subtils», quintessences d'atomes, délogeront de la citadelle qu'ils habitent. La passion lie peut être vaincue que par