‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 83 sur 131 · T. VI, p. 232 : poème d'Adonis · texte numérisé non relu

T. VI, p. 232 : poème d'Adonis

3. T. II, p. 153 : Uv. VII, fable X, la Laitière et le Pot au lait.

4. T. V, p. 92 : conte IV, 3" partie, la Coupe enchantée. u. T. VIII, p 247 et 248 ; le Songe de Vaux.

La suggestion joue un très grand rôle dans riiunianité<, parce qu'elle eut un moyen facile, malgré tous les apports successifs du progrès et de la civilisation, de se créer des chimères et de donner du clinquant aux vaines apparences et aux fanfreluches. Cette ^^eille prédisposition à la chimère constitue la raison la plus importante de la faiblesse de Thumanité.

Les fables sont ainsi tout indiquées pour instruire les hommes. La fable est une espèce d'éducateur, parce que l'homme aime la chimère. Puisque Thomme est un grand enfant, il faut le traiter comme tel.

Les discours serrés et méthodiques des orateurs ou les subtiles et pénétrantes analyses des moraUstes n'ont pas le mérite de le passionner longtemps. Il lui faut de petits récits pétillants « courts et bien troussés », qui renfermeront ridée simple, naïve, universelle et accessible à tous. C'est pourquoi la u fable » attire Tliomme par son caractère irréel en même temps qu'impersonnel.

Jean nous montre, dans la fable des Devineresses^ combien le public, la foule est suggestionnable et naïve. Le lieu, le décor, l'attitude, le geste jouent le rôle principal dans la simulation. La sorcière habite dans un « galetas » pauvre et triste. Les gestes qu'elle fait sont scandés et annoncent un esprit volontaire. Elle manie avec hardiesse et aplomb les termes de l'art ; elle semble ne douter de rien ; elle parle mystérieusement de son « secret » pouvoir ; elle réussit à faire croire au miracle * .

La suggestion du dehors est complétée par la suggestion du dedans, c'est-à-dire par celle que l'on exerce sur soi-même. L'homme se leurre à tout instant de sa vie et se

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