‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 97 sur 131 · MAUCRorx : Lettre à La Fontaine^ t. IX, p · texte numérisé non relu

MAUCRorx : Lettre à La Fontaine^ t. IX, p

sensibilité, sa vaste connaissance de la littérature d'Athènes; Boileau, garçon jovial et tout rond, par ses franches ripostes et ses critiques serrées, par son goût universel du beau et du vrai, ont contribué puissamment à la formation et à réclosion du génie du fabuliste. C'est au sein de cette association littéraire que La Fontaine s'imprègne de la méthode et des idées générales qui conviendront à son « ample comédie aux cent actes divers ».

Dans les jours de gaieté, Molière, .Racine et Boileau aiment à se moquer du <( Bonhomme », voire même de ses œuvres. Quoi qu'on ait pu dire, je ne crois pas qu'au fond, les trois amis prennent réellement au sérieux La Fontaine ou tout au moins ses travaux. L'apologue est si délaissé, le Bonhomme a un aspect si maladroit, si lourdaud, que ses bons amis mêmes se méprennent étrangement sur la valeur de son œuvre et sur ses qualités géniales.

La Fontaine ne s'inquiète pas de ces railleries et poursuit lentement, mais sûrement, la tâche qu'il s'est assignée. Un beau jour, il écrit un fin et délicat poème pour célébrer cette amitié commune. La raillerie ni la rancune n'y ont point de place. La bonne harmonie règne à chaque page de cette agréable aventure, qui a pour nom : Psyché.

Pourquoi Boileau oublie-t-il la fable dans son Art poétique^l Pour plaire au Roi, sans doute, qui n'aimait ni l'apologue, ni La Fontaine. 11 s'en excuse cependant assez maladroitement : « J'ai cité Marot, précurseur du (( badinage », et dans le Cadurcien, semble-t-il nous dire, j'incarnais le Champenois.

Au demeurant, nos bons amis sont toujours à peu près d'accord. Ils fréquentent assidûment les estaminets en

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